Reportage

South of Heaven 2026 - Jour 2 : La fin d'une génération dorée

Maastricht (South Of Heaven Festival), le 06-06-2026

Vendredi 19 juin 2026



Même si la Belgique est considérée comme la terre des festivals en Europe, certains autres pays ne sont pas à plaindre. C’est le cas, par exemple, de notre voisin les Pays-Bas ! Entre les innombrables festivals d’Electro et ceux aux affiches généralistes et éclectiques, on retrouve également tout un tas d’évènements spécialisés dans les musiques extrêmes. Dans le lot, on peut citer le Dynamo Metal Fest, le Roadburn, le Pitfest, l’Into The Grave, le Jera on Air, l’Eindhoven Metal Meeting, le Revolution Calling, le Stonehenge Festival, le Pelagic Fest et j’en passe et des meilleurs. Comme vous le voyez, il y a le choix et comme si ce n’était déjà pas assez, on peut ajouter dans cette longue liste non exhaustive, les nouveaux venus du South of Heaven.

Organisé pour la première fois l’année dernière (vous pouvez d’ailleurs retrouver nos reports juste ICI), le festival maastrichtois a directement marqué de son empreinte le paysage des évènements estivaux grâce à une affiche ultra solide pour une première édition (Meshuggah, In Flames, Carcass, Accept) et une organisation professionnelle digne des grosses pointures. Avec un démarrage pareil, les attentes pour l’édition 2026 étaient très hautes et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’orga n’a clairement pas déçu ! Avec des têtes d’affiche comme Megadeth
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et des seconds couteaux de luxe comme Anthrax
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et les frères Cavalera, le line up est une nouvelle fois impressionnant et regorge de noms culte ayant façonné les goûts musicaux de nombreux metalleux.



Toujours implanté sur l’espace herbacé du Gashouder, le site du festival reprend, à quelques exceptions près, la même disposition que l’année dernière avec comme unique changement majeur, la délocalisation de la scène secondaire. Cette dernière, initialement en intérieur, quitte la lointaine salle de la Muziekgieterij pour être placée dans un petit chapiteau au milieu du site et permet, ainsi, d’alterner plus facilement entre les scènes (en même temps, faut bien avouer que se déplacer un peu plus loin dans la ville, après la fin de tous les concerts sur site, n’était peut-être pas la meilleure des idées). Quoi qu’il en soit, le festival semble avoir appris de ses erreurs et nous promettait, sur le papier, une deuxième édition de 3 jours encore plus ambitieuse que la première. Après une soirée du vendredi que j’ai volontairement évitée, mettant à l’honneur tout le gratin du Power Metal pouet pouet (Alestorm
Alestorm


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et Gloryhammer
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), plongeons sans plus attendre dans la véritable première journée de ce South of Heaven 2026.

Nephylim – Main Stage | (11h40 – 12h20)



A l’image de l’année dernière où mon arrivée sur le site avait été retardée par des problèmes à l’entrée, mon South of Heaven 2026 commence, cette fois-ci, avec un peu de retard au niveau de l’ouverture des portes. Bien qu’annoncée à 11h, c’est finalement 15 minutes plus tard que les premiers festivaliers passent la sécurité et déboulent en direction de la scène principale. Ce petit contretemps, bien que mineur en apparence, m’a rappelé le bordel de l’édition précédente où une grande partie des spectateurs avaient loupé le début des hostilités. Fort heureusement, les équipes de bénévoles ont montré qu’elles étaient efficaces et tout le monde a pu entrer avant le lancement des premiers décibels.

Placés en opener de cette journée, les Néerlandais de Nephylim
Nephylim


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jouent à la maison et comptent bien nous annihiler avec leur Death Metal Mélodique, voire progressif sur les bords. Comme le veut le genre, les mélodies sont au centre des compositions et témoignent d’une certaine appétence pour les hymnes guerriers (musicalement, je dirais même qu’on est quelque part entre du Amon Amarth et du Omnium Gatherum). Que ce soit sur « Withered » ou « Fractured Existence », je m’imagine facilement partir vers un champ de bataille médiéval, épée et bouclier en main. D’ailleurs, je suis loin d’être le seul à avoir des pensées belliqueuses, car le public est déjà motivé dans la fosse et multiplie les circle pits. Après un « Inner Paradigme » sympathique et un « Grand Denial » envoûtant (durant lequel nous verrons le premier wall of death de la journée), Nephylim
Nephylim


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en a fini pour aujourd’hui et repart avec les félicitations des festivaliers. Pour ma part, j’ai passé un assez bon moment, même si je trouve que les guitares auraient pu être mises un peu plus en avant. En somme, une bonne découverte live qui lance comme il se doit les festivités.

