Une alchimie qui se voit gagnante. Car en effet, les passages brutaux sont très denses, saturés, d’une noirceur épaisse et où de lourds riffs et le chant écorché de Dominik Goncalves dos Reis viennent vous plaquer au sol. Et puis c’est la délivrance, la fenêtre qui s’ouvre dans un espace suffocant, par quelques notes au piano ou à la guitare, tel qu’avec le titre Guided Through a Starless Night, où une balade naïve bascule soudainement dans les limbes.
S’il fallait un indicateur musical, Ethic of Radical Finitude se verrait certainement affublé des étiquettes de post Black Metal, teinté de Sludge dans ses errements les plus sinueux et plus sales. Mais il s’agit surtout d’une entité ambivalente, éminemment mélodique et exploitant les différents visages que peuvent prendre la noirceur, que ce soit à coups de blasts incisifs ou par des paroles lentement déclamées par Mers Sumida, de Black Table, invitée à venir poser une voix qu’on pourrait croire divine. L’art du contraste.
Au niveau des guests, ce nouvel opus était également l’occasion de faire revenir le guitariste Peter Wolff sur l’introduction de l’album, ou encore Johannes Stoltenburg, derrière les fûts ou pour les effets drones, sur les deux premiers morceaux. Celles et ceux qui tendront l’oreille pourront également discerner le timbre de Nikita Kamprad, vocaliste de Der Weg Einer Freiheit, sur We Pursue the Serpent of Time.
Si pour vous la musique n'est que synonyme de fond sonore, alors mieux vaut passer votre chemin. Seule une écoute attentive et consacrée permettra d’entrer dans l’univers opaque des Allemands de Downfall of Gaia. Mais une fois le seuil franchi, sachez que le voyage s’avère passionnant.
downfall gaia black metal post sludge atmosphérique

Downfall of Gaia