Interview

SLOVENIANS

''L'important pour nous c'est l'énergie, parfois la musique est un peu le vecteur et pas la fin en soi''


Dimanche 23 août 2026

Fondé à Bruxelles en 2012, Slovenians
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a longtemps évolué en marge des radars, au gré des concerts et des envies, sans forcément chercher à dépasser le cadre du microcosme punk local. Quatorze ans plus tard, le groupe annonce un tournant. Avec une approche plus structurée, plus professionnelle et surtout un nouvel album, Birds of Disgrace, qui sortira le 4 septembre, Slovenians
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aborde une nouvelle étape de son histoire. Rencontre avec Guillaume, bassiste de Slovenians
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, pour revenir sur cette évolution et sur les ambitions qui entourent la sortie de ce nouvel album.

Slovenians est composé de Laurent (batterie), Félix (guitare), Guillaume (basse), Logan (chant).



Salut Guillaume. Les débuts de Slovenians
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étaient en 2012. Ça commence à remonter, quand même. Quelles sont tes impressions quand tu repenses aux débuts ?

Il y a cinq ans, j'ai rejoint le groupe qui existe effectivement depuis 14 ans. Slovenians
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est quand même souvent resté dans le microcosme de Bruxelles mais a joué aux Pays-Bas, en Allemagne, etc. de manière très ponctuelle. En Wallonie, je ne pense pas qu'il ait fait beaucoup de dates. Au début, on avait l'impression que Slovenians
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était un groupe de potes qui, de temps en temps, se laissait un petit peu aller au gré du vent. Ils ont enregistré quelques trucs mais, tu vois, il n’y avait pas spécialement une envie d'aller plus loin. Le groupe prenait les concerts qu'on lui proposait et il jouait à droite à gauche mais pas vraiment de manière régulière. En tout cas, c'est ce qu’ils m'avaient expliqué. Si on regarde musicalement, l'évolution elle est plutôt cool parce qu’ils sont vraiment partis de rien, de quelques titres, puis, en 2017, est sorti l'album « Al Dente », qui a quand même bien marché, à l'échelle d'un groupe de punk de Bruxelles. Je pense qu'actuellement, on est vraiment à un tournant.

Après les quelques changements de line-up, comment avez-vous réussi à garder le cap et la cohésion du groupe ?
Au début, il y a eu des petits changements de line-up parce que plusieurs mecs ne sont pas restés très longtemps. C'était probablement pour le bien du groupe. Puis, en 2017, il y a eu un drame. Après la sortie de « Al Dente », un des guitaristes fondateurs est décédé. Ça leur a foutu un sacré coup et franchement c'est tout à fait normal.
Si je peux parler juste pour moi, je suis arrivé en 2021 avec une transition qui a été relativement douce avec l'ancien bassiste. Il m’avait demandé d’être le bassiste backup parce qu’il ne pouvait plus assumer tous les concerts à cause de son boulot. Au départ, c'était ça qui était prévu et, finalement, de fil en aiguille, ça s'est inversé. La transition a été ultra cool et ultra facile pour moi et je n’ai pas eu l'impression que que le groupe repartait de zéro. Je travaillais les morceaux en amont, j'essayais d'arriver en répète déjà préparé et ça roulait. Et puis le contact est très vite passé c'est ça qui est intéressant.

Justement, quelle est votre façon de travailler/de répéter ?
Notre façon de travailler est simple et efficace. On essaye qu'elle soit un maximum cadrée, c'est-à-dire que notre guitariste Félix compose vraiment beaucoup, il a des tonnes d'idées et c'est super cool. Il arrive avec des riffs. On les triture un peu, on les déstructure, on met chacun notre patte et c'est comme ça qu'on crée un morceau. On répète une fois par semaine en général, aux glacières à Saint-Gilles. On se met des objectifs en fonction des besoins, si tu veux. C'est soit objectif concert, soit objectif répète normale, soit composition, travail de nouveaux morceaux, etc. Ou alors une répète en vue d'un studio.

« L'important pour nous c'est l'énergie, parfois la musique est un peu le vecteur et pas la fin en soi. Il faut que ça déboite, qu'on marque les gens. On aimerait leur transmettre vraiment quelque chose de physique finalement. »

Quand on fait un nouveau morceau, on essaye que l'énergie soit prépondérante et pareil quand on prépare un live au niveau de la set liste, des enchaînements de morceaux, de modules et tout ça. On essaye que tout soit très dynamique.