Severe Torture – Main Stage | (13h00 – 13h45)



Après une petite pause durant laquelle j’ai pu faire un tour du propriétaire, je retourne me placer devant la Mainstage pour le deuxième groupe local de la journée : Severe Torture
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. Formation culte de la scène Brutal Death Metal néerlandaise, elle a marqué le début des années 2000 avec plusieurs albums fortement appréciés par les fans comme Feasting on Blood (2000) et Misanthropic Carnage (2002). Après un silence discographique de presque 14 ans durant la décennie suivante, le groupe est revenu en 2024 avec son sixième album Torn From the Jaws of Death et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont rien perdu ! D’ailleurs, c’est par le titre d’ouverture de cet album, « The Death of Everything », que débute le concert du jour.

Brutal et suintant les cadavres en décomposition, la setlist nous fait voyager dans les morgues les plus morbides et les cimetières les plus sordides que vous n’aillez jamais vu. Cette violence auditive et lyrique contraste totalement avec l’attitude des musiciens, dont on peut remarquer l’émotion de voir autant de monde devant la scène. Bien évidemment, face à tant de blast, les fans n’ont pas arrêté de tourner en rond durant l’entièreté du set et se seront même empoignés vigoureusement lors des quelques passages Slam parsemés ici et là. En tout cas, bien que je ne sois pas friand de leur musique à la base, je dois bien reconnaître que les 45 minutes qui leur étaient allouées sont passées extrêmement vite. C’est finalement sur « Hands and Head Not Found » que Severe Torture
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refermera notre cercueil une bonne fois pour toute, sans nous avoir laissé une seule seconde de répit. Très franchement, c’était chouette et à revoir si l’occasion se présente.

Hellripper – Main Stage | (14h30 – 15h15)



Bien qu’il se présente comme un festival Metal généraliste et non spécialisé, je remarque quand même que le South of Heaven a un attrait particulier pour les scènes Death et Thrash Metal. Le Black quant à lui, est presque totalement absent depuis le début et n’est représenté que par des groupes le distillant frénétiquement à du Speed Metal. Après avoir accueilli les gugusses de Midnight l’année dernière, faisons place maintenant au plus Écossais des Écossais, j’ai nommé : Hellripper
Hellripper


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. Projet solo de James McBain, il se métamorphose en quatuor lorsqu’il s’agit du live. Tournant sans relâche depuis plusieurs années, le groupe est là pour nous présenter son nouvel album, Coronach (2026), paru quelques mois auparavant et que j’ai particulièrement apprécié.

Avec son accent bien écossais, James commence le concert en hurlant « All Hail the Goat » qui annonce dans la foulée la chanson du même nom. Directement, on se prend en pleine poire des riffs hyper furieux rappelant autant Venom que Motörhead et des vocalises démoniaques qui donnent envie de participer à des rituels occultes. Même si James attire tous les regards avec son charisme naturel, j’ai également été happé par le batteur (Max Southall) qui extermine ses futs comme un acharné. Content d’avoir pu entendre les morceaux « Kinchyle (Goatkraft and Granite) » et « Hunderprest » provenant du dernier album, même si un petit « Blakk Satanik Fvkkstorm » n’aurait pas été de trop. Alors que le public est comblé depuis le début, le groupe nous demande si on est encore chaud pour une chanson de 2 minutes. Sans surprise, la réponse est positive et c’est ainsi qu’Hellripper
Hellripper


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terminera avec « Bastard of Hades » son magnifique set. Intense et fichtrement addictif, ce concert figure sans sourciller dans les meilleurs de la journée.

