Cette belle brochette d'artistes va donner naissance à un ensemble de six titres de post-rock instrumental, aux accents lancinants et mortuaires. Ces morceaux sont tous compris entre six et dix minutes, ce qui vous laissera le temps de vous imprégner de cette ambiance sombre, voire glauque, qui se dégage de ces six balades macabres.
Il n'est point question ici de black metal, ni de funéral doom même si l'esprit de ces balades peut inciter à un certain malaise. Ces compositions post-rock au tempo très lent de Seilman Bellinsky n'inspirent tout simplement pas la joie de vivre. Très longues et répétitives, elles demandent à l'auditeur une certaine concentration afin de ne pas sombrer irrémédiablement malgré les effets psychotropes des guitares qui se retrouvent ci et là. Des morceaux tels que Occidens ou Mahakali, par exemple, restent toujours en surface et ne décollent jamais véritablement. Par contre, Aversion to the Decay of Impermanence, qui clôture l'album, va donner un peu plus de volume et de puissance à un album assez calme dans son ensemble.
Du début à la fin, l'orgue joue un rôle de premier plan en renforcant ce sentiment de lourdeur et de noirceur. Il s'additonne aux notes de guitare tel un linceul enveloppant et apportant à l'ensemble une dimension onirique, désuète et hors du temps.
Seilman Bellinsky est peut-être un groupe influensé par le romantisme de certains films du cinéma muet des années 20 ? Clairement, ce double LP, à l'ambiance très cinématographique, serait idéal pour accompagner les images en clair-obscur de ce genre de film.
Cette première sortie s'accompagne d'une pochette relativement soigne de couleur pourpre réalisée par Bruut (Mathieu Lautredoux). Un bel objet qui correspond totalement à l'ambiance ténèbreuse de son contenu sonore.

Seilman Bellinsky

