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Live report 23-10-2026 par Maxime 29 min de lecture

Jera on Air 2026 - Jour 3 : Nu Metal Time Machine !

Nous voilà enfin arrivés à la troisième et dernière journée de notre périple au Jera on Air. Comme d’habitude le samedi matin, le réveil se fait difficile, les cernes sont plus grands que les yeux et le camping ressemble davantage aux restes d’un champ de bataille qu’à une tanière de festivaliers (toi-même tu sais). Après avoir remballé mes affaires jusqu’à la voiture avec le peu d’énergie qu’il me reste (et surtout avant qu’il ne fasse trop chaud), il est temps d’attaquer cette ultime journée qui me réservait un paquet de belles découvertes, tout en se terminant de la meilleure des manières.

Torn From Oblivion – Sparrow Stage | (12h00 – 12h25)



A l’instar de la veille, je débute ma journée avec une jeune pépite locale qui enflamme la scène néerlandaise depuis peu : Torn From Oblivion. Formation de Deathcore / Metalcore originaire d’Eindhoven, j’ai découvert son existence 2 ans auparavant, lorsque son chanteur était venu taper quelques vocalises pendant la prestation de Changing Tides au Jera on Air justement… Cette fois-ci, le groupe est présent en entier et a rameuté tous ses potes pour, une nouvelle fois, faire exploser la fosse. Placés au sein de l’intime Sparrow Stage, les Néerlandais entament leur set avec énormément de vigueur et d’énergie, ce qui poussera les premiers mosheurs à se montrer après quelques secondes seulement.

Grâce à un chant se rapprochant plus du Hardcore, le frontman exclame ses parties avec beaucoup de hargne et n’hésite pas à chauffer ses camarades à encore plus se donner dans le pit. Durant des morceaux comme « Banshee » ou « Nothing Left to Say », Torn From Oblivion nous dévoile une facette plus mélodique, bien aidée par des passages électroniques du plus bel effet. Les breakdowns, de leur côté, sont légion et nous fauchent sur place sans prévenir, telle une succession d’avalanches lors d’une sortie en montagne. Le concert, de seulement 25 petites minutes, prendra fin sur la violente « Heir of a False Throne » et son final Downtempo dégoutant. En résumé, ce fut une très belle prestation d’ouverture qui a réussi à réveiller et motiver les courageux déjà présents et qui prouve, encore une fois, que la nouvelle génération est là pour prendre la relève.

Sugar Spine – Hawk Stage | (12h45 – 13h25)



Alors que mes comparses partent tous du côté de l’Eagle Stage pour le set de Rain City Drive, je décide, pour ma part, de continuer les découvertes locales avec Sugar Spine. Imaginé initialement comme un projet solo par l’Australien Josh Muncke en 2021, c’est finalement 2 ans tard, après un déménagement aux Pays-Bas et l’ajout de plusieurs membres, que le projet devient officiellement un groupe. Comme quoi, certains préfèrent quitter les kangourous et les Meat Pies, pour le gouda et les moulins. Bref, ne connaissant rien à leur discographie, c’est une nouvelle fois en tant que touriste complet que je me place sous une Hawk Stage déjà bien remplie pour un show de début d’après-midi.

Directement, je suis frappé par l’énergie déployée sur scène, notamment par Josh (chant) qui se déplace d’un côté à l’autre du chapiteau, tout en multipliant les mouvements erratiques au rythme des nombreux passages destructeurs. En parlant de ça, la grande force de Sugar Spine réside dans sa grande variété de breakdowns, passant d’une exécution lente et chirurgicale, à une déflagration mitraillée assassine. Leur Metalcore, résolument moderne, pioche autant des idées chez Polaris que chez Bleed From Within, pour un rendu mélodique d’une grande efficacité. Après nous avoir joué « Prisoner of More » qu’ils ont dédié à toute la scène néerlandaise, le groupe terminera son concert en invitant le chanteur de Torn From Oblivion à venir participer à la fête en déglutissant quelques phrases. Très franchement, je n’en attendais rien et je ressors de ce concert avec la satisfaction d’avoir fait une nouvelle belle découverte.

