En pleine sphère Post-Rock, CATAYA va contourner, malgré la longueur de ses plages, le côté prévisible de la version instrumentale du genre de deux manières. Bien évidemment, on retrouve aussi quelques éléments incontournables qui permettent d’apposer l'étiquette, comme la présence de trois guitares et de certaines sonorités plutôt typiques.
Avec des plages qui avoisinent et dépassent les dix minutes, on peut s'attendre à une construction progressive des compositions où l'intensité se fait crescendo. Une recette éculée et quelque peu simpliste qui a tendance avec le temps à épuiser le genre. Fort heureusement, CATAYA qui s’appuie sur cet héritage qui a quand même forgé un certain Post-Rock, s'en éloigne aussi assez vite en proposant des plages où les tensions peuvent s'exprimer très rapidement et avec verve.
Entre le Post-Rock et le Post-Metal, les liens sont de plus en plus étroits. Dernièrement, le Post-Metal s'est fortement nourri des sonorités et des techniques de son pendant Rock. CATAYA fait le chemin inverse et emprunte largement à la scène dure pour imposer plus de lourdeur et d'agressivité à son jeu. Cette dualité contribue d'ailleurs à accentuer le besoin plus frontal à être oppressant de la part de la formation.
En innovant, CATAYA propose donc une double alternative. D'abord au Post-Rock devenu trop souvent ennuyeux et ensuite au Post-Metal qui se mord de plus en plus la queue. En se nourrissant d'un genre apparenté qui, plus qu'à son tour, s'est nourri du Post-Rock, le collectif rééquilibre quelque peu le jeu. Attention toutefois aux petites erreurs de jeunesse qui trahissent certaines inspirations, comme sur Ascended From The Depth où CATAYA prend la liberté de réinterpréter certains gimmicks de AMENRA.

Cataya
Amenra