Interview

AEVERIS

''Proposer un bon single aura plus d'impact qu'un album''


Mercredi 12 août 2026



Aeveris, originaire de Bruges, a ouvert l'Helldorado le jeudi à Alcatraz. Une opportunité énorme pour un groupe en pleine croissance, qu'on a pu rencontrer quelques heures après sa prestation explosive.

C'est la première fois qu'on a l'occasion de présenter votre groupe sur notre webzine. Pourriez-vous nous expliquer la genèse de votre projet, et où vous en êtes aujourd'hui ?

Pieter (bassiste) :
Le groupe a commencé il y a environ cinq ans, pendant la période covid. C'était un mix de personnes issues de différents groupes comme Thorium
Thorium


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notamment, avec une certaine réputation locale. Jeffrey, notre guitariste, a commencé à écrire et a ensuite réuni le groupe autour du projet. On se qualifie de groupe de metalcore, inspiré de Killswitch Engage
Killswitch Engage


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, As I Lay Dying
As I Lay Dying


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... Tout ce qui est metalcore des années 2000. On a alors réalisé notre premier album avec l'ancien line-up, White Elephant en 2022. On a joué pas mal de shows, à Alcatraz, en support... Puis, notre chanteur et notre deuxième guitariste ont quitté le groupe et c'est là que Wouter est arrivé au chant et Dempsey à la guitare. On a rencontré Wouter après sa participation à ''The Voice in Flanders'', en 2024.
Wouter : En fait, Jeffrey cherchait un chanteur et a épluché facebook pour en trouver un. Il m'a envoyé un message pour voir si je voulais passer une audition, mais en fait... J'en avais déjà passé une ! (rires) Je pense que c'était écrit. Même si je n'avais jamais chanté du metal, je l'aimais. J'étais plutôt dans la musique pop, j'ai apporté pas mal de voix clean, etc.
Pieter : On lui a demandé d'apprendre le scream ensuite et il l'a fait !
Wouter : J'ai appris notamment avec Mantah
Mantah


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. J'ai ensuite continué à la maison, et ça m'est apparu assez naturel. Je sentais que ma progression était quand même très bonne.

Sinon, comment s'est passé votre show, ici, à Alcatraz ?

Pieter :
C'était bien au-delà de nos espérances. Beaucoup de personnes étaient là, on a même reçu des messages de personnes un peu déçues de nous rater à cause des files à l'entrée du festival. On est super heureux malgré tout, on a eu pas mal de moshing, de crowdsurfing...
Wouter : Au moment où la musique a commencé, les gens sont arrivés petit à petit.
Pieter : Il y a quelques années, on avait joué sur la morgue. Ici, c'était l'helldorado. C'est un peu comme un glow up !

Cette année, vous avez sorti deux EP's : Imminence part 1 et part 2. Pourquoi ne pas avoir décidé d'en faire un album ?

Wouter :
Jeffrey a écrit beaucoup de chansons, et on voulait en faire quelque chose. Pourquoi deux axes : on voulait parler d'un problème, et ensuite avoir une réaction là-dessus. Donc, la partie 1, ce sont cinq grands problèmes autour de la santé mental, la nécessité constante de porter un masque, faire croire que l'on va bien alors que c'est pas le cas. La partie 2 évoque plutôt les conséquences de vivre de cette façon. Une fois que tu enlèves ton masques, les gens n'aiment pas parce que tu deviens quelqu'un de différent.




Ces sujets dont vous parlez dans ces EP's, c'est quelque chose que vous voulez faire transparaître dans votre musique en général ?

Wouter :
Bonne question. Moi qui viens d'en dehors du metal, je ne voulais pas écrire quelque chose de trop négatif, sur la haine, etc. J'ai préféré transmettre aux autres des thèmes plutôt axés sur la santé mentale, et pouvoir dire au public : si tu as des problèmes et que tu dois porter un masque, tu peux nous écouter, tu n'es pas seul.
Pieter : On ne veut pas être trop clichés malgré tout et apporter du sens à ce qu'on fait.

Comment se passe le processus d'écriture entre vous ? Wouter écrit, et ensuite... ?

Dempsey :
Jeffrey et moi on crée les riffs et la structure. Ensuite, les autres collaborent. On construit la chanson autour de ces riffs. Quand on les crée, on demande aux autres ce qu'ils veulent en faire et on travaille ensemble dessus.
Wouter : Quand j'entends l'instrumental, je peux sentir quelle émotion s'y prête le mieux. J'essaie de ressentir ce que la chanson développe.

Aujourd'hui, vous réfléchissez déjà à enregistrer un nouvel album ou plutôt à défendre ces deux EP's ?

Dempsey :
En vérité je pense qu'aujourd'hui, enregistrer un album complet est particulièrement compliqué. De mon point de vue, proposer un très bon single aura plus d'impact. La connexion avec l'audience est plus forte. Avec un album, on ne sait jamais trop si tout va être écouté de la même manière. C'est plus important d'avoir de très bons singles je pense.
Pieter : La stratégie aujourd'hui c'est surtout de sortir un single toutes les 6 ou 8 semaines environ. C'est ce qu'on a essayé de faire avec les deux EP's. On commence déjà à écrire de nouvelles choses. Celles qui fonctionnent bien, peut-être qu'on en fera quelque chose d'autre.

Qu'est-ce-qui vous a amené à cette conclusion qu'un album n'était pas forcément rentable ?

Dempsey :
Les réseaux sociaux ont vraiment détruit l'attention des gens. On arrive à un point où un fragment semble toujours plus important qu'un album complet. Il faut convaincre rapidement, tout de suite.
Wouter : Sur spotify, c'est compliqué de faire écouter une chanson entière aux gens, on le voit dans nos stats. Ils écoutent le début puis arrêtent. Cela dit, on adorerait pouvoir revenir en arrière...

Donc, pas d'album de prévu dans l'immédiat. Quelle est votre priorité pour le moment ?

Pieter :
Des grandes salles ! On aimerait jouer davantage et on espère que notre show ici à Alcatraz va nous ouvrir de nouvelles portes. Aussi, on espère sortir quelques singles d'ici la fin de l'année.

En tant que groupe ou personnellement, c'est quoi votre plus grand rêve à terme ?

Dempsey :
Jouer au Graspop je pense. Même si on devrait pas le dire ici ! (rires)
Pieter : Jouer en support de Killswitch Engage
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, aussi !
Dempsey : On aimerait aussi pouvoir vivre de la musique, ne pas mettre d'énormes sommes pour pouvoir se produire.
Pieter : Avec le changement de line-up, on a du regagner le coeur de nos fans et c'est un gros challenge qu'on espère accomplir aussi.

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