Our Mirage – Vulture Stage | (13h30 – 14h05)



Au début des années 2010, j’aimais me perdre dans les méandres de Youtube et regarder des reprises de mes chansons préférées faites par des jeunes musiciens dans leur chambre. Entre du Asking Alexandria et du Bring Me The Horizon, je suis tombé sur un certain Timo Bonner qui, avec son timbre de voix si particulier, m’a directement fasciné. Derrière son micro, le chanteur allemand a enchaîné les covers avec deux amis guitaristes pendant plusieurs années, avant de fonder ensemble en 2013, un groupe nommé Forever in Combat (je vous conseille, au passage, l’EP Miles Apart qui est une merveille de la période Scene). Suite à des difficultés liées au fait qu’ils se trouvent tous dans des pays différents (en Allemagne, en Suède et en Corée du Sud), la formation décide de se séparer en 2017. Sachant que depuis le début, c’est Timo qui est à la baguette de pratiquement tout et qu’il garde de grandes ambitions, ce dernier forme, la même année, le projet Our Mirage. Le destin, faisant souvent bien les choses, va lui donner raison, car très rapidement, la formation va signer chez Arising Empire et fouler les scènes partout en Europe. Nous voilà presque 10 ans plus tard et sans pour autant avoir explosé internationalement, le groupe s’est implanté confortablement dans le paysage Metalcore de nos régions.

N’ayant jamais eu l’opportunité de voir ce bon vieux Timo sur scène, je ne vous cache pas qu’en le voyant débarquer devant moi, j’ai directement repensé à l’époque de ses premières covers avec un sentiment de nostalgie. Et justement, contrairement à cette période où je le voyais reprendre l’ensemble de la scène Metalcore, le chanteur nous propose maintenant un registre plus calme, s’apparentant davantage à du Post Hardcore. Un peu moins ma came donc, même si certains passages restent bien soutenus. Devant un public à moitié endormi, les Allemands vont essayer de réveiller l’assemblée en balançant leurs meilleurs breakdowns, sans obtenir le succès escompté. Les chansons sont plutôt sympathiques et sont presque toutes composées de refrains entraînants, mais malheureusement, la sauce ne prend pas. Même de mon côté, j’ai l’impression qu’il manque une énergie salvatrice qui pourrait revigorer tout le monde. Le set prendra fin sur l’émotionnelle « Through the Night » dans un silence un peu triste. Loin d’avoir été catastrophique, le concert aura pâti d’une foule amorphe qui n’aura pas été emballée par ce qu’elle a entendue. À revoir dans d’autres conditions.

Have Mercy – Hawk Stage | (14h15 – 14h45)



Depuis plusieurs années maintenant, les festivals de Hardcore programment de plus en plus de groupes provenant des scènes Emo. Je pense par exemple à l’Outbreak Festival qui est devenu spécialiste en la matière, mais aussi à l’Ieperfest qui ne se refuse pas l’un ou l’autre nom. Pour ce qui est du Jera on Air, le déclic semble s’être opéré cette année (avec notamment Basement, Fiddlehead ou Feels Like Heaven) et d’autant plus, lors de cette troisième journée avec plusieurs formations catégorisées comme telles, à l’image de La Dispute (que j’aborderai plus tard), Free Throw ou encore Have Mercy. En parlant de ces derniers, n’ayant que peu d’accroche pour la musique de Catch Your Breath qui joue en même temps, je décide de retourner, sans grandes convictions, sous la Hawk Stage pour accueillir les natifs de Baltimore.

Dès les premiers accords, je reconnais directement les sonorités si caractéristiques et emplies de mélancolie du Emo, bien accompagnées par ce chant tristounet chargé en émotions. Quelque part entre Brand New et Moose Blood, les compositions vont droit à l’essentiel et s’attaquent à nos petits cœurs en mousse, encore fissuré par les plaies du passé. Très sincèrement, n’étant pas le public cible à la base, je pensais m’ennuyer et finalement, je me retrouve à reprendre facilement les quelques paroles que j’arrive à retenir. Durant le set, Brian Swindle (chant-guitare) prendra la parole pour nous expliquer qu’il y a 6 ans, il a failli mourir à plusieurs reprises et que le dernier album, The Loneliest Place I’ve Ever Been (2025), revient justement sur cette période sombre de sa vie. Le public est bien évidemment réceptif à tous les messages qui sont envoyés et histoire de rester dans cette safe place émotionnelle, Brian nous propose de jouer encore plus de morceaux tristes avec, en tête de liste, la géniale « Two Years ». La thérapie de groupe se terminera par la classique « Let’s Talk About Your Hair », qui sera reprise en chœur et avec une voix fébrile par l’ensemble des fans. Un très bon concert dont je n’attendais rien et qui me donne envie de voir plus de formations d’Emo programmées les prochaines années.