Haywire – Fons Stage | (15h15 – 16h00)



Comme je le disais dans l’introduction, il y a cette année une scène secondaire qui propose chaque jour, trois petits groupes locaux ou frontaliers. La programmation de ce samedi a été confiée à Hell on Sphinx, une organisation connue pour ses concerts de Hardcore dans la région. Du coup, comme on pouvait s’y attendre, la Fons Stage va avoir des airs d’Ieperfest avec pour commencer les Allemands d’Haywire
Haywire


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. Originaire de la Rhénanie du Nord-Westphalie, la formation a quand même un peu de Belgique en elle grâce à sa chanteuse Manon, ancienne membre de notre rédaction (merci Panda pour l’info), et que je vais découvrir sur scène pour la première fois. C’est sous un chapiteau blindé que les musiciens arrivent devant nous et lancent les hostilités sans aucune retenue.

A ma grande surprise, les Hardcore kids de la ville sont de sortie et animent le pit à grand coup de spinkicks et autres joyeusetés violentes. Comme je pouvais m’y attendre, c’est le bordel dès le début et les breaks pleuvent dans tous les sens. Aiguisé au possible, le Metallic Hardcore de Haywire
Haywire


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ne fait aucune concession et va à l’essentiel grâce à des parpaings envoyés à la tronche des premiers rangs. Ces projectiles musicaux sont, d’ailleurs, bien aidés par les hurlements de Manon qui ajoutent un côté primitif à la performance. Après nous avoir remercié à de nombreuses reprises, notre frontwoman préférée va demander s’il y a des ninjas dans l’auditoire. Ces derniers, visibles depuis le début, vont alors enchaîner les cabrioles dans la fosse pour le plus grand plaisir des Allemands. C’est finalement après un « Born of Rotten Earth » et un « Struggler » dévastateur que se termine ce merveilleux pugilat. Une grosse claque Hardcore qui fait du bien, avant de repartir dans des sonorités plus old school.

Dismember – Main Stage | (16h05 – 17h00)



Vous aimez le Death Metal suédois des années 90 et vous avez toujours préféré sa version crasseuse à la HM-2, plutôt que celle mélodique de Göteborg. Ça tombe bien, car les prochains à monter sur scène ne sont ni plus ni moins que les légendes de Dismember
Dismember


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. Formé en 1988, le groupe a aidé (avec Entombed, Grave et Unleashed) à populariser le genre en Europe grâce à des albums devenus cultes. Pourtant, malgré ce statut légitime, je n’ai jamais réussi à m’enjailler sur leur musique. Vous pouvez m’insulter d’hérétique, mais si vous avez l’habitude de me lire, vous savez que j’ai du mal avec les vieilles formations de Death Metal. Après avoir croisé le chemin de Cannibal Corpse, Carcass et Morbid AngI Am Morbid pardon, il est temps pour moi de donner une nouvelle chance à un autre acteur majeur de la scène.

Une fois 16h05 arrivé, on est parti pour presque une heure de déflagration de violence poisseuse et glaciale. La première chose qui m’a marqué est le son reconnaissable à 10 km de la pédale HM-2. Ça grince comme une tronçonneuse rouillée et ça donne un côté caverneux à des riffs monolithiques. Après un « Soon to Be Dead » et un « Fleshless » qui ont réveillé les instincts primaires de beaucoup d’entre nous, le concert sera stoppé durant quelques minutes pendant « Casket Garden », afin de venir en aide à un fan s’étant blessé dans la fosse. Porté par un Matti Kärki (chant) en mode patron, le set déroule devant nous, tel un bulldozer au frein cassé. C’est brut, lourd et même par moments, mélodique. Pour autant, je n’accroche pas à la prestation qui semble bien trop répétitive à mon goût. Bien évidemment, je sais que mon ressenti traduit surtout un manque de connaissance de ma part, mais au moins, le reste du public semble totalement épris par ce show rouleau-compresseur. Après avoir démembrer les neurones de l’ensemble des festivaliers, Dismember
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clôturera son set par « Life – Another Shape of Sorrow » et ses errances à la Bolt Thrower. Au final, c’était moins pire que ce que je pensais, mais je ne suis toujours pas le public cible.

Boneripper – Fons Stage | (17h05 – 17h45)



Alors que les premières gouttes de pluie de la journée nous tombent dessus, je me faufile au sein de la minuscule Fons Stage pour le set de Boneripper
Boneripper


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. Le groupe néerlandais, fondé en 2022 à la suite de la dissolution de Manu Armata, nous propose un Metallic Hardcore aux sonorités old school. On est donc bien loin du Beatdown Hardcore qu’ils jouaient avec le projet précédent et cela permet aux musiciens d’un peu varier leur répertoire. Dès le départ, la formation est accueillie chaleureusement par une foule qui ne demande qu’à en découdre. J’ai à peine le temps de m’étirer légèrement que les premiers coups sont donnés dans le pit.

