Phil Swanson avait apporté au premier album une approche doom qui a grandement contribuée au caractère culte de l’opus, avec une prestation vocale comparable à celles d’Ozzy Osboune au début de sa carrière. On pouvait légitimement craindre que son départ n’affecte l’essence du groupe. La lourde charge de lui succéder sur Dreamkiller (2022) revient à Brendan Radigan (Magic Circle, Stone Dagger).
Autant ne pas prolonger inutilement le suspens, la principale différence qui résulte du changement de vocaliste réside dans un son bien moins influencé par le doom metal que par le passé, même si le style musical reste présent de temps à autres. Le changement est réalisé au profit d’une nouvelle vague de power metal qui voit le jour, l’interprétation de Brendan Radigan étant emprunte de puissance mélodieuse et de rapidité. Sa voix est beaucoup plus aiguë que celle de son prédécesseur, ce qui a pour conséquence que le coté oppressant et obscure des débuts se perd.
De plus, sa voix est assez douce avec pour corollaire un son moins épique qui rapproche Sumerlands du heavy metal classique des années 1980. Le constat est renforcé par une production qui fait sonner les guitares de façon plus claires –le coté poisseux n’existe plus, chaque titre est rempli de riffs et de solos qui s’écoutent et s’approprient aisément, sans oublier des refrains très accrocheurs.
Les américains ont pour projet de distiller huit titres aux mélodies qui restent directement gravées à la première écoute et qui sont aisément chantables ; sans conteste, la mission est remplie avec brio. Ce voyage dans le temps nous ramène aux grandes heures du heavy metal des années 1980, ce qui colle parfaitement avec le revival du genre ces dernières années.
Le morceau d'ouverture Twilight Points the Way, avec ses riffs qui rappellent Cities ou Sanctuary, reflète à la perfection ce que peut nous offrir la formation en 2022. Le jeu de clavier contribue énormément à l’aspect accrocheur du titre. Le passé n’est cependant pas renié avec The Savior's Lie et ses distorsions extrêmes, lettre d’amour au doom metal poisseux.
En changeant légèrement sa formule, Sumerlandset ses membres aux talents indéniables donnent naissance à un Dreamkiller qui sent bon le heavy metal old school. Une sortie à ne pas rater pour les amateurs du genre. Il ne nous reste plus qu’à croiser les doigts pour ne pas devoir attendre à nouveau six années avant de pouvoir profiter de leur prochain long effort.
Sumerlands - Dreamkiller - Chronique - Heavy metal - Eternal Champion
Sumerlands