Interview

ANGEST

« La peur vit en chacun de nous. »


Vendredi 26 juin 2026

Né entre l'Autriche, la Belgique, la France et le Canada, Angest
Angest


Clique pour voir la fiche du groupe
est bien plus qu'un simple projet international de black metal. Avec la sortie de son premier album « Perpetual Anguish », le quatuor explore les multiples visages de la peur à travers une musique sincère, intense et profondément introspective. Rencontre avec un groupe qui transforme la distance en force créative et l'angoisse en identité artistique.

Angest est composé de membres qui font ou ont fait partie des groupes suivants : Lebenssucht
Lebenssucht


Clique pour voir la fiche du groupe
, Cult of Erinyes
Cult of Erinyes


Clique pour voir la fiche du groupe
, Détresse, Einst, Enthroned
Enthroned


Clique pour voir la fiche du groupe
, Goat Torment
Goat Torment


Clique pour voir la fiche du groupe
, Humanitas Error Est
Humanitas Error Est


Clique pour voir la fiche du groupe
, LVTHN
LVTHN


Clique pour voir la fiche du groupe
, Sabathan
Sabathan


Clique pour voir la fiche du groupe
, Thanargonauts, Towering.





Comment et pourquoi former un groupe alors que les quatre membres sont répartis entre l'Autriche, la Belgique, le Canada et la France ?
S.P.: La réponse est plutôt simple, nous avons tous joué dans des groupes ensemble auparavant. Trois de nos membres faisaient partie du groupe Lebenssucht
Lebenssucht


Clique pour voir la fiche du groupe
qui était lui aussi basé dans plusieurs pays, puis deux autres membres forment en partie le groupe Autrichien/Canadien Détresse. Comme tu peux le constater, de nombreux liens solides existaient déjà entre nous, et c'est plaisant de collaborer avec des personnes que l'on connaît et en qui l'on a confiance. Dans ce contexte, les frontières physiques ou la distance ont finalement peu d'importance.

Pourquoi avoir choisi le nom Angest ? Quelle signification lui attribuez-vous ?

S.P.: Angest
Angest


Clique pour voir la fiche du groupe
de la façon que nous l’utilisons est un mot que nous avons créé, dérivé du mot allemand “Angst” (peur) et du mot latin “est” (être). Cela souligne donc l’existence et la reconnaissance de la peur, qui vit en chacun de nous. Apprendre à affronter, accepter et enfin gérer ses propres peurs est ce qui définit ce groupe.
C.S. Une fois la thématique et le nom définis, tout s’est mis en place naturellement et rapidement, aussi bien sur le plan des textes que pour l’imagerie qui entoure le groupe.

Vous êtes tous impliqués dans d'autres formations. Est-ce une richesse ou un frein ?

S.P.: De mon point de vue, c’est les deux. Être impliqué dans d’autres groupes laisse beaucoup de place à l’apport créatif dans le processus d’écriture, ce qui, selon moi, s’entend tout au long de l’album. C’est l’accumulation d’individus donnant le meilleur d’eux-mêmes tout en travaillant à former un paysage sonore fort, identifiable et cohérent. En même temps, bien sûr, chaque projet demande beaucoup de temps, et cela peut parfois représenter un défi. Néanmoins, au final, ce temps et cet engagement en valent largement la peine.
A.V.: Je rejoins S.P. sur l’entièreté de sa réponse. Pour mettre en emphase son propos, je dirais qu’ayant presque toujours eu plusieurs groupes / projets en parallèle m’a permis et me permet encore de m’exprimer de différentes manières. Frapper avec des intentions, intensités et contextes différents. Chaque groupe est une entité à part entière qui développe son âme propre et émotionnellement comme artistiquement, ce sont, à chaque fois, des voyages uniques. Je pense qu’on évolue mieux en tant que musicien lorsqu’on pratique cet art avec différents artistes et chaque projet auquel on participe, profite de cette expérience grandissante. Certes, l’emploi du temps devient parfois complexe, mais avec un peu d’astuce, il y a toujours moyen de jongler avec les dates.

Comment se déroule concrètement le processus de composition à distance ?
S.P.: Nous avons choisi une méthode de composition semie à distance pour Angest
Angest


Clique pour voir la fiche du groupe
. B.F. et moi avons composé et enregistré les guitares ensemble lors de deux sessions séparées chez moi en Autriche, après A.V. a composé et enregistré les batteries en Belgique, puis la basse et les voix ont été ajoutées en dernier.
Cela demande beaucoup de discipline et de structure, mais nous avons la chance de pouvoir tout enregistrer nous-mêmes, ce qui facilite l’ensemble du processus.



Pouvez-vous nous présenter votre premier album « Perpetual Anguish » ? Comment s'est déroulée sa conception et quels thèmes y abordez-vous ?
S.P.: Angest
Angest


Clique pour voir la fiche du groupe
et bien sûr notre premier album “Perpetual Anguish”, comme mentionné précédemment, tirent leur principale inspiration des peurs auxquelles chaque être humain est tôt ou tard confronté au cours de sa vie. Les morceaux décrivent différents aspects de la peur et à quel point celle-ci peut parfois sembler écrasante. “Thick, Black Tar”, le titre qui a été dévoilé en avant-première, met en lumière une existence accablée par la peur jour et nuit, où la flamme autrefois brillante est désormais ensevelie derrière une muraille de pierre infranchissable. Tous les efforts autrefois entrepris semblent désormais lointains et vains, vous laissant submergé dans une épaisse matière noire, semblable à du goudron.

En quoi Angest
Angest


Clique pour voir la fiche du groupe
se distingue-t-il des autres formations black metal ?