Desolated – Buzzard Stage | (15h00 – 15h35)



Comment vous dire que, des fois, les enchaînements en festival sont extrêmement brutaux ! Dans le style, je pense qu’on ne pouvait pas faire plus radical que de passer d’un moment Emo à fleur de peau, à du gros Beatdown Hardcore bien décérébré. Pourtant, c’est bel et bien ce que je m’apprête à faire, en allant voir le set des Anglais de Desolated. Patron des fight clubs des bas-fonds de Southampton, le groupe arpente les salles et les caves les plus miteuses d’Europe depuis presque 20 ans, afin d’abreuver en bagarre les plus simplets d’entre nous. Violentes et destructrices, les chansons de la formation sont des véritables appels au combat et devraient exciter les quelques singes qui peuplent la Buzzard Stage cet après-midi. Néanmoins, malgré cette description prometteuse, c’est loin d’être mon cas, car leurs sorties récentes ne m’ont pas du tout emballé, surtout celles parues après le départ de Paul Williams (chant) en 2024. Son successeur, Tony Evans (qui officiait normalement à la basse), peine à retranscrire avec autant de virulence, le sentiment de panique que l’on pouvait ressentir à l’approche d’un breakdown. Quoi qu’il en soit, étant la journée des belles découvertes, j’attaque ce concert avec l’espoir qu’ils m’en mettent plein la vue.

Comme d’habitude dans le Beatdown, le pit est extrêmement grand quand les musiciens montent sur scène et ni une ni deux, les toupilles sont lancées dès le premier coup de guitare. Pendant un peu plus de 35 minutes, les fans vont s’empoigner belliqueusement dans la fosse, bien aidés par des riffs lents et dégoutants au possible. Il est vrai que le niveau de violence est loin de ce qu’on peut trouver dans certaines petites salles, mais on ne va clairement pas s’en plaindre. Également, comme je m’y attendais, Tony a une aura bien moins chien de la casse que Paul, mais harangue tout de même le public du mieux qu’il peut. La setlist est plutôt efficace, mais il faudra bien évidemment attendre le morceau final, « Death By My Side », pour voir l’anarchie dans le pit. Sans aucun doute, l’hymne d’une génération de combattants, cette chanson fait son petit effet joué en live et donne vraiment envie d’aller arracher les dents de ses amis. Au final, je retiendrais que c’était fun, moins violent que prévu, mais efficace ! En somme, le minimum qu’on attend d’un concert de Hardcore.

La Dispute – Eagle Stage | (16h00 – 16h50)



Après la petite incartade de violence qu’était Desolated, je retourne en terre Emo pour assister au concert des Américains de La Dispute. Considéré par beaucoup comme l’une des figures majeures du Post Hardcore émotif, le groupe se distingue des autres noms de la scène par ses nombreux passages en spoken word. Également, grâce à des albums devenus cultes (Somewhere at the Bottom of the River Between Vega and Altair (2008) et Wildlife (2011)), la formation s’est rapidement forgé une solide réputation, jusqu’à même remettre le Post Hardcore « originel » au-devant de la scène, en compagnie de Defeater et Touché Amoré. Sa venue à Ysselsteyn est donc un petit évènement, sachant qu’elle n’y a jamais mis les pieds. Cette effervescence se ressent à quelques secondes du début du show, où une armée de fans amassée devant les barrières se tient prête à scander à tue-tête les paroles déchirantes des chansons. N’étant pas un grand connaisseur de leur répertoire, je me place sous l’Eagle Stage sans aucune attente.

