Les critiques qui accompagnèrent la sortie du premier effort furent dithyrambiques. Véritable ode à l’epic doom metal, cette entrée à la matière fût fracassante. Si vous n’y avez pas encore prêter une oreille attentive, nous ne pouvons que vous conseiller de rattraper votre manquement et découvrir cette perle qui s’inscrit au panthéon du genre.
On prend -presque- les mêmes et on recommence (Frank Chin, ancien bassiste de Vektor, s’ajoutant au line-up) ; The Ruins of Fading Light (2019) est à nouveau réalisé sous la houlette d’Arthur Rizk (Power Trip ou Cavalera Conspiracy) au studio Creep Records par souci de respecter l’esprit alternatif qui sous-tend le projet.
Pour comprendre l’excellence atteinte avec ce second opus, il faut se remémorer l’importance de l’aspect épique pour le genre adopté, ce que Crypt Sermon maîtrise comme peu. Les fondements du précédent album sont repris, amplifiés et emmenés dans une autre dimension. Les mélodies vous soulèvent en permanence, les solos sont héroïques tandis les paroles tranchent dans le vif. L'ensemble est élevé par des sonorités modernes qui réussissent le tour de force de garder une résonance antique.
Crypt Sermon ne se contente pas de reprendre la recette d’Out of the Garden en la bonifiant. Soucieux d’évoluer sans cesse, ils ont pris le parti de sortir de l’enveloppe confortable du doom à la Candlemass dans laquelle ils s’étaient confortablement positionnés avec leur premier effort. The Ruins of Fading Light garde les racines d’epic doom pour les enrichir de l’héritage de la NWOBHM et de la scène du heavy metal des années 1980. Certains développements sonores rappellent aux souvenirs d’Iron Maiden ou plus récemment de Visigoth.
La qualité d’écriture générale de l’ensemble des pistes pousse à l’admiration. Tout est millimétré et l’auditeur est sans cesse surpris par l’introduction des sonorités inattendues, de développements supplémentaires qui s’empilent à une vitesse surprenante ou encore des solos transporteurs d’un vent de fraicheur. Même les interludes apportent une véritable plus-value à l’œuvre, cette dernière étant d’une rare cohérence.
On pourrait être légèrement déçu que trois des dix pistes soient des interludes, mais à partir du moment où ces intermèdes remplissent un rôle précis et ne servent pas à augmenter fictivement le nombre de titres, nous n’y voyons pas d’inconvénient.
L’évolution du chant de Brooks Wilson sera probablement combattue par certains « puristes », celui-ci utilisant à présent des techniques vocales proches de chanteurs contemporains qui tranchent avec l’ancienne garde de l’epic doom ; pour notre part, dès lors qu’il contribue à l’atmosphère générale épique qui transpire des compositions, nous l’approuvons.
Avec sa qualité d’écriture hors-norme, son évolution musicale constante et ses surprises permanentes, The Ruins of Fading Light nous a bluffé comme rarement –jamais ?- nous l’avons été en 2019. Tout amateur de musique devrait l’écouter avec attention au minimum à une reprise, le contraire serait une faute de goût.
Crypt Sermon - The Ruins of Fading Light - Chronique - Epic doom metal
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