S.P.: Dans la scène musicale actuelle, avec des équipements d’enregistrement accessibles à tous à faible coût et des possibilités de création plus riches que jamais, il devient de plus en plus difficile de se distinguer des autres groupes de black metal. Par conséquent, presque chaque nouvelle production musicale porte des influences de groupes existants, cela est inévitable. Nous essayons néanmoins de façonner notre propre son plutôt que de reproduire ce qui a déjà été fait. Pour moi, l’essentiel est de créer une musique qui se veut sincère, et qui, espérons-le, sera ainsi facilement identifiable et distincte des autres groupes.
A.V.: Pour ma part, je pense que même si la scène est saturée de groupes, chacun d’entre-eux devrait pouvoir offrir un espace musical où se diffusent les émotions et les pensées de l’auditeur de manière unique, vibrantes sur les mélodies ,les atmosphères ainsi que la débauche d’énergie émise par les musiciens.C’est une question d’affinités et de goûts propres à chacun, bien-sûr, cependant, j’espère que cet album procurera autant de sensations à ceux qui l’écoutent qu’il nous en a procuré en le composant.

Envisagez-vous de faire de la scène ?
S.P.: Oui, nous visons à jouer en live à l’avenir, si l’opportunité se présente. Nous ne ressentons pas le besoin de jouer le plus souvent possible avec ce projet, notamment en raison du fait que nous sommes tous impliqués dans d’autres groupes et de la distance physique évidente entre nous. Cela dit, nous restons tout à fait ouverts aux propositions de concerts et, si elles correspondent à notre vision du groupe, nous serions heureux de nous produire sur scène.
C.S. Bien que je sois originaire du Québec, je vis maintenant en Europe, rendant l’idée de jouer des concerts avec Angest en Europe un peu plus réaliste.

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

S.P.: Au cours des prochains mois, nous allons bien sûr consacrer du temps à faire connaître notre premier album. Heureusement, nous avons trouvé un partenaire solide pour cela avec Vendetta Records , un label avec lequel moi et C.S. avons déjà travaillé dans le cadre de notre autre projet Détresse.



Quel album de black metal considérez-vous comme indispensable et pourquoi ?
S.P.: Si je devais citer un album spontanément, ce serait Nemesis Divina de Satyricon
Satyricon


Clique pour voir la fiche du groupe
. Pour moi, cet album a contribué à façonner le son du black metal d’aujourd’hui. Bien sûr, il s’agit d’une perspective très personnelle et limitée, et je suis conscient que ce n’est peut-être pas le cas pour d’autres personnes.
C.S.: Pour ma part, je crois que je dirais “Fier Hérétique” de Monarque, pour le rôle qui a joué pour moi. Ce n’est peut-être pas une pièce d’anthologie comme d’autres pourraient nommer, mais d’un point de vue personnel, ce fut un point tournant pour moi et qui m’a fait développer un vif attachement au black metal et plus particulièrement à la scène québécoise.
A.V.: En ce qui me concerne, limiter le choix à un seul album ne serait pas rendre justice à la multiplicité des influences qui parsèment mon parcours. Je pourrais en citer un pour une raison particulière qui serait tout aussi important qu’un autre pour une raison sûrement différente mais tout aussi chère à mon cœur. Donc, je préfère te donner une réponse qui élude la question (rires).

Quel groupe récent vous enthousiasme particulièrement ?
S.P.: Pour moi, il existe encore beaucoup de bonnes nouvelles productions musicales, donc il est difficile de réduire cela à un seul exemple. Je pense personnellement que nos collègues de label, Ultha
Ultha


Clique pour voir la fiche du groupe
, font un excellent travail en apportant de nouveaux éléments au paysage sonore du black metal, tout en conservant leur identité très spécifique.
C.S.: Un groupe que j’affectionne tout particulièrement ces jours-ci est Decline of the I
Decline of the I


Clique pour voir la fiche du groupe
. C’est un excellent groupe français qui gagne à se faire connaître. C’est poignant, énergique et très rafraîchissant. J’apprécie particulièrement les thématiques véhiculées et la recherche qu’il y a derrière.
A.V.: Etant donné que je me complais dans une multitude de styles musicaux et que récemment j’ai écouté en boucle plusieurs de ses chansons, je dirais Chris Gebauer. C’est un ancien membre de Lebenssucht
Lebenssucht


Clique pour voir la fiche du groupe
qui a plusieurs projets dont son projet solo, portant tout simplement son nom. Ce n’est pas vraiment du metal, même si on y entend clairement des incursions ; c’est multi-style, inspirant et introspectif. Je précise que je ne cherche pas à promouvoir bêtement un ami, mais plutôt partager un authentique engouement pour sa musique qui vaut définitivement le temps d’y consacrer une oreille attentive.

Pour conclure, quel message aimeriez-vous adresser aux lecteurs de Shoot Me Again et aux personnes qui découvriront Angest
Angest


Clique pour voir la fiche du groupe
à travers cette interview ?

S.P.: Essayer de ne pas se cacher derrière nos peurs, les affronter de la manière la plus frontale possible et, même si l’on ne parvient pas à les surmonter, apprendre à vivre avec elles, à les contrôler et à en faire une part de notre identité.
Un grand merci de nous avoir donné l’opportunité de partager certaines de nos réflexions sous la forme de cette interview.

TU AS AIME ? PARTAGE !
Google +
Twitter
Facebook
Whatsapp
E-mail
E-mail
Google +
Twitter
Facebook
AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière ve...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en ju...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

► COMMENTAIRES

Tu dois être connecté pour pouvoir commenter !

Soit en deux clics via Facebook :

image

Soit via l'inscription classique (mais efficace) :

image

► A VOIR ENSUITE