Niveau style musical, est-ce réducteur de dire que vous n’êtes qu’un groupe de punk ?
Ah non pas du tout. Le punk rock chez nous c'est la base. Tous les quatre on vient un tout petit peu d'univers différents. Notre chanteur aime beaucoup le punk, mais par exemple il a adoré le grunge et donc ça se ressent dans sa façon de chanter. Il aime bien mettre des touches un peu plus sombres aussi. Le guitariste et le batteur sont plus punk rock, voire punkcore. Le guitariste est un gros fan de Maiden et il aime bien taper des solos. Moi j'aime bien le metal, le grindcore. J’aime beaucoup le côté énergie à la basse. J’aime bien dire qu'on est un groupe de punk stoner parce qu’on aime bien la dynamique du groove, son énergie. On aime bien quand ça pète mais on aime bien le groove. Et je trouve que parfois dans certaines sonorités, même avec la voix de Logan, il y a un côté stoner que j'aime beaucoup.

Vous avez des groupes de références, au niveau des influences ?

On peut citer Black Flag
Black Flag


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, Dead Kennedys
Dead Kennedys


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, Minor Threat
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et Circle Jerks
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qui sont quatre groupes qui sont vraiment des influences dans Slovenians.
Après, il y a aussi Bad Religion
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, Pennywise
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. Moi j'aime bien Kyuss
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, Queens of the Stone Age
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et Motörhead
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. C'est con mais on se rejoint un peu comme je pense tout fan de rock' roll et de metal, sur Motörhead. Parfois, je trouve que la voix de Logan a des petites sonorités de Lemmy et c'est plutôt pas pour me déplaire.



Votre nouvel album « Birds of Disgrace » sort le 4 septembre prochain. Votre agence de presse dit que c’est « l'album le plus ambitieux et le plus chargé émotionnellement ». Pourquoi ?
Un peu comme on disait avant, on est dans un tournant du groupe. On a vraiment mis nos tripes dans cet album. Au niveau des textes, Logan raconte des expériences de vie qui ne sont parfois pas jolies. On le voit sur la pochette, c'est la bagarre entre le corbeau et la colombe. C'est tout simplement une espèce de déception par rapport à l'impression qu'on a que les méchants gagnent toujours. En fait, ça nous fait chier donc on essaye d'avoir de l'espoir mais ce n'est pas toujours facile. Personnellement, sans vouloir faire de politique parce que c'est pas du tout notre but, mais de manière on va dire existentielle, j'ai vraiment l'impression que le monde n'a jamais été dans un état de délabrement comme celui qu'on a maintenant. On aimerait bien que la colombe reprenne un peu le dessus mais pour le moment ce n'est pas le cas.

« C'est une vision qui n’est pas joyeuse, qui est assez triste, mais avec tout de même cette espèce de lumière au bout du tunnel. Comme dit Logan : « Ce n'est pas fini tant que c'est pas terminé ». Donc, il y a cette charge émotionnelle dans cet album et il y a surtout l'ambition qu'on y a mise. »

Concrètement il n’y a jamais eu un album de Slovenians
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avec autant d'ambition au niveau musical, au niveau de l'énergie et au niveau de ce qu'on veut en faire. On aimerait bien aller vraiment le plus loin possible avec cet album et c'est pour qu’on s'est entouré de mecs d'un label, d'une agence de presse, de booking, pour que ce soit le plus sérieux possible parce qu'on veut être sérieux en fait.

J'allais rebondir là-dessus. Le tournant de Slovenians
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c'est ça, plus de sérieux ?

C'est le côté discipline, c'est le côté respect des engagements, c'est un peu tout ça. On a essayé avec cet album, et on essaye depuis quelques années maintenant, de se professionnaliser de plus en plus. Pas dans le sens fric mais dans le sens de la discipline, de la structure. Je pense que ça se ressent chez les gens qui nous font jouer parce que tu nous dis d'arriver pour un soundcheck à 18h on est là à l'heure. Tu nous dis de terminer un soundcheck pour une telle heure, on termine avec 23 minutes d'avance parce qu’on aime bien avoir un battement. Ça roule en fait entre nous et c'est ça qui est cool. Cette discipline a amené une cohésion et on sait ce qu'on fait. On sait vers où on va et on sait comment on veut y aller.