Ne connaissant absolument rien à leur discographie, je découvre les morceaux les uns après les autres et la première comparaison qui vient en tête est Do or Die. Ce mélange de riff métallique, de rythmique Hardcore et de chant éraillé, est la synthèse parfaite de ce qu’on pouvait retrouver au début des années 2000. Au fur et à mesure du concert, Boneripper
Boneripper


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nous explique qu’il va sortir un nouvel album fin du mois et pour le présenter, il va nous jouer plusieurs extraits comme « State of Mind » ou encore « Damnation ». L’ensemble est plutôt sympathique, même si je trouve que le groupe manque cruellement d’originalité. En somme, ça a fait le café pendant le temps que ça a duré, mais je n’en retiendrais malheureusement pas grand-chose.

Anthrax – Main Stage | (17h45 – 18h45)



Aussi surprenant que ça puisse paraître, je n’avais jamais vu un seul groupe du Big 4 en live avant ce samedi 6 juin. En même temps, ayant été biberonné aux générations Nu Metal puis Metalcore, la scène Thrash Metal des années 80 avait de quoi me laisser de marbre. Néanmoins, avec le temps, j’ai appris à découvrir ces vieux groupes, même s’ils n’ont, pour autant, jamais réussi à totalement me transcender. Sachant que la fin arrive bientôt pour la plupart d’entre eux, je me suis dit que c’était le moment ou jamais de voir ce que ça donnait en concert. Du coup, à l’image d’un rite initiatique, je commence ma découverte live de ces mastodontes par le « moins connu » de la bande : Anthrax
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. Formé en 1981, je ne pense pas avoir besoin de vous faire une présentation complète de la formation, tellement elle a marqué et influencé une grande partie de la scène (puis qu’on se le dise, vous devez sans doute en savoir plus que moi sur le sujet). C’est donc en touriste curieux que je me place devant la Mainstage qui est remplie de monde !

Histoire de directement mettre tout le monde d’accord, les Américains ouvrent leur set par la classique « Among the Living » qui récolte une flopée de réactions positives. Malgré ses 65 ans, Joey Belladonna (chant) est en grande forme et enchaîne ses parties comme si le temps n’avait pas d’action sur lui. Le tempo, bien que déjà rapide, va s’accélérer sur le morceau suivant, « Got the Time », qui illustre une facette bien plus Punk de leur discographie. Après un « Madhouse » que tout le monde s’est empressé de scander en cœur, le groupe va demander à ce qu’il y ait plus de mouvement dans le pit pour « Caught in a Mosh ». Jusqu’à présent, je passe un assez bon moment, même si j’ai l’impression que certaines chansons sont tirées en longueur. Cependant, l’effervescence collective de la foule m’aide grandement à oublier ces quelques petits désagréments. Le concert se poursuit avec « Keep It in the Family », avant que Joey nous demande si on aime le Thrash Metal. Bien évidemment, la réponse est positive. Du coup, Anthrax
Anthrax


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nous balance le nouveau titre « It’s For the Kids » que j’ai trouvé vraiment très bon. La fin de la performance sera ponctuée par l’indémodable reprise de « Antisocial » de Trust et le tube « Indians ». Voulant être bien placé pour le groupe suivant, je partirais malheureusement avant la fin, mais quoi qu’il en soit, je sors de ce concert en me disant qu’il a largement dépassé mes attentes.

Becoming A.D. – Fons Stage | (18h45 – 19h30)



J’en parle relativement souvent dans ces pages, mais je trouve que la scène belge arrive de plus en plus à bien s’exporter à l’international. Longtemps portée par les formations à la musique lourde et introspective, la Belgique revient sur le devant de la scène, ces dernières années, avec ses groupes de Hardcore. Justement, en parlant de ça, les derniers à fouler la Fons Stage aujourd’hui sont les Campinois de Becoming A.D.
Becoming A.D.


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. Mélangeant sans aucune subtilité la violence du Hardcore et les riffs tranchants du Thrash Metal, la formation a pour objectif de ne pas nous laisser partir en un seul morceau. A l’instar des deux autres concerts, le public est, dès le départ, en feu et multiplie les side to side, afin de montrer que oui, ça va être la bagarre.

