Hartgeld in Club (2019) fait suite à Fandigo (2017), dont le côté mélodique et le consensualisme nous laisse encore un goût amer dans la bouche ; l’époque de Zombieactionhauptquartier (2008) avec son metalcore à la rapidité d’exécution à faire pâlir les adaptes de thrash metal semble révolue.
Après Man Spricht Deutsch (2013) consacré à la reprise façon Callejon de titres encrés dans la culture germanique, le collectif remet l’ouvrage sur le métier avec onze reprises de rap d’origine allemande version « metalcore ». Le mélange des genres s’illustre avec le visuel représentant un fan de rap embrassant langoureusement un metalleux ; nous supposons qu’il s’agit d’une tentative -grossière- de provoquer.
Avec Hartgeld Im Club, les allemands répondent aux sirènes du rapcore, genre décidément à la mode. Lorsque l’on réceptionne l’album, c’est la douche froide. Le problème majeur est que les titres promotionnels qui ont précédé la sortie représentent ce qu’ils proposent de mieux ; Arbeit nervt, sorte de pastiche du nu metal à la Limp Bizkit, sort néanmoins du lot. Le reste est d’un convenu qui vous donnera l’impression d’avoir déjà été entendu des dizaines de fois.
Le rapcore répétitif est agrémenté d’effets « électro » comme il vous est l’occasion d’en entendre à la pelle ces derniers temps, par exemple avec les titres Willst du -dont le style « hit fm » justifierait sa place sur Fandigo- ou Kids.
Hartgeld in Club forme un plat qui manque de piquant. Vraisemblablement, son ton impersonnel s’explique par le fait qu’il a été préparé dans une cuisine aseptisée. A ce manque de personnalité s’adjoint des choix artistiques dépourvus de subtilité. Des compositions musicales en passant par le visuel de l’album, tout semble avoir été réalisé par des personnes inélégantes rongées par la banalité qui est la leur. C’est à se demander ce qu’il est advenu de la créativité de Callejon.
Il est compréhensible que les artistes évoluent et qu’ils ne souhaitent pas se cantonner à reproduire une musique semblable à travers le temps, mais en effectuant le grand écart à ce point, les allemands perdent grandement de leur intérêt.
Aux reprises s’ajoutent deux compostions nouvelles, Hartgeld im Club et Porn from Spain 3, qui remontent un tant soit peu le niveau. Le second, qui peut compter sur la présence d’Ice-T, associe énergie lourde et paroles ironiques ; on répondrait volontiers à son appel d’intégrer le mosh pit.
Hartgeld in Club s’inscrit dans le sillage de Fandigo avec sa mise à l’ombre d’un metalcore enragé au profit d’une musique proche des hits fm. Son manque de personnalité le rend indigeste et nous préférerons l’oublier au plus vite en l’attente d’un éventuelle retour aux sources pour Callejon. Circuler au plus vite, il n’y a rien à voir.
Callejon - Hartgeld Im Club - Metalcore - Germany

Callejon
Limp Bizkit