Interview

BLACK MIRRORS

Marcella: « La musique me permet vraiment d'extérioriser mes frustrations »


Mardi 16 février 2021

On vous parle souvent de Black Mirrors
Black Mirrors


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, groupe de rock alternatif belge, pour des chroniques, des annonces de tournées, des changements de line-up, etc. Très bien mais j’avais envie d’en savoir un peu plus sur Marcella Di Troia, la chanteuse qui emmène le groupe. Elle a accepté de faire une pause dans la préparation du nouvel album pour répondre à quelques questions sur son parcours musical, son rapport à la musique, à sa voix, etc. On a aussi un peu parlé de la terre, de la nature, de la vie, quoi.



Crédit photo: Jürgen Bruynooghe

Bonjour Marcella. Tout d’abord, comment vas-tu ?
Bien, malgré le fait que la scène et les tournées me manquent énormément...

Commençons par le début. Voulais-tu être chanteuse quand tu étais petite ? Quand et comment la musique est-elle entrée dans ta vie ?
J'ai su très tôt que je voulais être une artiste. Petite, j'étais déjà très créative, j'écrivais des poèmes, des histoires dans un petit cahier. Je donnais des petits spectacles ? Dès qu'on se réunissait en famille, c'était l'occasion pour moi de danser, chanter devant mes parents. Je me souviens aussi que j'allais chez une amie qui habitait dans ma rue car elle avait un micro et un enregistreur. Je passais des heures à chanter, improviser n'importe quoi, j'enregistrais tout ce qui me passait par la tête.

Tu as fait d’autres choses, avant Black Mirrors
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Oui, j'ai commencé vers 15 ans, on faisait du grunge avec un très bon pote qui voulait ajouter une touche féminine à sa musique. Ensuite, j'ai eu plusieurs groupes qui m'ont permis de prendre de l'expérience à tous niveaux.

« J'ai aussi étudié pas mal de styles différents, notamment le jazz pour avoir un bagage théorique qui me permet de comprendre la langue de la musique. »

Après un voyage de 6 mois en Inde, je suis tombée amoureuse de la musique du nord de ce pays ce qui m'a poussé à l'étudier au conservatoire de Rotterdam. Ensuite, je suis revenue à mon amour de toujours, le rock.

C’était comment la naissance et les débuts de Black Mirrors
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Au début, je voulais créer un groupe essentiellement féminin. Il m'arrivait de jammer avec des amies et je trouvais qu'il y avait quelque chose de très intuitif dans notre manière de jouer ensemble. Malheureusement, on ne trouvait pas de guitariste qui convenait vraiment à ce qu'on cherchait. A cette époque, je faisais des backing vocals dans un autre groupe dans lequel jouait Pierre. En plus d'avoir un paquet d'influences en commun, j'adorais sa manière de concevoir et d'écrire la musique. Du coup, je lui ai proposé de venir jammer avec les filles et moi.
Quelques mois et jams plus tard, je ressentais l'envie d'aller plus loin, de structurer nos jams, de créer de vrais morceaux et d'enregistrer un EP. La bassiste et la batteuse avait d'autres plans en tête. Du coup, nous avons, Pierre et moi, choisi de continuer l'aventure à deux accompagnés d'autres musiciens. Ensemble, nous avons bossé sur un premier E.P et Black Mirrors
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est né!

As-tu un·e mentor ? Quelqu’un·e qui t’inspire ?
Depuis mon plus jeune âge, je suis inspirée par Jim Morrison. Mais dire que c'est mon mentor est un peu exagéré. J'aime surtout le mysticisme qu'il incarnait sur scène et ses textes. Au niveau de l'écriture, il m'a beaucoup inspiré.

« J'essaye toujours de créer des textes très imagés. Comme si, en lisant le texte, on regardait un film avec des suggestions de plans, de décors, etc. mais le scénario est imaginé par le lecteur. »

Je ne devrais pas poser ce genre de questions mais, en tant que femme artiste, te sens-tu légitime, respectée et considérée au même titre qu’un homme artiste?
Oui mais c'est parce que j'ai choisi de ne pas bosser avec des cons (rires)! Si on veut se
faire respecter, il faut s'affirmer et bosser comme un·e acharné·e.

« Qu'on soit un homme ou une femme, c'est pareil. Après, il m'est déjà arrivé qu'un promoteur me prenne pour la nana d'un des membres du groupe en arrivant dans une salle de concert. »

Niveau préjugés, certaines personnes ont encore un peu du chemin à faire.

Vous avez fait une session studio, il y a quelques jours. Comment cela s’est-il passé ?
Super bien! Nous travaillons depuis quelques mois avec Alain Johannes. Un incroyable musicien, surement le plus talentueux que je connaisse! Il a notamment bosser avec des
groupes comme Queens Of The Stone Age
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, Artic Monkeys, Chris Cornell
Chris Cornell
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, Them Crooked Vultures
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, Brody Dalle
Brody Dalle
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, Mark Lanegan
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, etc.
Evidemment, vu les conditions actuelles, nous ne pouvions pas nous déplacer jusqu'à Los
Angeles. Du coup, nous sommes restés en Belgique et on a travaillé sur nos nouveaux morceaux avec Alain à distance.