Catégorisée comme du Metallic Hardcore, la musique du groupe me fait penser, par moments, à Guilt Trip, notamment avec ces nombreux pinch harmonics et le vrombissement intempestif des guitares. Néanmoins, Becoming A.D.
Becoming A.D.


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arrive à se démarquer de cette comparaison foireuse grâce à un chant plus grave, proche de la tessiture employée habituellement dans le Beatdown Hardcore. Alors que les chansons s’enchaînent comme des petits pains, les fans deviennent de plus en plus violents dans la fosse, ce qui amènera quelques personnes à presque en venir aux mains. En même temps, entre des jeunes voulant montrer de quoi ils sont capables et des vieux voulant prouver qu’ils sont encore dans le coup, ça ne pouvait mener qu’à des comportements débiles. Bref, après ce passage douteux, les Belges continuent de nous assiéger avec leurs breakdowns assassins et nous feront même l’honneur d’exécuter une cover de « The Evil Beat » de Power Trip. Après un peu plus de 40 minutes soutenues, le concert se termine comme il a commencé, c’est-à-dire à grand coup de coup de poing envoyé dans la tronche. C’était génial et j’ai déjà hâte de les revoir une prochaine fois.

Sepultura – Main Stage | (19h45 – 20h45)



Ces dernières années, plusieurs formations ont décidé de raccrocher les bottes alors qu’elles étaient encore loin d’avoir dépassé la date de péremption. Je pense à Orange Goblin, Sum 41, Stray From The Path ou encore Slayer (mdr) qui ont organisé des tournées d’adieux, alors que rien ne laissait entendre que c’était la fin. Dans cette liste, on peut ajouter, cette année, les patrons brésiliens de Sepultura
Sepultura


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. Fin 2023, ces derniers ont annoncé embarquer dans une dernière tournée s’étalant sur presque 3 ans et devant se terminer en novembre 2026. Sans surprise, les natifs de Belo Horizonte n’allaient pas passer à côté d’un dernier tour des festivals européens, marquant en même temps, leurs dernières dates sur notre continent. Avec cette information en tête, vous imaginez bien que c’est un doux euphémisme que de dire qu’ils étaient attendus. Le parterre dégueule de partout et tout le monde attend avec impatience de pouvoir profiter des innombrables classiques qui composent leur discographie.

Prévu initialement sur les coups de 19h30, le concert commence finalement 15 minutes plus tard par la destructrice « Inner Self » qui assomme d’un coup sec les premiers rangs. Alors qu’ils avaient annoncé vouloir exclusivement jouer des morceaux post-Roots (si je ne dis pas de bêtises), la setlist va plutôt faire l’inverse et se concentrer majoritairement sur les albums Chaos A.D. (1993) et Roots (1996) justement… Néanmoins, avant d’en arriver là, Sepultura préfère démarrer tranquillement en première en nous enchaînant des chansons plutôt surprenantes ! Si « Kairos » et « Attitude » font le taf, je ne peux pas dire que « All Souls Rising » et surtout « The Place » en font de même. Provenant du nouvel EP, The Cloud of Unknowing (2026), ces deux morceaux n’ont intéressé absolument personne et l’ambiance, qui était au beau fixe depuis le début, s’est complétement ramollie lors de leur interprétation. Heureusement, après ce passage ennuyant au possible, le groupe actionne le mode fan service en nous jouant les classiques « Refuse/Resist », « Arise » et « Ratamahatta ». Cette partie, vraiment géniale, a été sublimée par des musiciens se donnant totalement à fond. Bien évidemment, le show a pris fin sur la cultissime « Roots Bloody Roots » qui a mis un sacré bordel sur la plaine du Gashouder, comme vous pouvez l’imaginer. Au final, malgré une première partie de concert un peu décevante, Sepultura
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nous aura gâté en mettant le paquet et en jouant ce que les fans attendaient. Obrigado !