Alors que le set commence, je me prends de plein fouet le phrasé si caractéristique de Jordan Dreyer (chant) qui passe aisément d’un chant-parlé déclamé, à des cris presque Screamo d’une grande intensité. Ce dernier est d’ailleurs une pile sur patte et semble complètement transporté par son art, au point de faire des aller-retours d’un côté à l’autre de la scène sans interruption ou d’aller prendre la température aux barrières à plusieurs reprises. Sans pour autant pleinement me transcender, j’arrive à ressentir toutes les émotions qui se dégagent des compositions, notamment grâce à des mélodies poignantes et une construction qui nous emmène vers des climax cathartiques. Après avoir invité Crystal Pak (Initiate) à participer sur « Why It Scares Me », la prestation atteindra son point d’orgue durant le dernier morceau, « Such Small Hands », où les fans ont pu totalement se lâcher et déverser à chaudes larmes le désespoir qu’ils ont en eux. De mon côté, malgré une forte dose d’émotions, j’ai remarqué que je n’étais malheureusement pas réceptif à la musique de La Dispute. Tout le contraire du reste du chapiteau donc et c’est sans doute le plus important.

Imminence – Eagle Stage | (18h00 – 18h50)



Dans la longue liste des groupes qui ont massivement explosé ces dernières années, on retrouve les Suédois d’Imminence. Pendant longtemps, la formation a semblé chercher une recette qui lui correspondrait et qui la rendrait, en quelque sorte, unique. Après plusieurs tentatives plus ou moins réussies, c’est finalement sur son excellent album The Black (2024) que la magie a opéré avec ce mélange de Metalcore ultra moderne et d’éléments symphoniques omniprésents. Vous ajoutez à ça, une grande importance donnée aux ambiances et une double pédale de batterie hyper lourde lors des moments intenses, et vous obtenez la recette du succès. Pour preuve, le groupe a déjà annoncé une tournée européenne début 2027 avec quand même August Burns Red en première partie ! Bref, avant de s’engager dans le futur, revenons sur le concert du jour qui promettait, sur le papier, de nous en mettre plein la vue.

Avec un backdrop rappelant un vitrail de cathédrale (et faisant accessoirement référence à l’album The Black), les musiciens arrivent face à nous, entièrement vêtus de noir. Histoire de débuter de manière épique, Imminence ouvre son set par la somptueuse « Temptation » et ses parties au violon qui me cueillent dès les premières notes. Pendant 50 minutes, le groupe va déployer l’artillerie lourde avec des morceaux comme « Death By a Thousand Cuts », « Heaven Shall Burn » ou la prenante « The Black ». A chaque fois, je plane lorsque les éléments symphoniques sont de sortie, avant de me faire happer par l’un ou l’autre breakdown destructeur. Même si je passe un bon moment, j’avoue être moins emballé quand les Suédois jouent leurs nouvelles chansons (« The Sword That Never Bend » par exemple) que je trouve largement moins impactantes (leur nouvel album, Axis Mundi, m’a d’ailleurs un peu déçu). Sur scène, les émotions sont présentes et Eddie Berg (chant-violon) se meut tel le véritable chef d’orchestre de la prestation, quand Harald Barrett (guitare) vole la vedette avec sa chevelure seyante et ses mimiques impassibles. En somme, un bon concert qui montre que le groupe a toutes les cartes en main pour asseoir sa domination sur le Metalcore européen.

Kanonenfieber – Vulture Stage | (19h00 – 19h45)



J’en parlais dans le report du premier jour, mais le Jera a le don pour programmer des formations qui s’éloignent de sa ligne éditoriale. Je mentionnais, dans cet article, les cas de Decapitated et de Trivium. Néanmoins, l’exemple le plus surprenant cette année est, sans aucun doute, la venue de Kanonenfieber. Groupe ultra prometteur des scènes Black et Death Metal, il n’a pas souvent l’occasion de se produire lors d’évènements spécialisés dans le Punk et le Hardcore. Logique, vous allez me dire ! Pourtant, les Allemands ont déjà été programmés dans des endroits similaires par le passé (j’ai en tête l’Impericon Festival en 2025). Dès lors, si on essaye de trouver les raisons d’un tel choix, on peut se dire qu’il est vrai que leur musique est résolument moderne, emprunte des légères influences au Deathcore et parle à énormément de fans peu familiers au Metal extrême. Mais bon, malgré tous ces arguments, je trouve que ça reste quand même étonnant de les voir à Ysselsteyn (même si je suis bien content qu’ils soient là). Les ayant vus lors de leur dernier passage chez nous en mars, j’avais hâte de me reprendre en pleine poire leurs assauts d’obus, bien que j’avais quelques réserves concernant les conditions scéniques du jour (et j’avais bien raison).

