Reportage

Jera on Air 2026 - Jour 1 : La canicule s'invite à Ysselsteyn

Ysselsteyn (Jera on Air), le 25-06-2026

Lundi 31 août 2026



Depuis ma première venue en 2018, on peut dire que le Jera on Air a pas mal évolué ! En seulement 8 ans, le Jera est passé d’un petit festival régional à l’un des évènements références des scènes « core » et Punk aux Pays-Bas, voir même en Europe. Que ce soit à travers l’augmentation de son nombre de scènes (passant de 4 à 6), la qualité de ses affiches toujours plus minutieuses et l’agrandissement de son site (qui est tout de même encore loin des mastodontes du style), le festival néerlandais a réussi à évoluer sans pour autant perdre ses valeurs originelles qui étaient de mettre en avant toute la diversité de la scène et proposer une expérience « à taille humaine » aux festivaliers (bien que ce dernier point reste à nuancer).

Pour cette édition 2026, le Jera a gardé exactement la même recette que l’année dernière avec deux jeux de deux scènes qui jouent en alternance (Eagle / Hawk et Vulture / Buzzard), tout en conservant la Sparrow (dédiée aux plus petits groupes) et la Raven (spécialisée dans les sets électro). La seule différence notoire se trouve au niveau des horaires où, désormais, il y a 10 minutes entre chaque groupe ! Un changement bien venu qui va me permettre de ne plus devoir rater les dernières minutes d’une prestation pour aller me placer pour la suivante. A part ça, rien d’autre à signaler, ce qui semble montrer que le festival a trouvé sa configuration optimale. Au niveau des conditions météorologiques, contrairement aux années précédentes marquées par la pluie et la boue, ce cru 2026 nous réservait une météo caniculaire avec une température moyenne de 37 degrés. De quoi présager malheureusement quelques malaises dans la foule si rien n’était mis en place.



A l’instar des années précédentes, mon voyage jusqu’à Ysselsteyn s’est passé sans encombre, avant d’être bloqué dans la traditionnelle file pour accéder au parking. Pour ce qui est de la fouille au camping, celle-ci s’est avérée inexistante (pour ne pas changer) et m’a permis d’une nouvelle fois planter mon campement en un temps record. Néanmoins, malgré cette rapidité d’exécution, j’ai trouvé que le camping était bien plus rempli que les dernières fois, ce qui a amené bon nombre de campeurs tardifs à s’incruster massivement dans les petits espaces entre les tentes. Du coup, à l’exception de cette légère surpopulation, tout s’est extrêmement bien passé.

Bref, après cette contextualisation bien plus rapide et synthétique qu’à l’accoutumée, partons vers le site du festival pour lancer comme il se doit cette 32ème édition du Jera on Air.

Boundaries – Eagle Stage | (15h00 – 15h30)



Mon Jera on Air 2026 s’ouvre par l’une des sensations Metalcore de ces dernières années : Boundaries
Boundaries


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. Depuis la sortie de leur premier album, Your Receding Warmth (2020), je suis totalement tombé sous le charme de leur musique alliant à la perfection agressivité viscérale et parties mélodiques entêtantes. Portés par une discographie tout bonnement excellente jusqu’ici, les Américains se voient ouvrir l’Eagle Stage (qui peut être considérée comme la Mainstage), devant un parterre relativement bien rempli pour un début de festival. Pour nous accueillir comme il se doit, le groupe commence son set par la violente « May This Pain Never Leave » provenant du tout nouvel LP Yearning : The Unbeautiful After (2026). Sans surprise, les breaks volent dans tous les sens, mais malheureusement je remarque que le son est loin d’être optimal. Celui-ci a même l’air d’être complètement étouffé et retranscrit très mal toutes les subtilités des morceaux (surtout durant les nouveaux singles qui ont des sonorités assez raw).

