Interview

VEDA

« C’est une formule dans laquelle on a chacun une grande liberté et qui nous convient très bien. »


Jeudi 30 novembre 2023

Demain, sort le nouvel EP de Veda : ''Tales of Botanics and Murder (Part I)''.
Après une pause de 5 ans, le duo bruxellois revient plus motivé et ensorcelé que jamais.
Veda c’est le projet de Dominique Van Cappellen-Waldock (Baby Fire
Baby Fire


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) et Albin Wantier (Des Yeux
Des Yeux


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). Ils nous ouvrent les portes de leur bulle artistique.



Après 5 ans d'absence, c’est le grand retour de Veda. Que s’est-il passé en 2018 ?
Albin : Beaucoup de choses, mais rien qui ne remette le groupe en question. Veda avait commencé les concerts en 2016, après la sortie du premier EP. On a joué en Belgique, en France et aux Pays-Bas. Dont quelques très belles dates avec Jarboe
Jarboe


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, Jozef Van Wissem
Jozef Van Wissem


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et Josephine Foster. Après deux ans, on a mis les concerts de côté, pour enregistrer de nouveaux morceaux. Ça a pris plus de temps que prévu, notamment parce que le COVID est arrivé. Ensuite, j’ai eu un accident de la route qui m’a explosé un poignet et je n’ai plus joué de guitare pendant plus d’un an. Disons que ce break s’est imposé à nous. Ce n’était pas un choix.

Pourquoi avoir repris du service ?
Dominique : Veda nous tenait fort cœur à tous les deux. Personnellement, je n’ai jamais envisagé d’arrêter. Cette longue pause était indépendante de notre volonté.
Albin : L’EP était enregistré depuis plusieurs années déjà. On a pris le temps de soigner les arrangements. Veda est quelque chose de très intense et éprouvant. On a attendu de se sentir à l’aise chacun dans nos vies pour sortir ce nouvel EP et réenvisager des concerts.

Veda a-t-il évolué/grandi ? Je suppose que oui. Dans quel sens ?
Albin : Pas tellement. Quand on a commencé à composer avec Dominique, la connexion s’est opérée immédiatement. Je n’ai jamais ressenti un besoin d’évolution ou de changement. C’est une formule dans laquelle on a chacun une grande liberté et qui nous convient très bien. C’est une musique très brute.
Dominique : Pour être franche, nous avons repris Veda là où nous l’avions laissé. Par contre, il se trouve qu’au fil des ans je me suis mise à ressembler de plus en plus au personnage principal de Veda. Il y a plusieurs années de ça, afin d’écrire le texte de « Rose Love Spell » qui figurera sur « Tales of Botanics and Murder (Part II) », j’avais compilé des sorts, des recettes pour ensorceler. Depuis, j’ai suivi une formation en wiccanisme donnée par Phyllis Curott, fondatrice du Temple d’Ara à New York. Me voilà à présent apprentie sorcière. De plus, je me passionne pour les plantes sauvages et j’apprends à créer mes propres baumes et remèdes. Sans toutefois chercher à empoisonner. La réalité a donc rattrapé la fiction (sourire).

Comment pouvez-vous décrire le « nouveau » Veda ?
Dominique : Toujours aussi intense et glaçant. J’ai hâte de développer la suite de notre récit.
Albin : Ca reste du songwriting sombre et minimaliste, une musique dans laquelle on injecte énormément d’émotions personnelles. Même après 5 ou 6 ans, j’ai encore des frissons en jouant certains morceaux. C’est très mélancolique évidemment. Je n’ai jamais réussi à composer une musique joyeuse, alors que j’adore la pop.

Avez-vous rapidement retrouvé vos automatismes et votre manière de fonctionner ?
Albin : Les automatismes sont là depuis le premier jour où nous avons joué ensemble. Tout s’est mis en place de manière très naturelle, ce qui en dit long sur la complémentarité de nos univers. En réalité, on n’a pas besoin de jouer beaucoup pour entretenir la flamme. Ça permet de garder une vraie spontanéité.

