L’un des problemes de Shotgun Justice résidait en effet dans le certain manque d’idées que l’on sentait poindre chez Carlo, parfois en panne de riffs ou d’arrangements. S’était-il trouvé une nouvelle muse ? En tout cas, tant techniquement qu’artistiquement, son jeu de guitare nous fait manger notre clavier. On retrouve ces éléments récursifs de Shotgun Justice, mais l’ensemble tient plus que la route, y compris dans la deuxième moitié du disque.
Constat identique concernant Bob Reid, manifestement plus à l’aise pour son deuxième enregistrement pour Razor. Et pour en revenir à cette batterie programmée, on peut s’étonner que le résultat fonctionne, mais Carlo était parvenu à aller au-delà du simple bourrinage de peaux inhérent au style du groupe pour introduire quelques variations finalement assez riches.
Par ailleurs, de petits changements furent apportés à la musique de Razor, dotée maintenant d’ un peu de groove par ici, et toujours de Punk par-là (y compris dans les lyrics, comme sur In Protest et End Of The War). En pimentant le tout, bien entendu, d’une bonne grosse dose d’attaques en tout genre (Bad Vibrations, Road Gunner, Mental Torture). Le groupe abandonne même sa cadence infernale le temps de quelques morceaux des plus réussis, tels que Sucker For Punishment, aussi heavy que son chant est réussi.
En aucun cas un grand pas en avant comparé à son prédécesseur, mais marquant un petit progrès, Open Hostility montre un Razor en colère, peut-être plus que jamais, mais aussi très mature. Musicalement, Razor continue à secouer sa cage à riffs de toutes ses forces et reste proche de l’animal Speed/Thrash que l’on connait. Jusqu’aux démos, proposées en guise de bonus sur ces rééditions, comme une dernière étape à découvrir avant d’entrer dans un pit surchauffé !
Dark Angel, Nuclear Assault, Sodom, Destruction, Metal Church