Megadeth – Main Stage | (21h35 – 22h55)



Alors que tous les spectateurs s’amassent calmement devant la scène, les nuages noirs et la pluie ont décidé de pointer leur bout du nez et de nous arroser comme il se doit. Deuxième festival que je fais cette année et c’est déjà la deuxième fois que je me prends une drache sur la tronche pendant la tête d’affiche… Je vais commencer à croire que je porte la poisse. Bref ! Ce concert de Megadeth
Megadeth


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est en quelque sorte un évènement spécial pour des raisons rappelant celles de Sepultura
Sepultura


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. En effet, fin de l’année dernière, le groupe annonce partir en tournée d’adieux pour une durée de 3 à 5 ans. Dave Mustaine, souffrant de la contracture de Dupuytren (une maladie de la main), s’est rendu compte qu’il ne pourrait plus joué longtemps et a décidé de mettre fin à son projet le plus précieux. Une annonce inattendue qui a marqué bon nombre de fans. Même si la performance du jour est donc loin d’être leur dernière, je l’appréhende, pour ma part, un peu comme telle, car je sais que je n’aurais peut être pas l’occasion de les revoir d’ici là.

Sur les coups de 21h35, les lumières s’éteignent et les musiciens arrivent les uns après les autres face à nous, sous une pluie d’applaudissements. Pendant un peu plus d’1h20, Megadeth
Megadeth


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va nous faire voyager à travers une grande partie de son immense catalogue avec comme premier arrêt marquant : « Hangar 18 ». Les solos partent dans tous les sens et mettent bien en avant le nouveau venu, Teemu Mäntysaari (guitare), qui gère absolument tout ce qu’il entreprend. Bien que discret depuis le début du concert, Dave prendra la parole à plusieurs reprises pour nous remercier d’être là. Seulement, ce dernier semble perdu lors de la plupart de ses interactions et marmonne des phrases qui sont souvent difficiles à comprendre. En plus de ces moments inquiétants, je remarque qu’il peine à jouer certains passages et son jeu de guitare semble lui faire du mal. La scène est un peu triste et amènera le groupe à faire des micro-pauses à de nombreuses reprises.

Pour ce qui est de la setlist, on reste dans du classique avec « Take No Prisoners », « Skin O’ My Teeth » ou encore « This Was My Life », même si nous avons aussi droit à quelques extraits du dernier album (« I Don’t Care » et « Tipping Point »). Juste avant d’interpréter « Let There Be Shred », Dave nous demandera si il y a des guitaristes dans l’audience et je suis assez surpris de voir le nombre de shredder au kilomètre carré. Après une bonne heure de show, la formation terminera son set par « Peace Sells », avant de revenir avec un rappel composé de l’incroyable « Symphony of Destruction » et de l’efficace « Holy Wars… The Punishment Due ». En somme, malgré un Dave en totale perte de vitesse du à son état, je suis plutôt content d’avoir pu les voir pour la première et sans doute la dernière fois.

Conclusion :

Comme d’hab, afin d’être le plus synthétique possible, je vous propose de revenir rapidement sur les différents points positifs et négatifs qui ont égayé ma journée au South of Heaven.

Positif

+ La butte au fond du festival qui permet toujours de pouvoir un peu respirer et se reposer calmement
+ La taille humaine du festival et la bonne ambiance qui a régné du début à la fin
+ Le site du Gashouder, proche des parkings et facilement accessible
+ L’ajout de la scène secondaire sur le site
+ Le dernier concert qui se termine à 23h, c’est bête, mais ça enlève un peu de fatigue

Négatif

- Le prix de la nourriture et des boissons qui a encore augmenté, alors que ça avait déjà son petit prix à la base
- La pluie qui aura été un peu chiante juste avant Megadeth
Megadeth


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- Les problèmes techniques avec le cashless… alors que le festival nous avait matraqué avec une communication en amont 100% cashless, voilà que le système plante au milieu de l’après-midi et qu’il devient impossible de payer par carte… ce qui a causé pas mal de fil au bar



Ce live report était le premier d’une longue série abordant les festivals d’été sur Shoot Me Again. Nos prochains rendez-vous ? Le Hellfest, le Jera on Air, Werchter Parklife, l’Alcatraz et sans doute d’autres dates qui viendront se rajouter à la liste. En tout cas, merci de nous avoir lu et on se retrouve d’ici quelques semaines pour de nouvelles aventures.

Remerciements au South of Heaven pour l’accréditation et à Nico pour les photos.
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AUTEUR : Maxime
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sou...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant d...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant déclamer son amour pour les riffs chugs....
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant déclamer son amour pour les riffs chugs....

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