Cette brutalité qui les caractérise leur a valu d’obtenir un certain succès critique lors de la sortie de l’EP Nothing Will Grow From the Rotten Ground (2017). Autant vous dire qu’on attendait leur premier album, You Took the Sun When You Left (2018), avec une certaine fébrilité, de peur d’être déçu.
L’écoute des premiers morceaux de l’album, dont l’écriture a débutée en novembre 2017 pour prendre fin en avril 2018, nous rassure rapidement ; la brutalité qu’on avait tant appréciée avec l’EP est toujours au rendez-vous. Cette froideur musicale est accentuée par des paroles désabusées dans la plus pure tradition nihiliste. Avec Leeched, la musique est dénudée d’artifices, le but recherché étant d’éviter tant que faire se peut d’en altérer la violence.
Le visuel de l’album est taillé dans le même marbre que les paroles, il est simple mais très esthétique. Comme leur musique, il va à l’essentiel en représentant la brutalité qui coule dans les veines des membres du groupe. Tout comme eux, le squelette de la tête de l’animal est écorché vif ; il est entouré d’un fond noir qui nous invite à être absorbé par l’obscurité qui nous entoure.
Même si le style est différent, l’ensemble des éléments que l’on vient d’évoquer n’est pas sans rappeler ceux qui ont fait le succès du dernier album de Mantar, bien que les mancuniens possèdent un sens de l’esthétisme plus poussé. De plus, tout domme le duo allemand, Leechedn’hésite pas à s’approprier les codes du sludge metal, notamment avec Guilt.
You Took the Sun When You Left consiste principalement en un mélange d’hardcore et de grindcore qui vous sera familier –on pense en particulier à Nails, l’originalité ne se situe pas à ce niveau. Ce qui en fait le sel, c’est la présence de ponts qui insufflent une variété bienvenue dans les titres, qui ralentissent le tempo avant de vous emporter dans une déferlante de notes assenées à un rythme infernal. Cette technique, dont le groupe abuse quelque peu, leur permet d’aboutir à un son extrêmement dynamique. Quoiqu’il en soit, il est fort à parier que cette capacité à changer de rythme sans perdre la cohérence du morceau deviendra leur marque de fabrique à l’avenir.
On s’en voudrait de ne pas mettre en lumière le titre éponyme à celui de l’album, composition la mieux maîtrisée du point de vue de l’alternance entre tempos lent et rapide. Ce tourbillon de sons lents et lourds à la sauce hardcore vous fera chavirer, sans parler de la subtilité des paroles à l’esthétisme et la sensibilité sans faille.
Avec un premier album aux multiples qualités, Leeched ne déçoit pas. S’ils poursuivent dans la même voie, il faudra à coup sûr compter sur eux dans les années à venir. Néanmoins, il faudrait qu’ils n’abusent pas de leurs points fort à outrance. Ainsi, les changements de tempos incessants deviennent redondants à la longue et font perdre quelque peu l’intérêt de la technique.
Leeched - You Took the Sun When You Left - Hardcore - Manchester
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