Sous un thermomètre qui avoisine les 37 degrés, nos soldats préférés déferlent sur scène sur l’imparable « Menschenmühle ». Directement, je remarque que les costumes sont légers et le décor est bien moins impressionnant que la dernière fois (on a au moins les tranchées, c’est déjà ça). En même temps, avec seulement 45 minutes au compteur, ils n’ont pas vraiment le temps d’aller se changer ou de modifier les différents éléments qui trônent habituellement sur scène. Content d’entendre les bangers que sont « Der Maulwurf » et « Panzerhenker », car le reste de la setlist va se concentrer autour de la dernière compilation Soldatenschicksale (2026) que j’apprécie, mais que je trouve bien moins efficace que l’album précédent. De leur côté, les musiciens sont en grande forme et arrivent à produire une bonne énergie, malgré leur masque noir qui doit pas mal les fatiguer sous cette chaleur. Le concert est sympathique, mais l’immersion (qui est l’énorme force de Kanonenfieber) peine à être totale, sachant qu’il fait encore jour et que tous les éléments scéniques ne sont pas au rendez-vous. Du coup, une fois leur temps de jeu arrivé au bout, je sors de ce show avec un sentiment mitigé. Autant, j’ai bien aimé la prestation en elle-même, autant les conditions scéniques n’étaient pas réunies pour être pleinement immergé sur un champ de bataille.

All Time Low – Eagle Stage | (20h00 – 20h50)



Après avoir assisté, durant la journée, à pas mal de concerts violents (aussi bien musicalement qu’émotionnellement), il était plus que temps de se poser et d’un peu respirer. Et quoi de mieux pour y arriver, que du Pop Punk gentillet. Ça tombe bien car le Jera on Air a justement programmé ce genre de groupe avec, par exemple, All Time Low. Figure emblématique du mouvement Scene dans les années 2000, la formation produit une musique allant aussi bien des hymnes Pop Punk à des bonbons Emo, jusqu’à des ballades Rock Alternatif qui font pleurer dans les chaumières. Une soupe mainstream donc, qui a l’habitude de se perdre sur les affiches du Vans Warped Tour ou des indigestes When We Were Young Festival. Je sais très bien qu’en les décrivant ainsi, je passe pour un vieil aigri ou pour quelqu’un de condescendant. Pourtant, même si je ne suis pas le public cible, il m’arrive d’apprécier l’un ou l’autre titre et puis, qui suis-je pour juger les goûts des autres ? Bref, sachant pertinemment que les sonorités vont être plus calmes qu’à l’accoutumée, j’avais peur de m’ennuyer et finalement, vous allez voir que je vais passer un assez bon moment.

Avec sa casquette et ses lunettes de soleil pour aller à la plage, Alex Gaskarth (chant-guitare) donne d’abord l’impression de venir en mode vacances, mais nous prouve rapidement le contraire avec une voix très juste et une présence scénique maîtrisée. Sans surprise, la setlist va naviguer dans une grande partie de la discographie avec une petite préférence pour le dernier album, Everyone’s Talking (2025). Très content d’entendre l’entraînante « The Weather » et son refrain imparable, tout comme la très Pop « Monsters » qui poussera le public à faire des grands mouvements avec ses bras. Les compositions sont plus énergiques que ce à quoi je m’imaginais et j’avoue me laisser prendre au jeu des différentes demandes faites par le groupe. Bien évidemment, tout le monde attend avec impatience le dernier morceau, « Dear Maria, Count Me In », qui est un classique indémodable des Emo Night, peu importe où vous allez. Durant ce morceau, la foule s’est transformée en karaoké géant et a permis à tout le monde de revenir quelques instants dans sa période Emo. Un chouette concert, loin de mes goûts habituels, mais qui aura clairement assuré son rôle de pause calme avant la tempête.

