Formé en 2017 dans la région du Värmland, le groupe suédois est connu pour son esthétique visuelle soignée et l’utilisation de vieux synthétiseurs et orgues aux sonorités directement inspirées des années 60 et 70.
L’album s’inspire de la légende scandinave de la Huldra, une créature féminine vivant au cœur des bois. Une source d’inspiration typiquement nordique ! Huldra est une belle jeune femme dont l’objectif ultime est de trouver un humain prêt à l’épouser. Mais elle cache une particularité physique : une queue de vache ou de renard, selon les versions de la légende. Et elle peut également se montrer impitoyable.
Voilà de quoi nourrir l’imaginaire de NEPHILA, qui joue habilement sur cette tension permanente entre séduction et danger. Avec Josephine Asker et la dernière arrivée Linn Edlund au chant, le groupe maîtrise parfaitement l’art des harmonies vocales. Et si les claviers affichent un parfum résolument vintage, la musique évite les pièges de la simple nostalgie. NEPHILA préfère enrichir ses compositions d’une palette de couleurs et d’ambiances variées.
Cette dualité propre à Huldra se retrouve dans des morceaux alternant entre passages particulièrement accrocheurs, parfois à la limite de l’excès, et séquences plus vives, plus lourdes ou plus tendues.
Si certaines mélodies pourront sembler un peu trop douces à la longue, ces quelques excès n'entament jamais totalement le plaisir d’écoute. Ils rappellent toutefois que Huldra peine parfois à transformer ses excellentes idées en moments réellement mémorables. Grâce à une identité forte, un univers richement développé et un travail d’ambiance particulièrement soigné, NEPHILA livre un album qui reste malgré tout attachant. Mais malgré ses nombreuses qualités, il lui manque encore ce supplément de puissance qui lui permettrait de prétendre sans discussion au statut d’œuvre incontournable du Rock. Un disque séduisant, souvent captivant, mais qui ne tient pas toujours toutes les promesses annoncées autour de lui.
Nephila