Avec un mastering confié à James Plotkin, REQUIEM offre une nouvelle fois ce que le projet a toujours proposé avant cela. Une musique à l'ombre d'ingrédients Post-Industriels, de Doom, de Dark Ambient, de Metal, de Post-Rock et de Noise.
Le travail de David Graham pour mettre en musique des images a poussé ce dernier encore plus loin dans la construction de ses ambiances. Avec un album personnel, il se libère à nouveau et peut puiser sans limite dans ses propres inspirations. Provenance tire en longueur avec seulement six plages pour pratiquement une heure et vingt minutes de musique stridente et résonnante, mais on ne s'en plaint pas.
Aussi noire que l'artwork de l'album, l'expérience sonore ressentie avec Provenance fait frémir. REQUIEM nous plonge dans son monde angoissant et surtout sans lumière. Il nous emmène dans ses ténèbres et là où d'autres sont devenus des références du genre, sans explication rationnelle, REQUIEM est resté à quai, manquant Caron, le nocher des Enfers. Pourtant l'écoute de ce disque où il invite Russell McEwan de BLACK SUN, Joan Hacker (FACTORIA et HEROINE) et Melissa C. Kelly à poser des voix sur Abeyance et Addendum Two, nous montre que REQUIEM possède bien des atouts pour se loger au sommet de cet art expérimental.
Ces compositions où les voix des invités sondent nos âmes rendent la musique de REQUIEM encore plus effroyable. L'expérience tétanise et Addendum Two repousse même les limites de la peur vers l'incommensurable..
Difficile de sortir indemne d'un album qui s'attaque aussi viscéralement à notre esprit. REQUIEM parvient à matérialiser les frayeurs obscures d'un monde baigné par un nihilisme particulièrement présent. La transcendance de Provenance devrait briser cette absence de reconnaissance qui affecte David Graham. REQUIEM livre assurément une pièce maîtresse de son oeuvre avec laquelle on espère qu'il pourra enfin traverser le fleuve Achéron.
Requiem