Comme si on était encore en plein dans les années 90, Sick Of It All nous sort donc un album de pur Hardcore à la manière Sick Of It All : des riffs rapides, des vocaux énervés, une basse dominante, des gang vocals, de l’énergie à profusion, les meilleurs ingrédients sont bien présents. Mais comme le montraient déjà Death to Traitors et Based on a True Story, Sick Of It All sonne plus heavy et excité que sur ses perles des années 90.
C’est en tout cas ce que l’on peut constater dès les 1’48 de Sound the Alarm en ouverture, qui donne un tempo et une ligne directrice communs pour le reste de l’album à suivre. Une suite de brûlots imprégnés du mot d’ordre « allons botter des culs », comme le montrent les très Punk dans l’âme Road Less Traveled, Never Back Down et autres Beltway Getaway. Sachant aussi jouer des contrastes, Sick Of It All parvient encore à laisser parler son groove sur des titres comme Losing War (le plan à Us vs Them n’est pas loin !) ou Get Bronx, pour lequel on notera l’utilisation inédite – et surtout à propos - du terme Bronx en adjectif. Taillés pour la scène, les très instinctifs Facing The Abyss, Act Your Age et Sidelined se démarquent sans peine et invitent déjà les fans à entrer dans le pit.
Pour assurer à nouveau le liant entre énergie, agressivité et mélodie, Sick Of It All a rappelé Tue Madsen et son approche plus Metal, pour un résultat qui renforce cette hargne prégnante, même si on peut se demander ce que donneraient de telles chansons dans un univers moins glacé. Un enrobage sonore qui met en valeur le travail effectué sur la basse (2061, Losing War ou Never Back Down), ou sur le chant toujours si spécifique de Lou Koller, qui reste reste fidèle à ses principes : les morceaux dégagent des messages forts, même si déjà vus, revus, revisités et noyés à l’extrême, comme la politique sur Sidelined (et son refrain hyper accrocheur), ou la scène Hardcore sur Road Less Traveled.
Autant le dire clairement, Sick Of It All ne réinvente absolument rien sur ce nouvel album. Mais Sick Of It All reste sans doute un des meilleurs porte étendard de la scène Hardcore. Alliant sa justesse musicale avec le soupçon de modernité nécessaire pour paraître actuel, Last Act Of Defiance montre un groupe toujours bien présent et prêt à en découdre. Au sein d’une scène en ‘core qui se perd parfois dans ses différents penchants (Emo, Death, Metal,…), un tel attachement à ce Hardcore pur fait plaisir et force le respect.
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Cro-Mags