Ce travail de Davide Zolli et Matt Bordin est par ailleurs assez particulier puisqu'il emmène DELANEY DAVIDSON dans une sphère assez différente de ses albums précédents. Le Folk-Blues Lo-Fi en provenance de l'hémisphère sud conserve son âme mais prend les habits d'une musique plus propre, plus sophistiquée au niveau des accompagnements et finalement très moderne par sa clarté et son aspect fouillé.
Le premier single, également plage d'ouverture de ce Swim Down Low, Big Ugly Fish inscrit d'emblée le dernier album dans cette approche nouvelle. Cette fusion narrative de TOM WAITS, déjà établie et l'orchestration récente à la ENNIO MORRICONE risquent de décontenancer certains aficionados de la première heure. Un temps d'adaptation sera nécessaire avant d'arriver à se faire une idée du DELANEY DAVIDSON, cuvée 2014. L'approche plus contemporaine est également soulignée par le fantôme de LOU REED, particulièrement présent sur The Poison Song.
Si DELANEY DAVIDSON opère un changement musical, il conserve sa façon de travailler sauvant par la même occasion son esprit artistique qui se retrouve en filigramme dans ce rajeunissement. Néo-Zélandais de souche, c'est en homme du monde qu'il compose et façonne sa musique. Enregistré en Italie, dont It's All Fun est une bande-son idéale pour le Parrain, masterisé à Chicago, co-écrit avec VICTORIA WILLIAMS, PUSSY WARMERS, ERIC MCFADDEN ou MAMA ROSIN, Swim Down Low est un album apatride qui passe partout. Sans doute même un peu trop facilement partout, perdant de son identité avec ce lissage mais sauvant son âme malgré tout.
Delaney Davidson
Lou Reed
Mama Rosin