Car les Norvégiens ont eu la bonne idée de choisir des supports de bonne facture pour les accompagner, à l’instar de Blood Command que certains ont d’ailleurs pu rapprocher par le passé de Kvelertak justement, avec ce côté mélodique encore plus poussé. Si l’on ira pas jusqu’à parler de Deathpop à ce niveau (comme la fiche du groupe le suggère), il est vrai que Blood Command possède un style inimitable où les grosses guitares côtoient le chant aliénant de Karina Ljone, toujours au bord de la justesse, mais emportant totalement les compos proposées par le groupe. Clairement, ça swingue, c’est entraînant et rock’n’roll et les quelques curieux présents devant la scène se rapprochent pour ne pas en perdre une miette. Difficile de résister à ce petit brin de femme, portée par des instru aux influences variées, et dont la chevelure blonde surnage dans ce décor aussi sobre que noir. Une entame de soirée vraiment sympa que l’on pourra prolonger au merch, Karina se montrant accessible et souriante.
Alors que la Rockhal commence à se remplir, Planet of Zeus va faire parler son expérience stoner au travers de chansons variées et plutôt aguichantes. Pourtant, le produit fini peine bizarrement à convaincre. Typique du syndrome « le groupe sait jouer, est doté d’un bon son mais la sauce ne prend pas » ! Dommage car la communication avec le public est bien là (Loyal to the Pack, Revolution Cookbook) en dépit d'un répondant pas toujours présent pour cette première au Luxembourg.
Il faut savoir reconnaître ses erreurs. L’année dernière à la même époque, je ne cachais pas mes doutes quant à l’arrivée d'Ivar, nouveau chanteur de Kvelertak. Cette prestation en ouverture de Mastodon ne m'ayant guère convaincu. Or, depuis, Splid est arrivé (l’album est plutôt excellent) et surtout le concert de ce soir me rabat le caquet comme il faut ! Toujours aussi nombreux sur scène, les Kvelertak peuvent compter sur Ivar pour motiver le public comme jamais et insuffler une énergie communicative à une prestation de haute volée.
Durant cette première moitié de concert, tout frise la perfection : de l’intro sur Rogaland durant laquelle Ivar arrive un verre à la main, jusqu’au mid tempo de 1985 en passant par l’hymne Nekroskop durant lequel il se verse une canette sur la tête ! Le son quasi parfait et la motivation du pit aidant, voilà un concert lancé sur les chapeaux de roue, véritable concentré d’énergie positive, durant lequel, clairement, Ivar en fait des tonnes, pour notre plus grand plaisir.
La deuxième partie du set de Kvelertak ne faiblit pas, sinon qu’elle essaie de varier ses effets. Lancée par Stevnemøte med Satan décrivant un futur qui s’annonce peu glorieux, elle se concentre sur les titres plus anciens (Ulvetid, Bersekr ou Mjod par exemple), l’occasion pour le pit se s’en donner à cœur joie jusqu’à déclencher des circle pits spontanés ou faire passer le sol du club de la Rockhal pour une patinoire à force de bières renversées.
Et toute cette énergie de toucher son paroxysme pour une fin de concert de haute volée sur le nouveau Bråtebrann, précédent un rappel (et un clin d’œil d’Ivar à la nouvelle gratuité des transports au Luxembourg) ardemment réclamé par le public et conclut sur l’inévitable Kvelertak.
S’il fallait un exemple de toute la différence que peut avoir un concert assuré en première partie et en tête d’affiche, en voilà un, et pas n’importe lequel. L'avenir s'annonce radieux pour Kvelertak, et on ne va sûrement pas s'en plaindre...
Remerciements à la Rockhal

Kvelertak
Planet of Zeus
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