Interview

COMBICHRIST

''La musique reste un moyen magnifique de se connecter aux gens''


Mercredi 12 août 2026



Vendredi, Combichrist a enflammé la Prison Stage avec un show électronique dansant et sauvage. On a eu la chance d'interviewer son mastermind, Andy LaPlegua, et son musicien Jamie quelques heures avant la messe.

D'abord, comment vous vous sentez à quelques heures à peine de votre premier Alcatraz ?

Andy :
Je suis très content d'être enfin là, ça fait longtemps qu'on attend ce moment. Quand je vois le line-up, j'en suis encore plus excité. On a fait le Graspop plusieurs mais jamais Alcatraz, donc je suis vraiment ravi.

Vous allez jouer dehors, avec un grand soleil. Mais vous êtes aussi habitués à de plus petites salles, et surtout plus sombres. Est-ce-que vous preparez votre show de la même manière à chaque fois ?

Andy :
En fait, c'est très différent. On se prépare de la même manière, autant mentalement que physiquement. Mais l'énergie sur scène et la réponse du public est très différente. Tu joues dans une salle, c'est sombre... C'est plus intime, c'est ça la plus grosse différence. T'es plus proche de tes fans. Le feeling est super différent, entre intimité et le côté grandiose d'une mainstage. Je compare souvent ça entre ''faire l'amour'' et ''baiser''. C'est le même acte physique mais on le ressent différemment.

Justement, cette fois, vous attendez quoi du public ?

Andy :
Je n'attends jamais rien d'un public. Je veux juste qu'on donne tout ce qu'on a, et ce qui doit se passer se passera. Si on donne assez d'énergie, c'est vraiment le plus important pour nous.



Et toi personnellement, quand tu es sur scène, tu es la même personne ou tu joues un rôle ?

Andy :
Pas du tout ! En fait, je suis l'opposé je pense. Cela dit, il y a eu des périodes dans ma vie où j'étais cette personne : une tornade, innarêtable. Avec les années, j'ai trouvé la paix en dehors de la scène et c'est parce que j'ai pu me libérer sur scène, justement. Tu ne peux pas être un bordel 24/7 durant toute ta vie. Ou alors, tu peux, mais ta vie sera beaucoup plus courte (rires).

Très récemment, vous avez sorti votre nouvel album, The Venom in the Mouth of God. Pour moi, il m'a semblé très introspectif, très personnel. Est-ce-que c'est ce que vous avez voulu faire ?

Andy :
100%, oui. J'en ai sorti énormément de choses. Je suis à un moment de ma vie où si je choisis d'ignorer ce qui se passe dans le monde (et je n'y arrive pas, soyons clairs), je pense que je suis bien dans mes bottes. Quand j'écris, j'ai envie de sortir les choses les plus percutantes et sensées possibles. En le faisant, tu es obligé de te pousser dans tes retranchements, et te mettre dans un état émotionnel très sombre. Tu en ressors énormément de choses que tu pensais ne pas ressentir, et ça te reconnecte avec le monde. C'était très dur d'écrire cet album parce que c'est bourré d'émotions, mais c'est venu naturellement. Le plus dur a été de revenir à une vie normale après ça. Quand l'album est sorti, j'ai eu besoin de me retrouver. J'ai coupé contact avec tout le monde, pendant au moins un mois. Puis, il y a la sortie, et tu te sens soulagé. Tu es satisfait et heureux de le partager avec les autres. C'est totalement mon album le plus personnel et je suis vraiment heureux de l'avoir sorti.

Est-ce-que c'est possible d'aller encore plus profondément en ton for intérieur ensuite ?

Andy :
Je pense que c'est toujours possible. Chaque jour est une inspiration, les gens que tu rencontres,... Tout ça te fait passer d'une étape à l'autre dans ta vie. L'expérience continue. De nouvelles choses arrivent toujours, en bien ou en mal. Autour de toi aussi : moins de guerres, plus de guerre, moins de fascistes, plus de fascistes... Il y a toujours davantage à dire. La musique reste un moyen magnifique de se connecter aux gens.



