Avec All Fired Up, cette filiation mélodique saute une nouvelle fois aux oreilles. Et alors que le compteur approche dangereusement des quarante ans de carrière, BURNING HEADS refuse catégoriquement de lever le pied. La flamme brûle toujours avec la même intensité. Le départ de son chanteur historique en 2018, remplacé par Frank Patin, n'aura finalement fait qu'alimenter le brasier.
Pour ce nouvel album, le groupe a choisi de ne pas se reposer sur ses acquis. Certes, les accélérations fulgurantes et les décharges d'adrénaline sont toujours au rendez-vous, mais les compositions gagnent également en relief avec des structures ou des ambiances plus ambitieuses et travaillées. Fidèle à ses convictions, BURNING HEADS élabore des textes engagés qui abordent la précarité, les inégalités sociales ou encore des thèmes plus intimes comme le deuil.
L'album s'ouvre sur un clin d'œil à son autre grande passion, le Reggae, avec une suite Punk de SOS. Puis très vite, l'incendie devient incontrôlable. Les morceaux s'enchaînent à un rythme effréné et BURNING HEADS empile les hymnes avec une insolente facilité. Après Torches Of Freedom en 2022 et Embers Of Protest en 2024, le groupe semble plus incandescent que jamais. Les refrains font mouche instantanément, et malgré la noirceur de certains constats dressés sur notre époque, cette musique possède cette faculté rare de provoquer un large sourire tout en donnant envie de lever le poing.
Les plus pointilleux pointeront sans doute les évidentes parentés avec BAD RELIGION notamment sur les titres les plus nerveux. Une remarque difficile à contester. Mais réduire l'album à cette seule influence serait passer à côté de l'essentiel. Les compositions les plus élaborées viennent parfaitement contrebalancer les salves Punk les plus explosives et apportent une profondeur bienvenue à l'ensemble. Ces réminiscences doivent donc être perçues comme un héritage assumé, voire un hommage sincère, plutôt qu'un simple mimétisme.
Les treize morceaux défilent à toute vitesse. À peine le temps de reprendre son souffle que l'album touche déjà à sa fin. Dans le Punk-Rock mélodique, c'est souvent le meilleur des verdicts : aucun temps mort, aucune baisse de régime, juste l'envie immédiate d’appuyer à nouveau sur « play ». BURNING HEADS ne réinvente peut-être pas la poudre, mais continue de faire parler la dynamite avec une maîtrise qui force le respect. Et All Fired Up se termine avec un chaleureux Reggae-Dub, High Times, que les rues contestataires anglaises ne renieraient pas.

Burning Heads
Bad Religion