D’ailleurs, comment fonctionne votre duo ? Qui fait quoi ?
Dominique : Albin compose la musique à la guitare acoustique. Ensuite, je crée les voix et les textes. Quant au visuel, nous avons la chance de pouvoir collaborer avec David Crunelle. Et Albin et moi avons chacun créé un clip.
Albin : Tout s’imbrique naturellement. On a très peu de discussions sur d’éventuels ajustements. On se connait depuis très longtemps, on se respecte énormément. Je n’interviens pas dans les textes de Dominique, et elle a très peu de remarques sur les compositions. Je trouve même un côté presque théâtral dans ce qu’on fait : je plante le décor et Dominique y fait vivre son personnage.

Vous êtes tous les deux actifs dans d’autres groupes. Que représente Veda pour vous ?
Dominique : Veda est le groupe dans lequel j’ai le plus d’espace pour expérimenter avec ma voix. Cela me pousse à me dépasser, à explorer aussi bien les extrêmes dans les aigus que les extrêmes dans les graves.
Albin : Veda s’inscrit dans la continuité de ce que j’ai toujours fait. Les racines sont les mêmes, les émotions sont pareilles. La vraie différence, c’est l’absence de pudeur dans ce qu’on fait. Tous mes autres projets ont toujours été très lourds : je peux me cacher derrière les distorsions et les amplis qui vont à fond. Avec Veda, c’est une vraie mise à nu. J’avoue que c’est assez intimidant.



Votre nouvel EP sort demain, le 1er décembre. Que peut-on déjà en savoir ?
Dominique : En 2017 nous avions publié Preface. En décembre parait « Tales of Botanics and Murder (Part 1) », le premier chapitre de l’histoire de Veda et de son personnage principal, une femme obsédée par l’idée d’avoir un enfant et prête à tout pour y arriver, jusqu’à l’empoisonnement par les plantes lorsque son premier mari s’avèrera impotent.
Albin : L’EP contient 5 chansons, dont un morceau instrumental à la mandoline. On reste dans un registre de chansons mélancoliques. On nous a parfois donné l’étiquette dark folk que je n’aime pas du tout, même si ça permet de se situer. Mais pour moi, la musique folk, c’est lié à un héritage local. En Belgique, la musique folk, c’est « Une belle petite gayole » ou les Gilles de Binche. On n’est pas tellement là-dedans.

Quelles sont vos envies pour la suite ?
Dominique : La suite logique sera l’enregistrement et la diffusion de « Tales of Botanics and Murder (Part II) ».

Des actualités/dates à annoncer ?
Dominique : Nous donnerons un concert privé à Bruxelles le 2 décembre.

Lequel de vous deux est :

Le·la plus motivé·e ?
Dominique : Autant l’un que l’autre, en fait. Cela constitue un de nos nombreux points forts.

Le·la plus rigolo·te ?
Dominique : Albin, avec son humour pince-sans-rire. Je dirais même que c’est un prince sans rire (rires).
Albin : Personne n’est rigolo dans un groupe qui joue de la musique d’enterrement.

Le·la plus ponctuel·le ?
Dominique : Albin.
Albin : Je crois que Dominique est ponctuelle. Mais comme je suis toujours en retard, je ne suis jamais là pour vérifier si elle est à l’heure.

Le·la plus raleur·euse ?
Albin : C’est moi, j’assume complètement. J’ai un caractère de merde, je suis invivable. Mais comme on répète très peu, Dominique ne l’a pas encore remarqué.
Dominique : Nous sommes tous les deux de bonne composition.

Le·la plus gourmand·e ?
Dominique : Moi !
Albin : On est tous les deux épais comme des cure-dents. C’est un bon argument pour les gens qui veulent nous programmer : on ne coûte pas très cher en bouffe.


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AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière ve...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en ju...
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour la presse régionale de la province de Luxembourg, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et événements culturels et musicaux. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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