Même si ce problème restera persistant jusqu’à la fin du set, il n’empêchera pas les musiciens de se donner à fond et de faire tout leur possible pour atténuer ce désagrément. L’enchaînement « My Body is a Cage » / « Is Survived By » / « Turning Hate Into Rage » en est la preuve et permettra aux premiers rangs de démarrer les premiers mosh pits et circle pits de la journée. Pour ma part, je vais vraiment avoir du mal à passer au-dessus de cette bouillie sonore qui ne me permet pas de pleinement apprécier la performance. Alors que le chrono file à toute allure, le concert se termine par deux chansons aux refrains juste imparables : « Only Endless » et « Easily Erased ». Au final, loin d’avoir été une catastrophe totale, cette prestation d’ouverture me laisse, néanmoins, avec un sentiment de déception (ce qui est une première avec eux) et avec quelques inquiétudes ; notamment en me rappelant qu’il y avait déjà eu les mêmes problèmes, l’année dernière, sur cette même scène. Croisons les doigts pour la suite !

Dying Wish – Vulture Stage | (15h30 – 16h00)



En préambule, je vous disais qu’il y avait, dorénavant, 10 minutes de battement entre chaque groupe. Eh bien, c’est effectivement le cas, sauf pour les deux premiers enchaînements de ce début de journée. Du coup, à peine le set de Boundaries
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terminé, je fonce vers la Vulture Stage pour ne rater aucune miette des Américains de Dying Wish
Dying Wish


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qui suivent directement. Porte-étendard du Metalcore Revival à tendance mélodique, la formation a réussi à se faire une belle place dans la scène grâce à des albums ultra redoutables et des prestations lives saluées. Après un passage remarqué au Jera il y a 2 ans, les natifs de Portland reviennent en terre batave avec l’objectif de faire encore mieux que la dernière fois. Un objectif optimiste selon moi, sachant qu’entre-temps, ils ont sorti un nouvel album que je ne porte pas dans mon cœur (Flesh Stays Together (2025)).

C’est justement par l’inévitable « I Don’t Belong Anywhere » (qui ouvre le dernier album) que démarre ce concert. Dès le départ, le public répond bien à l’énergie déployée sur scène et n’hésite pas à montrer les crocs lors de morceaux comme « Watch My Promise Die » et « I Brought You My Soul (Your World Brought Me Despair) ». De mon côté, c’est durant la cinglante « Symptoms of Survival » et la dévastatrice « Cowards Feed, Cowards Bleed » que je vais être totalement épris du show, au point d’aller tester moi-même la qualité du pit. Pour ce qui est des musiciens, je n’ai vraiment rien à redire, c’est carré et vraiment propre. Le seul petit bémol est le chant clair d’Emma Boster qui manque cruellement de justesse (comme d’hab quoi) et qui va, malheureusement, massacrer l’entièreté des refrains plus mélodiques (notamment ceux de « Lost in the Fall » et « « A Curse Upon Iron »). Mais bon, vu la qualité de ses cris, on lui pardonne. Le concert, d’à peine 30 petites minutes, se clôturera par la monstrueuse « I’ll Know You’re Not Around » et son break final délicieusement dégoûtant. Au final, malgré les craintes que j’exprimais au début, j’ai trouvé que les nouvelles chansons sonnaient bien mieux en live qu’en version studio et se fondaient parfaitement dans la setlist. En tout cas, c’est sans sourciller que cette prestation figure dans mon top de cette première journée de festival.

Domain – Sparrow Stage | (16h30 – 16h50)



Bien que ce soit la septième fois que je me rends au Jera, c’est la première fois que je mets les pieds dans l’intime Sparrow Stage et son chapiteau en forme de grange. Longtemps cantonnée aux artistes locaux et émergents, cette scène s’est peu à peu ouverte à tout un tas de groupes venants du monde entier. J’en ai pour preuve les prochains à prendre place face à nous, les Américains de Domain
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. Faisant partie de l’écurie Daze Records, vous savez, à la simple évocation de ce nom, que ça va être un véritable champ de bataille. Armé d’un Metallic Hardcore sombre et vicieux, le groupe compte bien motiver les quelques Hardcore Kids présents au premier rang à se donner à fond. Et justement, il ne faudra pas attendre bien longtemps avant de voir apparaître les premiers sauvageons dans le pit.

