Si avant de leur tendre une oreille, Animales m'ont été présentées comme ''un groupe Indie rock wallon... peut-être quelque chose pour toi...'', la texture sonore retentit effectivement indépendamment de ce que j'ai déjà pu entendre en provenance de la dorsale wallonne ou encore à Bruxelles. Les ficelles utilisées produisent directement l'écho, tirées d'éléments post-rock, hardcore, metal, dans une combinaison assez loin de s'y attacher frontalement que pour mieux me faire sentir ce vent de fraîcheur. J'apprends aussi qu'un an plus tôt, ce power trio entamait discrètement la Best end of the world ever avec trois premiers titres, également disponibles sur les plateformes, laissant ainsi supposer la carrure et l'étendue de l'univers des Animales en devenir.
Plongée directe dans Worst Second Chance Ever avec Ties and Lies, une entrée en matière qui ne ment pas. Quelques martèlements nous propulsent à bride abattue dans l'univers tendu d'Animales. Si nous sommes ensuite maintenus en captivité, sans résistance, durant les trois morceaux qui constituent cet EP, c'est sans doute parce que le groupe arrive à nous balader depuis les fonds lourds et creusés jusqu'à entrevoir la face mélodique et lumineuse d'un ciel ténébreux, notamment grâce à la voix et son chant aérien qui agit en véritable force d'attraction. Un voix qui touche naturellement, survole et s'efface fort à propos devant les saccades, les variations, les accents mélodiques et l'énergie percutante des instruments. Les moments de respiration, suffisamment profonds que pour éviter de nous faire baisser pavillon, agissent au contraire comme les prémisses de chevauchées à travers les turpitudes de nos temps, pour finir en envolées ouvrant des brèches vers The only thing we need is the light that unites us.
La seule chose dont nous avons besoin, la lumière qui nous unit. Et c'est peut-être bien cela que ces Animales, nées en privation totale de liberté scénique, nous confirment avec cette courte production sonnante, ample et soignée par leur ami Nicola Lomartire (ex-Lethvm ex-The Link...) au Noise Factory Studio: la naissance d'un groupe qui semble s'être octroyé le temps de la rencontre et de la complicité, ajustant ses objectifs au service d'une cohésion sonore et d'une qualité musicale qui frappent déjà l'attention. En témoigne ce Worst Second Chance Ever qui, s'il se situe clairement dans la continuité de Best end of the world ever, se jette moins aveuglément dans l'aventure, creuse davantage avec une approche somme toute plus directe, révélant un sens pointu du songwriting.
Trois titres, c'est court. Si Chrysanthème vous abandonne sur votre faim car il laisse sous-entendre les variations possibles et la dimension future du groupe, c'est qu'Animales aussi ont soif de scènes. La suite, vite !
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