Les choses prennent alors un rythme plus soutenu pendant toute l'année 2015 avec un enchaînement de nouveaux titres et de tournées qui les ont fait voyager dans toute l'Europe. Shoot The Girl First arrive donc avec de nouveaux visages, et une expérience de groupe rapidement acquise grâce à cette année mouvementée. Exit le très ciblé Artery Recordings, c'est sur le plus diversifié label allemand Redfield Records que cet album du STGF 2.0 voit le jour.
Vous vous souvenez de l'étiquette electro-core qu'ils portaient aux débuts ? Eh bien I Like The Way You Die, Boy qui ouvre cet album, semble vouloir barrer définitivement les origines musicales du groupe. En lieu et place de sons electro, c'est une déferlante de rythmiques résolument deathcore qu'on découvre en jouant ce I Confess - suivi de près par un breakdown percutant et un passage tendant vers le djent... qui débouche sur un refrain en voix claires. Manifestement, Shoot The Girl First a fait évoluer sa musique vers quelque chose de très actuel, une démarche qu'on pourrait qualifier de récupératrice si le groupe ne semblait pas si à l'aise dans sa nouvelle identité. Parce que ne nous voilons pas la place : un groupe qui change trois de ses membres devient un nouveau groupe, qu'il change de nom ou pas. Si les rythmiques electro sont plus discrètes et surtout utilisées pour créer une transition entre deux structures comme sur Evil's Trick, les passages au clavier sont toujours bien là, tenus par Julie Crystal qui prend également de plus en plus le micro. Elle laisse toutefois la responsabilité des voix claires à son nouvel acolyte Alex Sayti - à l'exception du refrain de Evil's Trick, plutôt convenu mais terriblement efficace, pour lequel le groupe a fait appel à Michael Swank de Myka Relocate qui nous sort une ligne de chant lorgnant du côté de Kellin Quinn (Sleeping With Sirens).
Le single No Hero fait mouche et a dû s'imposer comme une évidence lors du choix des morceaux de l'album à mettre en avant. Les voix de Julie et Alex se mélangent parfaitement et la musique, plus mélodieuse que certains morceaux plus axé ''deathcore classique'' de l'album, semble vouloir représenter ce que Shoot The Girl First a réellement dans le ventre. A l'inverse, Call Me V, également présenté avec la sortie de l'album, est efficace en restant plus classique : couplet deathcore à la rythmique saccadée, refrain en voix claire.
A en juger par les quelques morceaux qui sortent vraiment du lot, ce I Confess est une réussite, c'est indéniable. Mais il peut par moments souffrir d'un côté assez inégal voire redondant. Comme s'il avait été sorti un peu dans l'urgence (ce qui est compréhensible vu les déboires rencontrées par le groupe) et que quelques petits mois supplémentaires auraient permis un filtrage plus affiné des morceaux à y faire figurer. Encore une fois, c'est la stabilité qui permet aux groupes de se développer et d'aller de l'avant, croisons donc les doigts pour que Shoot The Girl First trouve enfin sa paix intérieure et puisse travailler dans une pression positive pour nous sortir un album qui représentera, du début à la fin cette fois, ce dont le groupe est vraiment capable.
metalcore france

Shoot the Girl First
Sleeping with Sirens