Bien aidée par des breakdowns extrêmement crades, la fosse se mue en zone de guerre pour le plus grand plaisir des musiciens. En même temps, faut dire que l’unique objectif de leur musique est d’éveiller la violence qui sommeille en nous. Peu importe d’où tu viens ou qui tu es, tout le monde est invité à se foutre gaiement sur la tronche, comme peut en témoigner un fan en situation de handicap qui participera aux différents circle pits avec sa chaise roulante. Après avoir dédié une chanson à la scène H8000, Domain
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terminera son court set par une reprise de « Propaganda » de Sepultura, avant de nous exterminer avec une dernière cartouche expéditive dont je ne connais malheureusement pas le nom. Une bonne découverte live qui prolonge l’ambiance hargneuse de ce début de festival.

Whispers – Buzzard Stage | (17h00 – 17h35)



Si vous avez l’habitude de digger les scènes Hardcore et Metallic Hardcore underground, vous devez très certainement savoir qu’une des régions du monde les plus foisonnantes est l’Asie du Sud-Est. Depuis quelques années maintenant, une flopée de groupes influencés par les années 90 (et notamment le H8000 et le Beatdown) voient le jour là-bas. Entre Bleach to Death et Day of Salvation en Indonésie, Final War en Malaisie et Sift aux Philippines, il y en a vraiment pour tous les goûts. Néanmoins, la formation qui a le plus réussi à se faire connaître aux yeux des fans à l’international, c’est bien Whispers
Whispers


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. Originaire de Bangkok en Thaïlande, le groupe peut se targuer d’être signé sur le label américain Flatspot Records et d’enchaîner les tournées prestigieuses un peu partout dans le monde. Pour leur premier tour des festivals européens, les Thaïlandais n’ont pas fait les choses à moitié, en s’incrustant sur les affiches des plus gros évènements typés Hardcore de l’été comme l’Ieperfest, le Return to Strength, le Superbowl of Hardcore ou justement le Jera on Air.

Placé sur la Buzzard Stage, le groupe est accueilli chaleureusement par un public qui ouvre rapidement un pit à coup de side to side. Une fois les premiers riffs de « Bangkok Evilcore » balancés, le chaos se propage à une vitesse folle et transforme le chapiteau en une véritable arène antique. Sombres et intenses, les chansons de Whispers
Whispers


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mélangent à la perfection les codes modernes du Hardcore avec une touche old school bien sentie. C’est le cas, par exemple, de « Morbid Vision » et ses guitares vrombissantes ou de « Retribution » et son riffing caractéristique. Même s’ils ne révolutionnent en rien le style, je dois bien reconnaître que je me laisse facilement emporter lors de l’explosion de chaque mosh part. Après 35 minutes rudement menées, la formation repart avec le sentiment du devoir accompli et en nous remerciant grandement d’avoir été là. Une bonne prestation qui confirme toute la puissance de la scène asiatique.

Feels Like Heaven – Sparrow Stage | (17h45 – 18h10)



Il y a encore quelques mois, je n’avais jamais entendu parler des Suédois de Feels Like Heaven
Feels Like Heaven


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. C’est en me baladant dans les dédales du site Rate Your Music, au début d’année, que je suis tombé sur la fiche de leur premier album, Within Dreams (2026). Entre des vocalises émotives propres au Melodic Hardcore et une mélancolie profonde reprise de l’Emo, on plonge dans une musique qui se veut autant destructrice que salvatrice. Ayant fait grand bruit dans les cercles d’initiés, cet album à sorti le groupe de l’ombre et lui a permis d’être envoyé sur une tournée estivale en compagnie de leur compatriote suédois, Speedway
Speedway


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. Faisant escale à Ysselsteyn ce jeudi, c’est justement pour leur unique date aux Pays-Bas que je me place devant la scène, sans trop savoir à quoi m’attendre.

