Lorsque Aaron Turner (Sumac, Mamiffer, Old Man Gloom, House Of Low Culture), l'homme capable de produire de l'art en soufflant dans un macaroni cru, en frottant un gressin sur une rappe à fromage ou en faisant tourner un hand spinner sur une fine feuille de papier aluminium, s'associe à son ami William Fowler Collins, auteur du bien nommé Tenebroso en 2012, c'est la naissance de Thalassa (le groupe) ; leur premier rejeton se prénomme Bonds Of Prosperity... et l'artwork est signé Faith Coloccia (tiens, tiens...).
Quatre longs titres de sombre ambient expérimental pour autant de phases de découvertes sonores vécues par « nous avant nous » dans l'océan primitif. Le « very soft noise wall » de la première partie de Pitted Aegis ou l'installation, abrasive et contestée, dans le cocon utérin. Puis le silence avant l'ambient léger du bonheur sans épreuve ni angoisse. La longue consomption de Secular Pyres renverse les valeurs ; l'étirement infini des guitares fait tournoyer sourdement les moteurs digestifs de l'organisme contenant. Angoisse. Mais la corrosion s'éternise (Face Obscure) dans un gigantesque vortex de contradictions sonores, ambient – noisy, qui viennent gratter, écorcher les frêles tympans tremblants. Tout cela finira. Revolting Corpus, séance introspective et répétitive de la conscience d'une partie congrue de soi-même lorsque la découverte de sa propre musicalité arrive trop tard... silence brutal de la naissance. Et Thalassa d'inventer un langage musical vernaculaire d'avant le langage.
Pour les fans des nombreuses digressions guitaristiques improvisées d'Aaron Turner sur scène, surtout avec Mamiffer, et pour tous les curieux de la musique anagogique. Brillant.
What are you triying to tell me ? This is not metal ! Who cares ? This is much more than metal ; this is Aaron Turner's music...
Ambient, expérimental

Sumac