Fin 2020, le groupe a subi un gros changement de line-up. Tout est-il ok maintenant ?
Est-ce que la cohésion et la dynamique de groupe est présente ?

Oui, depuis le début de Black Mirrors
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, nous avons eu pas mal de changements de line-up. Pierre et moi avons toujours su retomber sur nos pattes. Nous avons continué d'écrire ensemble, comme nous le faisons depuis toujours.

« A présent, nous avons enfin trouver les personnes dont Black Mirrors
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a besoin. Pedro, Yan et André sont des musiciens de dingue et nous avons une chouette connexion ensemble. »


Je suis super impatiente de pouvoir remonter sur scène avec eux. Ça va envoyer du lourd!

Être signé chez Napalm Records, c’est pas rien, quand même !?
Pour un groupe wallon, on était assez étonné et hyper content de recevoir une proposition d'un label si important. Et c'est vrai que signer chez eux nous a apporté une visibilité internationale qui n'est pas à négliger.

Comment tu gères ta notoriété grandissante ?
Je t'avoue que je ne m'en rends pas trop compte, c'est un peu irréel tout ça! Surtout qu'en ce moment, comme toutes les salles sont à l'arrêt, on ne voit pas spécialement l'impact que l'on a sur notre public. Mais pour être tout à fait honnête, ce qui m'importe pour l'instant c'est d'évoluer en tant qu'artiste. Je travaille ma voix, j'écris, je compose.

Quel regard portes-tu sur ta musique, ton groupe, ta voix ? Es-tu (trop) critique par
rapport à cela ou pas du tout ?

Je suis très perfectionniste quand il s'agit de ma voix, parfois même un peu trop. Je suis d'ailleurs suivie par un coach vocal, David Féron.

« Avant une session studio ou une tournée, je vais me préparer un max pour pouvoir me lâcher complètement sans penser à ma technique mais plutôt apporter de l'émotion intense à la musique. »

Pour être dans l'instant présent quand je me retrouve face à mon micro.

Tes coups de cœur musicaux belges ?
Brutus
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, sans hésitation! La voix de Stéphanie est incroyable, elle a une façon de chanter qui est hyper chargée en émotion.



#supportyourlocalscene, ça évoque quoi chez toi?
Cela me parait important car la Belgique regorge d'artistes. Cela me fait penser que nous avons la chance, en Wallonie, d'avoir une radio comme Classic 21 qui supporte la scène locale et permet aux artistes émergents de passer à la radio et de gagner en visibilité.

La chanson ou l’artiste que tu aimes écouter mais qui est un peu ringard et que tu vas nous avouer?
Il y en a un paquet! Mais j'ai un petit faible pour « Total Eclipse Of The Heart » de Bonnie Tyler.

Qu’aimes-tu, en dehors de la musique ?
J'aime me balader dans la nature, cueillir des plantes médicinales et faire des «potions» maison. J'aime aussi faire mes propres produits cosmétiques. Il y a peu, j'ai d'ailleurs fait une formation en herboristerie pour être sûre de savoir ce que je faisais. Histoire de ne pas m'empoisonner (rires).

Es-tu d’un naturel calme et posée ou plutôt révoltée ?
Plus jeune, j'étais très révoltée mais avec les années, je me suis calmée. Je dirais que je suis une personne assez posée de base mais qui a trouvé dans la musique une manière de dire ce qu'elle a à dire.

« La musique me permet vraiment d'extérioriser mes sentiments, mes frustrations, mes révoltes. En ce moment, ce qui me révolte le plus, c'est le rapport que l'être humain a avec son environnement. »

Nous avons perdu tout lien avec ce qui nous entoure et surtout avec ce qui nous permet d'être en vie : la terre. On saccage tout sur notre passage sans nous soucier des autres espèces vivantes mais aussi des générations futures qui sont les héritiers de nos conneries.

Comment vois-tu ta vie, dans 10 ans ?
Toujours sur scène, un micro à la main. Ou bien dans une petite cabane dans le fin fond d'une forêt, cultivant mes propres aliments.

Vous êtes à l’affiche, notamment, de l’Alcatraz Festival 2021. Vous avez d’autres dates
à annoncer?

Pour l'instant c'est très difficile d'annoncer quoi que ce soit. Nous sommes à l'affiche de quelques festivals cet été mais nous ne savons pas si ils se tiendront. Nous espérons pouvoir revenir sur le devant de la scène fin 2021. Avec peut-être une tournée en novembre et décembre!

Merci!

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AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière ve...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en ju...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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