Comment s’est déroulée votre expérience au Blackout Studio ? On m’a parlé, je cite « d’une ambiance de fou, ultra belle, marrante et travail en même temps ». Es-tu d’accord avec ça ?
Ouais complètement. Bien sûr on s'est marré parce qu’on joue de la musique, la musique est un jeu et il faut quand même une dose d'amusement. Mais après, quand l'ingé son appuie sur rec, t'as intérêt à être prêt et à bien assurer. Il y avait clairement cette ambiance de travail. Déhà
Déhà


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du Blackout a été un peu notre ange gardien, notre guide parce qu’il connaît son taf. C’est infernal avec lui, il bosse à une vitesse parfois qui est vraiment impressionnante. Il était toujours de bons conseils, toujours bienveillant, encourageant et il disait quand ça n'allait pas. Ça c'est intéressant parce que on a besoin de gars comme ça. Pour les batteries, on a bossé avec Jonas. Et pareil avec lui en fait, c'est un mec qui connaît son taf et donc ça a roulé avec Laurent comme jamais. Franchement, l'expérience du Blackout, c'était la première fois pour moi et une très bonne première expérience. Ce n'est vraiment pas impossible que je réitère le truc avec Déhà
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parce que vraiment c'est un mec en or.

Quelles sont vos forces et vos faiblesses ?
La première force à laquelle je pense, c'est la bienveillance. Parce que comme je te l'ai dit, au fur et à mesure des années, on a chopé une réelle cohésion musicale et humaine et on est là pour les autres. Et ça c'est aussi la force musicalement parce qu’on n’est rien sans les autres. C’est comme un sport d'équipe. Notre grosse faiblesse ce sont les réseaux sociaux, par rapport à d’autres groupes qui maîtrisent beaucoup mieux tout ça. Autant on s’est entouré d’un label, d’un attaché de presse et d’un booker, autant un community manager on n’en a pas encore.

Après plus de dix ans d'existence, votre esprit punk est-il toujours intact ?
Concrètement, c’est quoi l'esprit punk ? J’ai une vision de l'esprit punk mais les autres en ont peut-être une autre et toi t'en as une autre. Pour moi le punk ce n’est pas tout casser ni dire merde à tout, j'en ai rien à foutre de ça. J'aime bien la construction et la création. Parce que et c'est justement ce qui manque dans le monde d'aujourd'hui.

« Détruire c'est hyper facile. Par contre, construire, ça demande de se sortir les doigts du cul. C'est aussi ça, pour moi, l'esprit punk. Se dire qu’on est peut-être pas content sur certaines choses, on est peut-être en colère, mais cette colère on va la prendre, on va la canaliser, on va l'utiliser pour créer quelque chose qui va nous la faire un peu peut-être oublier. »

La transmission est aussi importante pour moi. La transmission des connaissances, des goûts et tout ça. Il y a un projet qu'on aimerait bien faire, je ne sais pas si ça va se faire tout de suite mais on aimerait bien sortir un bouquin de tablatures de guitare et de base avec l'album. Je trouve que les jeunes c'est l'avenir et si on peut leur donner l'envie d’apprendre la musique ou d’en jouer, ce serait super.



Si quelqu'un n'avait le temps d'écouter qu'un seul titre de ce nouvel album, lequel lui conseilleriez-vous pour comprendre ce qu'est Slovenians en 2026 ?
J'aime bien le morceau « Doctor », il n’est pas encore sorti en single. Sinon dans les trois singles qui sont sortis, mon préféré est « Zwarte Kat » car il reprend un peu tout ce qu'on disait au niveau du style, c'est-à-dire qu'il est groovy et en même temps il y a des parties qui sont hyper dynamiques.

La release party se déroulera le vendredi 4 septembre à la Brasserie de La Mule. Que peut-on déjà en savoir ?
On sera accompagnés d’un groupe de potes qui s'appelle Adolina
Adolina


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qui fait un truc un peu barré qu'on aime beaucoup et d’un groupe flamand qui s'appelle Granny’s Cocaine
Granny’s Cocaine


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. On n’aime pas trop les séparations et les clivages. Le fait d'amener un groupe flamand à Bruxelles pour jouer avec nous c'est super cool. Le DJ set de Fab Bxhell terminera la soirée. On va brasser une bière pour l'occasion, une bière assez légère. Il y aura aussi notre nouveau merch, l'album en CD et vinyle. On espère réellement que cette soirée sera pleine de découverte de partage. Tout ce qu'on veut, c'est bien s'amuser, transmettre l'énergie et que les gens s'amusent avec nous.

Le mot de la fin ?
Merci à toi. En Belgique francophone, ça fait plus de 20 ans que Shoot Me Again est là. Donc bravo pour votre taf. Je consulte votre site assez souvent et vous publiez tout le temps des trucs et c’est fort dynamique donc merci.


AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière ve...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en ju...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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