Avec une dégaine nonchalante, le chanteur se présente fébrilement face à nous, accompagné des autres musiciens. Dès les premières notes de « World Clock » qui ouvre le set, les fans s’élancent dans le pit à grand coup d’enjambés et ont l’air impatient de reprendre en chœur les différentes paroles. De son côté, le chanteur s’est complètement métamorphosé et gesticule sur scène au rythme des mélodies déchirantes. Bourré de passages propices au two steps, il est difficile de ne pas bouger ne cesse qu’un peu la tête, même si je dois bien reconnaître ne pas être pleinement envoûté par ce que j’entends. C’est sympa, mais je ne sais pas trop pourquoi, le côté fort émotionnel ne prend pas sur moi (ce qui m’étonne, car habituellement, je suis le premier client). Quoi qu’il en soit, Feels Like Heaven
Feels Like Heaven


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poursuit sa prestation en mettant, tout naturellement, son dernier album en avant avec des chansons comme « Box Man », « Volvo (On The Road) » ou encore « Heavenly Feeling ». C’est finalement sur « Snow Dunes » que se terminera ce concert de presque 25 minutes. Sans pour autant m’avoir convaincu, ce show aura eu le mérite de permettre à l’assemblée de se montrer vulnérable et de décharger de manière cathartique ses émotions.

Bury Tomorrow – Vulture Stage | (19h00 – 19h50)



Depuis le départ de Jason Cameron (chant-guitare) et l’arrivée de Tom Prendergast (chant) en 2021, je n’arrive plus à accrocher à la direction artistique qu’a prise Bury Tomorrow
Bury Tomorrow


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. Mis à part le premier single « Death (Ever Colder) » paru en 2022, tout ce qu’ils ont sorti par la suite, est passé devant moi sans que ça ne me fasse réagir. Sachant que les récentes setlists jouées en live mettaient logiquement l’accent sur les nouveaux albums, j’ai préféré passer mon tour et donner mon temps à d’autres groupes. Seulement, il arrive en festival qu’on ait des trous dans notre horaire et que ce moment de flottement nous permette de redonner une chance à un vieil ami. Comme vous l’aurez compris, n’ayant aucun affect pour Fiddlehead
Fiddlehead


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qui joue en même temps, je décide d’aller sous la Vulture Stage afin de voir à quoi ressemble Bury Tomorrow
Bury Tomorrow


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en 2026.

Tout d’abord, je remarque que le groupe a sacrément gagné en popularité et amasse un public bien plus large que par le passé. Il n’y a qu’à voir le nombre de spectateurs présents devant la scène pour s’en rendre compte. Ensuite, les musiciens semblent avoir trouvé une certaine homogénéité artistique en arrivant avec des tenues similaires (ce qu’ils ne faisaient pas auparavant). Bref, pour ce qui est de la prestation, comme je m’en doutais, la setlist va majoritairement tourner autour des albums The Seventh Sun (2023) et Will You Haunt Me, With That Same Patience (2025), avec comme seules digressions, les magistrales « Choke » et « Black Flames ». Le problème avec les nouvelles compositions sont qu’elles rentrent dans le moule du Metalcore moderne, en enlevant presque totalement ce qui faisait la force des Anglais : les mélodies. Du coup, même si certaines chansons comme « Let Go » et « Villain Arc » sonnent bien mieux en live, je peine à m’investir dans le concert. Après nous avoir carbonisé avec des pyros tout du long, Bury Tomorrow
Bury Tomorrow


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nous quittera sur la merveilleuse « Death (Ever Colder) », en me laissant un goût mitigé. Autant j’ai adoré le jeu des musiciens qui a été irréprochable, autant je ne suis clairement plus le public cible. Dommage !

Alexisonfire – Eagle Stage | (20h00 – 20h45)



Il arrive qu’on découvre des groupes cultes sur le tard ! Pour ma part, je n’avais jamais pris le temps d’écouter Alexisonfire
Alexisonfire


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, malgré qu’il apparaisse souvent dans mes cercles d’écoute. A l’annonce des Canadiens à l’affiche du Jera en octobre dernier, je me suis dit que c’était le moment où jamais de franchir le cap. Et franchement, bien que je ne sois pas le plus grand connaisseur de la scène Post Hardcore des années 2000, je dois bien reconnaître que j’ai plutôt bien accroché à ce que j’ai entendu, notamment la classique « This Could Be Anywhere in the World » (ouais je sais, paye mon originalité). Depuis ce jour, j’avais hâte de voir ce que valait le groupe en live. Embarqué dans une courte tournée européenne fêtant les 20 ans de son album Crisis (2006), Alexisonfire
Alexisonfire


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s’est permis quelques arrêts en festival comme ceux aux Southside / Hurricane, à l’Outbreak ou justement, au Jera on Air.

