L’explosion d’énergie qu’offre ORigami GeijutsU au travers de son album The Hibakusha Haikus n’est effectivement pas conseillée aux plus nerveux d’entre nous. En effet, le groupe instrumental lillois nous sert une terrible mixture qui assène des gifles continuelles tout au long des dix titres qui composent cette production surprenante. Tous les instruments se complètent dans une schizophrénie totale qui ne nous laisse aucun répit. Harmonisation, désynchronisation, même les breaks parsemant les différents titres sont totalement déconcertants. Nous sommes totalement plongés dans un univers où, vêtus de camisoles, nous serions tous enfermés dans une énorme pièce capitonnée nous entrechoquant continuellement les uns et les autres jusqu’au malaise…
Voilà pour l’ambiance… Techniquement parlant, cette fois, il est difficile de détacher une plage d’une autre tant elles déroutent toutes par leur construction. On ne s’ennuie jamais : mélanges de rythmes et de cadences, combinaisons de riffs effrénés avec des jeux de batteries arythmiques… On est surpris par l’alternance de passages oppressants de batterie (''Differential Geometry''), de basse jazzy (''Axiom II Too Slow To Fold''), de riffs guitares ultra-techniques (NDLR : …heuuu… toutes les plages…) le tout trempé dans une débauche d’énergie qui s’amuse à détruire, mélanger et reconstruire des mélodies venues de nulle part. Deux titres se détachent quelque peu du reste, ajoutant une touche post-rock dans cette névrose mathcore avec l’apparition de passages plus calmes (''Senbazuru'') et l’ajout de claviers (''A Rustle Before Silence II'').
Vous l’aurez compris, on en prend plein la gueule à l'écoute de chaque plage et, pire encore, c'est qu'on en redemande, attendant sans cesse la suite des événements. Mais, arrivé à la conclusion de cet orgasme paranoïaque (''Paranoïd''), ORigami GeijutsU arrive encore à nous surprendre avec la contribution d’Olivier qui apporte une dimension supplémentaire à cet ouvrage en y posant sa voix en totale complémentarité avec les instruments (NDLR : Certains nostalgiques y trouveront une similitude avec la voix de Misery Loves Co).
En bref, à l’instar de ce que sont les Haïkus à la poésie, ORigami GeijutsU, au travers de cet album, arrive à délivrer des messages efficaces et percutants à notre univers musical grâce à sa complexité et son énergie démente. Reste donc à les découvrir en live et pourquoi pas dans une salle totalement appropriée à ces ambiances. ORigami GeijutsU sera en effet le 28 mai 2016 en concert à la Zone à Liège pour défendre son opus (http://www.lazone.be).
Distribution de casques à l’entrée et de camisoles à la sortie… on vous aura prévenus !!!
Metal Mathcore Noise Progressif Lille Mathrock Postrock

ORigami GeijutsU
Misery Loves Co.