We Came As Romans – Buzzard Stage | (21h00 – 21h45)



Vous n’êtes pas sans savoir, dorénavant, que plusieurs autres gros festivals ont lieu le même week-end que le Jera on Air. Dans cette longue liste, on retrouve, par exemple, le Tuska Open Air, le Rock in Bourlon, le Tons of Rock, le Copenhell, mais aussi d’autres évènements à l’affiche similaire au Jera comme l’Outbreak, l’Impericon Festival ou encore le Vainstream. A travers ce panel non exhaustif, vous voyez que les groupes ont énormément de destinations différentes et doivent très souvent faire des choix. La plupart du temps, chaque jour est dédié à un festival, mais il arrive que les musiciens soient gourmands et décident de se produire à plusieurs reprises lors de la même journée. C’est exactement ce qu’a choisi de faire We Came As Romans pour le dernier jour de sa tournée. Programmée en début d’après-midi au Vainstream en Allemagne, la formation a donc du parcourir 180 km pour rejoindre Ysselsteyn dans les temps. Avec cette information en tête, je comprends mieux pourquoi le groupe est placé sur la petite Buzzard Stage en cette fin de soirée, alors qu’il aurait normalement eu sa place sur l’Eagle Stage.

Bref, sans trop de surprises, le chapiteau est rempli massacre et déborde de tous les côtés pour accueillir les Américains et leur Metalcore moderne ultra efficace. Dès l’ouverture sur « Bad Luck », la foule entre en délire et lance un chaos total dans la fosse. Sachant qu’il n’y a pas de barrières, les fans en profitent pour s’envoler en faisant du stage dive, sous les regards amusés des musiciens qui n’ont pas l’habitude d’assister à ce genre de scène durant leurs prestations. La setlist se concentre grandement sur le dernier album avec notamment la violente « Red Smoke », l’émotionnelle « No Rest For the Dreamer » ou encore l’entraînante « Culture Wound ». De leur côté, les plus vieux morceaux ont été logiquement (et malheureusement) mis au placard, laissant uniquement la place à des titres datant d’après le décès de Kyle Pavone (à l’exception de « Cold Like War » qui fait toujours autant plaisir). Dave Stephens (chant) nous explique qu’il est content d’être là et que lui et ses potes ont pour objectif de retourner le festival (mission réussie du coup). Après 45 minutes qui sont passées à la vitesse de la lumière, We Came As Romans achèvera son magnifique concert sur l’accessible « Black Hole » et la speedante « Daggers ». Grâce à une configuration Hardcore inattendue et un public révolté, j’ai sans doute vécu l’un des meilleurs sets de la journée et je ne peux que tirer mon chapeau face à cette totale réussite. Juste bravo !

Hatebreed – Vulture Stage | (23h00 – 23h50)



Alors qu’une partie du public s’empresse d’aller voir le concert foutraque des Viagra Boys (j’ai l’impression d’être le seul à ne pas comprendre leur hype), je profite, pour ma part, de ce petit moment de flottement pour aller me reposer et reprendre des forces, avant de me motiver pour la brochette finale de cette édition 2026. On commence donc cette dernière ligne droite par Hatebreed qui est clairement une valeur sûre à toujours sortir de votre chapeau magique, quand vous voulez terminer de la meilleure des manières votre festival. Même après 30 ans d’existence, la bande à Jamey Jasta continue d’arpenter les routes avec toujours cette envie monstre de mettre le feu lors de chacune de ses représentations. Comme vous pouvez vous en douter, le concert du jour va respecter cette logique avec une destruction en bonne et due forme.