Devant un public vocal, les musiciens font leur entrée et amorcent les hostilités par « Sweet Dreams of Otherness ». Dès les premières secondes, je comprends que, contrairement à la plupart des dates de la tournée, la setlist ne va pas simplement reprendre l’album Crisis en entier, mais va plutôt être agencée à la manière d’un best of. Comme je m’y attendais, je me suis pris en pleine face la voix angélique de Dallas Green (guitare-chant clair) qui sublime chacune de ses parties avec des envolées maîtrisées. Il en va de même pour George Pettit (chant crié) et ses cris presque Screamo qui apportent une dose de violence bienvenue. Après nous avoir baladé dans l’ensemble de son répertoire, Alexisonfire
Alexisonfire


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mettra un terme à son set par l’entraînante « Accidents », la géniale « This Could Be Anywhere in the World » et la très Punk « Young Cardials » dont j’ai gueulé les refrains en chœur. Un chouette concert qui aura surtout brillé grâce à des musiciens absorbés par leur art et des chansons bien catchy.

Pennywise – Vulture Stage | (21h00 – 21h50)



Depuis le début de la journée, je me suis fortement concentré sur des formations typées Metalcore et Hardcore. Pourtant, il existe un troisième genre phare dans la programmation du festival : le Punk Rock. Même si le genre n’est pas prédominant ce jeudi, il est tout de même représenté par quelques beaux noms comme The Ataris
The Ataris


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, The Menzingers
The Menzingers


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, The Smith Street Band
The Smith Street Band


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ou encore, par celui qui nous intéresse maintenant : Pennywise
Pennywise


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. Formé en 1988 en Californie, le groupe peut se targuer d’être l’une des figures majeures du Skate Punk et d’avoir influencé bon nombre de formations actuelles. Loin d’être un immense fan de leur catalogue, je me rappelle les avoir vu pour la dernière fois au Groezrock 2017, où j’avais eu droit à l’album About Time (1995) joué en intégralité. Cette fois-ci, il n’est pas question de célébrer un LP en particulier, mais plutôt de rassasier une horde de fans qui attendent avec impatience de se manger tous les tubes des Californiens.

Et justement, histoire de commencer sur les mêmes bases que la dernière fois, Pennywise
Pennywise


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ouvre son show par l’énergique « Peaceful Day » provenant du disque About Time. Sans surprise, le public est directement déchaîné et balance frénétiquement ses poings dans les airs. Niveau setlist, nous allons rester du début à la fin dans du old school avec uniquement des chansons datant d’avant l’an 2003. Un peu déçu, pour ma part, de ne pas retrouver des morceaux de All Or Nothing (2012) que j’aime beaucoup, mais que voulez-vous, c’est comme ça. Pendant presque 50 minutes, les Américains vont déployer leur fougue habituelle et montrer que même après presque 40 ans de carrière, ils en ont encore sous le capot. Après un « Fuck Authority » toujours aussi efficace, la formation rendra hommage à NOFX avec un medley de 3 titres (« Bob » / « Kill All the White Man » / « The Brews ») et poussera le délire des covers au maximum en reprenant également « Stand By Me » de Ben E. King. C’est finalement sur l’indétrônable « Bro Hymn » que se terminera ce concert / karaoké géant. Un bon moment, même si je n’en retiendrai pas grand-chose.

