Evidemment, associer Doom et scène Italienne fera penser à UFOMAMMUT. Et ORGAN n'a rien à envier côté lourdeur. Le groupe est pesant et pachydermique en droite ligne de la scène anglaise menée par ELECTRIC WIZARD.
On retrouve également dans cette oppressante lourdeur une certaine saturation et un jeu de nappes qui à défaut d'être pleinement psychédéliques comme celles de leurs compatriotes, contribuent au moins à la création d'une ambiance hypnotisante.
Slave Ship, ouvrant les trente-trois minutes de l'album, pose les bases de la léthargie de la formation originaire de Belluno. L'enregistrement maison dans un garage en plein mois de mars, a inspiré ORGAN pour créer cette atmosphère frigorifique qui transperce les os avec Witch House. On sent que le réveil risque d'être plus douloureux que prévu.
Kholat Syakhl ou la gueule de bois incarnée, trahit immédiatement les origines et influences du quatuor. Qu'à cela ne tienne, c'est exécuté de mains de maître.
Court morceau, plus à titre d'interlude, Hal aurait pu servir d'introduction aux Lovecraftiens de THE GREAT OLD ONES. Enuma Anu Enlil termine ce premier album avec le titre le plus progressif mais aussi le plus réussi. Il combine la lourdeur, l'intensité du repli sur soi et l'énergie. Dommage qu'il soit instrumental, il aurait pu s'imposer comme étant le titre phare signé ORGAN.
Si on ne peut s'empêcher de penser à UFOMAMMUT à l'écoute des Italiens de ORGAN, s'est pour se rappeler les débuts du groupe originaire du Piemont. Quand on voit où le groupe est arrivé aujourd'hui, on peut s'attendre par conséquent, à un excellent ORGAN dans le futur.

Discomfort

Electric Wizard
The Great Old Ones