Mais réduire le groupe à ses racines Punk serait une erreur. SLOVENIANS puise aussi profondément dans le Hardcore des années 80 et rappelle régulièrement les DEAD KENNEDYS de JELLO BIAFRA. Pas seulement pour ses déclamations rageuses ou ses riffs nerveux, mais aussi pour ce sens du sarcasme mordant qui transperce ses compositions avec une efficacité redoutable.
Forgé dans les entrailles de l'underground, le quatuor a bâti sa réputation à la force des amplis et de prestations scéniques explosives. Une réputation loin d'être usurpée tant l'intensité qui se dégage de cet album semble prête à déborder à chaque instant.
Cette absence totale de compromis irrigue l'ensemble du disque. Si l'énergie reste le carburant principal, Birds Of Disgrace dévoile également un visage plus sombre et plus dense. SLOVENIANS n'hésite pas à sortir des frontières du Punk pour enrichir son propos : un harmonica surgit au détour d'un morceau, une touche Blues vient épaissir l'atmosphère, en core un breaks aux accent Stoner alourdit encore davantage le propos avant de relancer la machine de plus belle.
Cette volonté d'élargir son champ d'action apporte une profondeur supplémentaire à l'album. Les guitares gagnent en saturation, les ambiances se font plus pesantes et la tension ne retombe pratiquement jamais. Malgré ces explorations, SLOVENIANS conserve ce qui fait sa force : des morceaux courts, directs et incisifs qui frappent sans détour.
Avec Birds Of Disgrace, SLOVENIANS confirme qu'il n'est pas simplement un groupe Punk de plus dans le paysage underground. Les Bruxellois livrent un album rageur, compact et intelligemment nuancé, capable de conjuguer urgence, noirceur et efficacité sans perdre une once de sa spontanéité. Treize titres, pas une seconde de répit et une nouvelle démonstration de force d'un groupe qui continue à tracer sa route avec une conviction admirable.

Slovenians
Dead Kennedys