Trivium – Eagle Stage | (22h00 – 22h50)



Chaque année, le Jera arrive à me surprendre en bookant des groupes que je n’aurais pas imaginé voir débarquer à Ysselsteyn. C’est le cas, par exemple, de Decapitated
Decapitated


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qui jouait plus tôt dans la journée, mais aussi des prochains à monter sur scène : Trivium
Trivium


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. Alors, même si musicalement, la formation rentre totalement dans la DA du festival, on a plus l’habitude de la voir sur des affiches d’évènements Metal que de Hardcore. Mais bon, quand on sait que des groupes comme Bullet For My Valentine ont réussi à franchir le cap ces dernières années, les Américains étaient logiquement les suivants. Placé en tant que sous-tête d’affiche, je suis étonné de voir que le chapiteau n’est pas bourré massacre et que j’ai même beaucoup de place à quelques mètres du pit. Bref, sur les coups de 22h, les lumières s’éteignent et font place au martèlement introductif de « Pull Harder on the Strings of Your Martyr ». Après seulement quelques secondes, le public entre déjà en ébullition et ouvre le premier circle pit du concert. Telle une machine de guerre surentraînée, Trivium
Trivium


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déroule son jeu avec énormément d’aisance et enfile les riffs les uns après les autres.

N’ayant que 50 minutes au compteur, la setlist va aller droit au but avec uniquement des bangers envoyés à la pelle. J’en ai pour preuve la mélodique « Strife » et la magnifique « The Sin and the Sentence » qui suivent. Matt Heafy (chant-guitare) est en très grande forme et prendra plusieurs fois la parole pour haranguer la foule qui lui mange littéralement dans la main. Depuis le début, tout se passe à merveille et l’ambiance n’est pas prête de retomber avec « Down From the Sky » et surtout, « Until the World Goes Cold » qui va pousser les musiciens à mimer les mouvements du Crabcore lors des différentes breakdowns. Le set défile à toute vitesse, à tel point qu’on arrive déjà presque à la fin avec « Like Light to the Flies » (qui fait office de petit point noir pour ma part) et la magistrale « The Heart From Your Hate » et son refrain repris en chœur par l’ensemble de l’assemblée. Bien évidemment, tout le monde sait qu’il en manque encore une, et c’est là que résonnent les notes au piano de « Capsizing the Sea » qui annonce dans la foulée « In Waves ». Un grand moment qui m’a permis de tester la solidité de mes genoux. En résumé, Trivium
Trivium


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a produit un concert exceptionnel qui trône, sans sourcilier, comme le meilleur de cette première journée.

Rise Against – Vulture Stage | (23h00 – 23h50)



Si vous êtes un habitué du Jera, vous avez très certainement remarqué que le jeudi est, depuis deux ans, la journée à ne pas rater ! Entre tous les gros noms qui s’enchaînent non-stop et la qualité du bas de l’affiche, il y a de quoi être surpris par tous ces efforts mis en place lors du premier jour. Et pour cause, la raison est très simple ! Le dernier week-end de juin coïncide avec les dates du Vainstream et de l’Impericon Festival… C’est-à-dire que nous avons trois festivals le même week-end qui bookent les mêmes groupes. Étant le seul à se dérouler le jeudi, le Jera en profite et met le paquet en rassemblant toutes les formations disponibles. C’est ainsi que nous nous retrouvons, cette année, avec trois potentielles têtes d’affiche les unes à la suite des autres. Après avoir croisé la route de Trivium, il est temps de se déplacer vers la Vulture Stage pour le show de Rise Against
Rise Against


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.

Histoire de commencer sur de bonnes bases, le groupe ouvre son set par l’incroyable « Re-Education (Through Labor) » qui permet au public de partir dans tous les sens. Sans surprise, tout le monde reprend les refrains en chœur et la fosse s’emballe lors des passages un peu plus soutenus. Bien que je n’aie jamais été déçu par l’un de leur concert, j’avais, cette fois-ci, quelques appréhensions, notamment concernant le nouvel horrible album, Ricochet (2025), mais fort heureusement, aucune chanson provenant de celui-ci ne sera jouée. N’ayant pas la possibilité d’exécuter un show complet, Rise Against
Rise Against


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va aller à l’essentiel en nous interprétant le meilleur de son répertoire, à l’image des morceaux « Satellite », « Ready to Fall » ou encore « The Good Left Undone ». Sur scène, Tim McIlrath (chant-guitare) est plutôt en voix (ce qui est bien de le souligner), mais n’arrête pas de parler entre les chansons, ce qui cassera un peu le rythme par moments. Néanmoins, ce petit désagrément est vite oublié par la cultissime « Prayer of the Refugee » qui a mis tout le monde d’accord. Je ne le dirais jamais assez, mais quel tube quand même ! Comme à son habitude, c’est sur le titre « Savior » que la formation clôturera les débats, face à une foule semblant avoir apprécié ce qu’elle a entendu. De mon côté, j’ai passé un super moment, malgré des jams un peu trop longs, mais c’est difficile de ne pas prendre son pied quand on propose une setlist pareille ! Top !