Sous des lumières rouges vives, le groupe investit la scène et lance, sans aucun échauffement, la classique « I Will Be Heard ». Si mon esprit n’est pas encore bien connecté à ce moment-là, mon corps lui, est directement possédé par ses riffs de sagouin qui me transcendent sans aucune opposition. Durant l’entièreté de son set, Hatebreed va faire ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire balancer des parpaings les uns à la suite des autres, sans une once de subtilité. La musique n’est, certes, pas très intelligente, mais elle a au moins le mérite de réveiller les instincts primaires d’un grand nombre de macaques dans le pit, qui y vont gaiment pour s’exterminer la face. Sachant qu’un nouvel album est prévu pour le mois de novembre, nous allons avoir droit à plusieurs extraits (« Kill Count Increase » et « Make the Demons Obey ») qui, je vous rassure, sonnent autant régressifs que le reste de la setlist. Après avoir littéralement tout détruit sur « Destroy Everything », Hatebreed enchaîne les tubes avec « This is Now » et « In Ashes They Shall Reap », afin de nous garder dans un état d’urgence. Le concert (ou plutôt la boucherie) prendra fin sur « Looking Down the Barrel of Today » et laissera un régiment de fans à l’agonie au centre du pit. Dommage de ne pas nous avoir joué « Perseverance », mais bon, c’est peut-être mieux ainsi, si je comptais sortir du chapiteau en un seul morceau. Quoi qu’il en soit, le groupe a encore sorti le mode rouleau-compresseur et confirme son statut de légende de la scène.

Papa Roach – Eagle Stage | (00h00 – 01h15)



Ça n’a échappé à personne, mais le Nu Metal redevient à la mode ! Porté par une nouvelle génération qui redécouvre les classiques des années 90 et 2000, le genre semble vivre une deuxième vie et ce sont, bien évidemment, les groupes originels qui en profitent le plus. Entre les statuts d’headliner obtenus par Deftones, Korn et Limp Bizkit, et le retour de Linkin Park, on peut dire que le genre se porte bien et semble être plus populaire que jamais. Dans cette liste non exhaustive, on retrouve également Papa Roach qui continue son petit bonhomme de chemin et qui lui aussi, a logiquement vu sa cote de popularité redevenir énorme. Quand on pense qu’il y a 3 ans, le groupe n’était même pas tête d’affiche au Jera on Air, on s’imaginerait mal que ça ne soit pas le cas aujourd’hui. Et justement, pour terminer en beauté cette édition 2026 du festival, les Américains reviennent à Ysselsteyn pour nous prouver qu’ils méritent cette place.

Pour ouvrir les hostilités, la formation a misé sur de la fraîcheur avec l’un de ses titres les plus récents, « Even If It Kills Me ». Hyper accrocheur, ce morceau donne déjà le ton d’une prestation grandiose qui va enchaîner les tubes sans relâche. Bien aidé par des effets pyrotechniques omniprésents, le concert est clairement ce qu’on appellerait un « show à l’américaine » avec des happenings dans tous les sens, afin de nous en mettre plein la vue. Après nous avoir transporté dans le passé avec « Blood Brothers » et « Dead Cell », Papa Roach nous donnera un peu d’amour avec « …To Be Loved ». Durant celle-ci, nous avons droit, au plein milieu, à la désormais classique reprise de « Blitzkrieg Bop » des Ramones. Jusqu’à présent, je suis sur un petit nuage et cette sensation va se prolonger sur « Kill The Noise » que j’adore et « Getting Away With Murder » qui fait toujours le taf. Jacoby Shaddix est en grande forme et comme à son habitude, arrive à chauffer le public avec son charisme naturel. Ce dernier est d’ailleurs venu en famille et nous présente, à tour de rôle, ses deux fils. Après avoir entendu quelques vocalises (dont des cris) du jeune Jagger sur « See U in Hell », c’est Brixton (le plus vieux des deux) qui viendra taper son meilleur rap sur « Braindead ». En tout cas, loin d’avoir été ridicules, les deux bougres ont prouvé que chez les Shaddix, on est chanteur de père en fils.

