Et là où beaucoup de formations n'ont qu'un nom en fin de compte pour tenter d'heurter certaines sensibilités, CHILD ABUSE y met aussi la forme.
Comme les précédentes, la troisième plaque délire entre Jazz, Noise et Metal extrême. Rythmiquement CHILD ABUSE joue sèchement et propose des structures cinglantes qui fonctionnent comme des loops. La violence du chant aboyée du font de la gorge s'inspire clairement de la scène Grind sous ralentisseur. Et comme si ce marasme sonore ne provoquait pas encore assez de nervosité, la guitare rappelle des perforations charnelles à la perceuse.
Si le compteur n'affiche que six compositions pour une durée totale de trente-deux minutes, c'est bien assez pour éreinter n'importe quel auditeur mis sous tension. CHILD ABUSE ne propose aucune accalmie et son sadisme semble inépuisable.
Jusqu'au boutiste, CHILD ABUSE exacerbe. Il n'est plus question de parler de transe ici. Sa musique, son nom et son vice constituent un tout indissociable mais épuisant. Hypertendu, on termine sur le carreau dès que la dernière note s'arrête. CHILD ABUSE c'est de l'authentique politiquement incorrect dans toutes ses évocations.
Child Abuse