Architects – Eagle Stage | (00h00 – 01h00)



Une semaine après les avoir vus au Graspop, me revoilà devant les Anglais d’Architects
Architects


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qui font office de tête d’affiche de cette première journée. Depuis quelques années maintenant, le groupe est devenu l’une des attractions majeures des festivals de seconde zone et truste bien souvent les places de sous-tête d’affiche dans les plus gros évènements de l’été. Après avoir retourné les Mainstages du Rock Am Ring, du Download et du Hellfest, la formation se présente à Ysselsteyn avec l’objectif d’affirmer son statut d’headliner. Accompagné d’une scénographie un peu moins grandiloquente que la dernière fois, Architects
Architects


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se présente face à nous sur les notes introductives de « Elegy ».

Seulement, lorsque les guitares entrent en jeu, c’est là que les problèmes du début de journée refont leur apparition avec un son beaucoup trop faible. Il en va de même pour le chant de Sam Carter qui manque cruellement de puissance, voire qui est littéralement noyé par les autres instruments. Fort heureusement, ces problèmes techniques seront légèrement rattrapés lors du deuxième morceau, « Whiplash », bien que Sam semble avoir la voix complètement rouillée quand il crie. Sachant qu’ils ont sorti leur dernier album The Sky, The Earth & All Between (2025) l’année dernière, c’est tout naturellement que le concert du soir va être dirigé par celui-ci avec pas moins de 8 titres joués. Même si tout n’est pas efficace en live (je pense à « Broken Mirror » ou « Everything Ends »), il faut bien reconnaître que des chansons comme « Blackhole » ou la très énergique « Brain Dead » fonctionnent du tonnerre. Avec un temps de jeu de seulement une heure, le groupe a dû faire des choix et a donc décidé d’enlever de la setlist les quelques vieilleries que j’ai eues au Graspop (« Gravedigger » et « A Match Made in Heaven » snif snif), pour se concentrer sur des morceaux plus récents comme « Impermanence » ou la géniale « When We Were Young ».

Le public répond présent depuis le début, même si une partie de celui-ci semble avoir déserté le chapiteau au fil du concert, lassé de voir les Anglais absolument partout ces dernières années. Très sobre dans ses interactions, Sam prendra tout de même le temps de nous remercier, avant de balancer en guise de fin, la monstrueuse « Seeing Red » et la sympathique « Animals » pour laquelle, je commence à un peu saturé. Au final, malgré mon air aigri, le concert est passé hyper vite et j’ai encore une fois vécu un super moment. En tout cas, même si la qualité des prestations reste constante, j’espère qu’Architects
Architects


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va un peu se calmer sur les tournées, afin que Sam puisse reposer sa voix qui en a grandement besoin (spoiler : c’est raté car on les retrouvera déjà cet automne en compagnie de Korn).



Contrairement aux années précédentes, je décide de faire abstraction du Silent Disco (qui a été relocalisé à l’entrée du festival) pour directement retourner à ma tente et me reposer. C’est donc ici que se clôt cette première journée de festival qui aura été marquée par des concerts autant mitigés que diablement efficaces et par une chaude météo qui pourtant, était encore loin des températures qui nous attendent les deux prochains jours. Bref, soyez au rendez-vous car, comme vous le lirez, le vendredi nous a réservé un emploi du temps chargé et une tête d’affiche décevante.

Remerciements au Jera on Air pour l’accréditation et à Jürgen pour les photos.


Vous pouvez retrouver l'ensemble des clichés pris par Jürgen juste ici : PHOTOS DU JEUDI
AUTEUR : Maxime
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sou...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant d...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant déclamer son amour pour les riffs chugs....
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spinkicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant déclamer son amour pour les riffs chugs....

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