Une fois ces interactions passées, on plonge dans la séquence émotion avec notamment « Scars » et « Help », puis avec la calme « Born For Greatness ». Je ne sais pas si Papa Roach a eu une dérogation, mais son concert va durer plus longtemps que l’heure accordée et s’étaler sur 15 minutes supplémentaires. Du coup, nous avons droit à un rappel avec, pour commencer, « Between Angels and Insects ». Ensuite, les Américains vont avoir la bonne idée de lancer ce qu’ils appellent la « Nu Metal Time Machine » et ainsi, nous interpréter un medley des classiques du genre (« Blind », « My Own Summer (Shove It) », « Break Stuff », « Chop Suey »), toujours en répétant à chaque fois la phrase magique. Bien évidemment, l’enchaînement était tout trouvé pour nous balancer en guise de dernière évocation, la mythique « Last Resort ». Je ne pense pas surjouer en disant que ce fut un excellent concert et qu’il termine de la plus belle des manières cette 32ème édition du Jera on Air.

Bien que sur le papier, cette troisième journée semblait plus faible que les précédentes, elle m’a réservé une flopée de bonnes découvertes et fait vivre plusieurs très bons concerts que je vais garder dans ma mémoire pendant un petit temps. Chapeau bas à Papa Roach d’avoir tenu son rôle de tête d’affiche et kudos aussi à We Came As Romans pour l’ambiance chaotique incroyable et inattendue. Ayant déjà remballé toutes mes affaires, je fonce directement au parking dès la fin des concerts, afin de ne pas revivre l’enfer de l’année dernière. Et franchement, j’ai très bien fait, car après avoir réussi à sortir en un temps record, un énorme orage va s’abattre sur la région et confiner les festivaliers dans leur véhicule. Par chance, ces intempéries se sont abattues en fin de festival et n’ont donc gêné aucune prestation.

Conclusion :

Comme les années précédentes, cette édition du Jera on Air aura été intense avec pas moins de 35 groupes couverts en seulement 3 jours. C’est effectivement un peu moins que l’année dernière, mais sachant qu’il y avait moins de formations à l’affiche, on reste quand même sur un chiffre gargantuesque. Vous commencez à avoir l’habitude, mais pour terminer, je vous propose de revenir sur les points positifs et négatifs de cette édition 2026.

Positif :

+ Une affiche toujours aussi variée et minutieuse
+ Le fait d’avoir un battement entre les groupes, permettant ainsi d’aller d’une scène à l’autre sans rater une partie des concerts
+ Les énormes ventilateurs installés dans les chapiteaux qui ont permis à tout le monde de ne pas bouillir sur place
+ Grosse pensée aux bénévoles qui ont arpenté les scènes avec des seaux d’eau pour rafraîchir ceux qui le souhaitaient
+ Les nombreux points d’eau qui étaient accessibles rapidement
+ L’ambiance « conviviale » qui perdure, malgré que le festival grossit légèrement d’année en année
+ Une disposition fluide du site qui permet de facilement se déplacer d’un endroit à l’autre
+ Une sonorisation bien meilleure que l’année dernière, même si tout n’est pas encore parfait

Négatif :

- Les températures caniculaires du week-end. Même si le festival n’y est pour rien, c’est quand même difficile de profiter pleinement quand il fait si chaud (et c’est pas prêt de s’améliorer malheureusement)
- Un camping qui commence à atteindre ses limites de capacité

Maintenant que le chapitre 2026 est derrière nous, il est temps de se tourner vers 2027 qui s’annonce, avec les premiers noms déjà sortis, comme un excellent cru. En tout cas, on se dit à l’année prochaine pour de nouvelles aventures à Ysselsteyn.

Remerciements au Jera on Air pour l’accréditation et à Jürgen pour les photos.


Vous pouvez retrouver l'ensemble des clichés pris par Jürgen juste ici : PHOTOS DU SAMEDI

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Attention si vous comptiez vous rendre au Belvédère de Namur ce soir pour voir MR. BISON , en raison de l’avis de tempête en cours, l’accès à la Citadelle est…

's-Hertogenbosch (Mainstage Den Bosch), le 18-10-2026
Photos 20-10-2026

Dimmu Borgir

's-Hertogenbosch (Mainstage Den Bosch), le 18-10-2026 — 44 photos

par Jürgen Bruynooghe

Rencontre avec la nouvelle équipe du DNA
Article 02-02-2015

Rencontre avec la nouvelle équipe du DNA

Lorsque la page Facebook du "nouveau" DNA a été mise en ligne il y a quelques jours, nombreux ont été ceux qui ont crié au scandale, principalement à cause des…

par Elodie