Concernant le processus de création, tu es le mastermind du projet, Andy, mais comment ça se passe avec tes musiciens ?

Andy :
Jamie a enregistré beaucoup avec moi. Les autres ont contribué, mais j'écris les chansons, je travaille dessus et j'envoie à Jamie ce que je pense, et lui demande ce qu'il peut en faire. Je suis un écrivain, pas un guitariste, donc son aide est précieuse.
Jamie : Pour moi, c'est une discussion perpétuelle. C'est faire d'une chanson ce qu'on veut en faire. J'essaie de rendre les choses efficaces.

Vous travaillez ensemble depuis quelques années maintenant. Quelle différence avec ta carrière d'avant ?

Andy :
C'est difficile à dire car tout évolue toujours. C'est difficile de comparer ce que je fais au fil des années. La seule chose que je sais c'est que je ne veux qu'aucun album que j'écris ne se ressemble. Je veux toujours aller plus loin, faire quelque chose de nouveau à chaque fois. C'est un changement constant, Jamie est un changement. Les autres collaborateurs étaient juste différents, ce n'est pas négatif, c'est juste différent. Si les gens n'apprécient pas, je m'en fiche un peu... Les gens ressentent ce qu'ils ressentent. Si ce n'est pas la même chose que moi, ce n'est pas grave. Tout ce que je veux pouvoir dire c'est : ok, j'ai fait ce que je voulais, j'ai tout donné. J'en ai même des palpitations quand j'en parle.

J'ai une question sur la setlist pour le show de cet après-midi. Est-ce-que vous la changez complètement entre un festival de metal et une salle plutôt axée électronique ?

Andy :
Si ça concerne une chanson, on peut en discuter. On débat et on réfléchit à l'endroit où on est. Mais en général, je présente notre show tel qu'il est. De nouveau, si tu n'aimes pas, c'est ok. Cela dit, on est tous metalheads, et on est tous electroheads aussi. Personnellement, l'électronique est arrivé plus tard dans ma vie que le punk et le metal. Donc je connais cet univers, parce que j'aime la musique, simplement. Et je peux faire ce que je veux avec ça. C'est merveilleux.
Jamie : Je pense aussi qu'être dans un festival metal, et faire de l'électronique, ce n'est pas un problème. Dans ce fest, il y aura du metal, du metal, du metal, et tu peux casser un peu ça en proposant quelque chose d'un peu différent.



Concernant vos influences, je me demandais si la scène EBM belge vous avait influencé d'une manière ou d'une autre, notamment au travers de Suicide Commando et Front 242
Front 242


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Andy : Evidemment, Front 242 a eu une influence énorme. Ils ont inventé l'EBM ! Klinik aussi s'est avéré particulièrment important pour moi. Ce qui est fou, c'est qu'on est devenu amis depuis. J'appelle souvent Suicide aussi parce qu'il s'est pété la jambe deux fois quand on jouait ensemble ! (rires). Donc oui, clairement, on peut dire que la Belgique m'a beaucoup influencé.

Est-ce-que tu penses que le genre connait une sorte de renouveau ? En tout cas, le mélange electro-metal qui se développe notamment avec Carpenter Brut
Carpenter Brut


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, Pertubator...


Andy : Je pense que ça fonctionne de la même manière que le hiphop qui est devenu nu-metal dans les 90's. De base, on pense que ces deux scènes et ces gens ne peuvent pas se mélanger. Puis, un switch s'opére. C'est ce qui se passe maintenant avec l'électronique je pense. On l'a déjà fait, nous, d'une certaine manière, mais je pense que les gens sont de plus en plus ouverts à ça.

Y a-t-il des groupes que tu recommanderais dans cette voie ?

Andy :
Je pense à Processor notamment. Igorrr
Igorrr


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, aussi, que j'aime vraiment beaucoup. C'est vraiment cool de voir tout ça. Le crossover est tellement unique. C'est super chouette de voir les choses évoluer dans ce sens-là.

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