Le groupe renoue avec ses accents mélodiques par le biais de refrains sirupeux. Alternant chant éraillé et voix clair, AQME joue également la carte du Metal, parfois même avec un brin de classicisme.
Réalisé par son batteur, Ethienne Sarthou, le nouvel album de AQME a également été confié une fois de plus à Magnus Lindberg qui conserve l'entière confiance des Français qui ont cherché l'autarcie durant les trois semaines d'accouchement de Dévisager Dieu.
Ce n'est donc par surprenant d'entendre du AQME avec son lot de rage et d'émotions. Ce n'est pas plus surprenant si derrière cette nécessité pour chacun de réaffirmer sa place dans le groupe, c'est le chant, nouveau de Vincent, qui est mis en exergue avec cette nouvelle sortie.
C'est d'ailleurs sur ce point qu'AQME était le plus attendu ces deux dernières années. Epithete, Dominion, Epitaphe, la précédente sortie, n'avait pas permis à la relève vocale de s'affirmer. C'est par conséquent sur scène que Vincent a du faire ses preuves avant de participer à chaque étape d'un renouveau.
Même si le changement peut s'avérer salvateur, un renouveau reste une étape difficile et douloureuse. Le choix et le traitement de l'album ajoute de la profondeur au caractère désespéré de ce septième album.
Bien que le chanteur de THE BUTCHER'S RODEO et de NOSWAD possède une palette vocale plus large que son prédécesseur, bien que ses textes, également emprunts de mélancolie, sortent AQME d'un état adolescent entretenu par Thomas, on ne peut que constater que cet attachement aux mélodies douces-amères ancrent la formation dans ce besoin de surjouer certaines émotions.
AQME semble inaltérable alors que l'on aurait voulu entendre plus encore sa part sombre et adulte. Avec son groove énervé et ses atmosphères macabres, AQME démontre pourtant qu'il pourrait offrir bien plus que cette identité résistante d'un temps qu'il est nécessaire aujourd'hui de dépasser pleinement.

AqME
