Quand Wolfpacks’est formé, le groupe ne prenait rien au sérieux. Ils jouaient un beatdown simpliste et droit au but, le but étant plus de s’amuser que de créer un projet artistique. Et un beau jour, Wolfpacka décidé qu’ils avaient envie d’aller plus loin. Ca ne suffisait plus, les riffs de deux notes dont le seul intérêt était de créer une baston générale. L’ambition s’est emparée des parisiens, mais ceux-ci n’avaient plus le bénéfice du doute d’un groupe débutant : ils se sont retrouvés face à un public qui ne ne voyait pas leur potentiel. Sans jamais baisser les bras, le groupe s’est auto-botté les fesses et a voulu prouver aux sceptiques qu’ils avaient tort. La vengeance est un plat qui se mange froid : six années après leurs débuts, Wolfpacknous balance un Loathe soigneusement préparé et dévastateur.
Dès l’intro, on sent une progression plus métal et leur amour pour le black métal est plus présent que jamais. L’intro Cursed et Oblomov, premier single de Loathe, annoncent la couleur de l’album : c’est fini la rigolade. Le morceau est puissant, travaillé, sans aucun moment de répit. Wolfpackannonce haut et fort “on n’est pas contents et vous allez faire avec”. Cette approche sombre et black sera la ligne rouge tout le long de cet album.
Et pourtant, les surprises sont au rendez-vous avec beaucoup d’interludes et un très bon Hover Above Me, morceau plus mélodique qui comprend un featuring avec le chanteur de Hangman’s Chair. Le résultat est honnêtement surprenant, et si on avait encore des doutes, cette chanson prouve que Wolfpackne se résume plus à un groupe de beatdown formaté.
Pourtant, ils n’ont pas abandonné l’idée de brutalité, de violence. Un sentiment malsain suinte de Loathe, le malaise se ressent jusqu’à la dernière seconde du dernier morceau. Entre le jeu de batterie assassin, les breaks archi lourds et les interludes noires, l’atmosphère générale est pessimiste au possible. Plus inspiré que jamais, on sent que Wolfpacka trouvé son terrain de jeu et s’y sent plus qu’à l’aise.
Loathe est donc indéniablement l’album le plus abouti des parisiens et une très belle surprise pour cette année 2018. Tout comme si vous commandiez une pizza quand vous n’avez pas envie de cuisiner, vous pouvez compter sur Wolfpackcomme votre service de brutalité à la française dès qu’un besoin de musique violente s'impose.
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