Puis, deux mois plus tard, voici que resurgit ce nom dans l'actualité : V.I.T.R.I.O.L., l'album de Pénitence Onirique, sort donc et j'ai plutôt hâte d'approfondir l'écoute.
Et dès L'âme sur les pavés, quel choc. Tout est à sa place : les guitares, qui envoient d'incroyables lignes mélodiques portant tout le titre, la voix écorchée ni trop en retrait ni trop en avant et la batterie qui donne le tempo en empêchant tout ennui – les changements de rythme sont réguliers et particulièrement bien gérés. L'accroche est immédiate – quoi de mieux qu'un album qui rentre immédiatement dans le vif du sujet ? - et il est vraiment difficile de sortir du tourbillon mélodique qui emporte l'auditeur.
V.I.T.R.I.O.L. oscille entre moments plus directs, comme ce titre d'ouverture ou le morceau éponyme, et passages totalement planants (oniriques?), comme sur l'incroyable Soufre dont la mélodie centrale est peut-être un des plus beaux moments musicaux de l'année dans le style. Le riff quasi-théâtral, dramaturgique, qui déboule sans crier gare en plein milieu du morceau, ouvre la voie à un final grandiose. Le chant se permet même des variations intéressantes, des vocaux écorchés habituels à des hurlements plus profonds. Intelligemment, les ambiances prendront parfois le dessus, comme sur Le Sel où le binôme de Diviciacos (chant), Bellovesos, qui compose les titres et joue les instruments (encore un Rémi Bricka du black atmo...), envoie une vraie leçon à la batterie pendant plusieurs minutes instrumentales permettant une respiration bienvenue.
C'est bien simple, aucun des cinq titres ici présentés n'est à jeter, chacun offrant son (ou ses) moment(s) épique(s) ou sa saveur particulière. Jusqu'à l'épatant final, Carapace de Fantasme Vide, véritable perle de composition à des lieues de la concurrence. La progression des lignes de guitare sur ce titre est tout bonnement à couper le souffle. Les Acteurs de l'Ombre, qui ont lancé des groupes aussi talentueux (et acclamés) que Regarde Les Hommes Tomber et Déluge et ont vu passer chez eux nos compatriotes de Deuil (depuis séparés) ou encore Cult of Erinyes ont visiblement encore eu le nez creux et ne survendaient pas leur nouvelle pépite.
Reste à voir, et la question me turlute depuis longtemps, si cette folie « black metal atmosphérique/post-black metal » à toutes les sauces, qui voit les one-man (ou two-men) bands fleurir aux quatre coins du globe et des labels offrir des rosters de plus en plus fournis est un phénomène durable ou un effet de mode. Difficile, évidemment, de parler de « hype » pour des styles aussi obscurs, mais ce qui est certain, c'est que peu de scènes sont en telle effervescence pour le moment. Et peut-être que d'ici une vingtaine d'années, tandis que Fenriz, fraîchement élu maire de sa ville, bougonnera dans son coin en refusant de faire des lives pour le quarantième anniversaire de Transilvanian Hunger, cette période restera dans l'histoire du black metal comme celle d'une « nouvelle vague », comparable à celles qu'ont connu les pays nordiques, mais cette fois « internationalisée » par les nouvelles technologies...
Quoi qu'il en soit, l'auditeur, lui, ne retiendra que les meilleurs de ces groupes. Sauf surprise, Pénitence Onirique devrait en être.
black atmosphérique, post black
Pénitence Onirique


Deuil