C’est vite dit, la frontière entre persistance et évolution restant difficile à marquer pour des groupes aussi mythiques dans leur style respectif comme peut l’être Crowbar pour les fans de Sludge. Fidèle à son arbre généalogique, The Serpent Only Lies ne surprend donc personne mais on ne doute pour autant pas de sa sincérité. Alors, après deux titres d’ouverture très familiers (Falling While Rising et Plasmic and Pure), Kirk montre les dents avec un remuant I Am the Storm avant d’enchainer avec deux excellents morceaux : Surviving the Abyss, single potentiel tout en lourdeur magnifique, et un morceau titre dantesque dont le refrain cotonneux aura de quoi faire chavirer les barbus les plus sensibles. Ce Kirk, quel crooner...
Passé cette moitié d’album, on retrouve un Crowbar assez classique (The Enemy Beside You) qui ferait presque croire au syndrome de la face B avant que Embrace The Light ne joue à nouveau des tempos ralentis sur fond de mélodies acides et vaporeuses, et que les superbes leads de On Holy Ground nous fassent vérifier deux fois qu'il s'agit bien toujours du même album ! Efficace, celui-ci en arrive d'ailleurs déjà à sa conclusion avec la traditionnelle ballade (Song of the Dunes) précédent un As I Heal intense, parfaite conclusion thématique d’un album qui aborde des thèmes forts comme la perte, l’addiction ou la renaissance.
The Serpent Only Lies s’impose ainsi comme un album de Crowbar aussi classe que réussi. C’est dire s’il est bon ! Reprenant peu ou prou tout le Sludge ce que l’on aime chez Crowbar, il constitue un beau cadeau de retour pour Todd Strange (basse), de retour dans le groupe après 16 années d’absence, et ce, même s’il n’a pas contribué à son écriture... Quand on vous dit que Kirk s’y est remis à fond !

Sludge, Metal, Kirk, NOLA

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