Ne pouvant pas être présent sur place avant 14h00 –sacrée obligation familiale, je dois malheureusement faire l’impasse sur Doodswens et Bütcher. C’est bien dommage mais ça m’apprendra à vouloir une famille. A mon arrivée, je découvre que le parking situé à côté du festival est fermé en raison des conditions atmosphériques qui s’annoncent dantesques ; les habitués me soufflent à l’oreille que c’est un classique. Ce léger contretemps me permet de découvrir les rues du village qui ne manquent pas de charme, mais me rappelle également au mauvais souvenir de certaines personnes que j’ai tendance à trop rencontrer lors de concerts dans le sud du pays. Si cette fois j’échapperai aux gestes obscènes en direction des artistes, j’aurai la désagréable rencontre d’un groupe qui « s’amuse » à jeter les détritus de leur gueuleton sur la voie publique. Passons…
Arrivée à l’entrée, je remarque que j’ai oublié mes bouchons anti bruit, c’est parti pour un aller-retour festival/voiture au pas de course. Heureusement, les organisateurs sont mieux ordonnés que je le suis et la récupération de mon bracelet ainsi que la vérification de mon Covid safe ticket ont pris moins de cinq minutes, ce qui me permet d’être à l’avant-poste pour Sulphur Aeon. Les allemands sont la raison principale pour laquelle je suis présent aujourd’hui et ils ne vont pas me décevoir, même si les dix premières minutes s’avèrent moins convaincantes que le reste de leur prestation.

On enchaîne avec deux formations belges. La première n’est autre que Wiegedoodet son positionnement en triangle avec à la pointe le batteur, ce qui permet de ne pas avoir en permanence au centre un chanteur qui capte le regard ; je n’y avais pas prêté attention auparavant, mais la configuration permet d’encore davantage s’imprégner de la prestation artistique. Comme souvent, ils nous enivrent avec un black alternant entre passages atmosphériques et déferlantes de violence.

On change de registre avec Sabathan qui vient nous partager les classiques d’Enthroned. Un bon moment poisseux qui semble convenir à l’ensemble de l’assemblée. On terminera ce morceau de bravoure avec en guise de cadeau une bouteille de Porto attrapée au vol, nous n’en demandions pas tant.
En parlant de l’assemblée, l’édition 2021 peut se targuer d’afficher complet sans pour autant que le temps d’attente au bar ou l’affluence devant la scène en pâtissent. Le public vient d’horizon multiple, j’aurais l’occasion de discuter avec des belges, des français, des néerlandais mais aussi des italiens ou encore des suisses. Les rencontres sont si nombreuses que je croiserai à peine Isabelle et ne verrai pas Elodie, les deux autres membres de l'équipe qui sont de la partie. Je retiendrai également ma discussion avec un festivalier qui me signale, au détour d’une discussion au niveau du bar, qu’il est heureux de pouvoir profiter de bière sans alcool lui qui a connu un parcours de vie mouvementé en raison de la substance –le genre de discussion qui ne manque pas de vous rester à l’esprit sur le long terme. Décidément, le Méan n’oublie aucun de ses festivaliers.
Pour le reste, les islandais de Misthyrming (Misþyrming) nous mettent à l’amende mais je saurais difficilement être objectif les concernant tant je les apprécie ; j’arrive à attraper une cassette à la fin du set, décidément je suis en veine. Je terminerai avec les helvétiques de Bölzer qui me laisseront de marbre, la faute peut-être à la fatigue accumulée précédemment notamment en raison de l’Alcatraz Festival. La pluie qui n’arrête pas de tomber et mon peu d’intérêt pour Sodom–nul n’est parfait- qui propose une prestation de 90 minutes me poussent à rentrer chez moi, tant pis pour Triumph of Deathque j’aurai probablement l’occasion de voir dans un futur plus ou moins proche.
Je clôture ma journée par une dernière rencontre. En allant chercher de quoi me restaurer avant de regagner mon véhicule, je fais la connaissance de Freddy Van Ballas, un suisse membre du duo Letten 94. Après avoir discuté de la complexité du droit belge, il m’explique être venu supporter sa comparse Dolorès alias Slaughterwytch (Triumph of Death, Sacrifizer et Letten 94). Décidément, chaque rencontre est inoubliable au Méan.
Avec son affiche de qualité malgré des conditions difficiles, une organisation sans faille et un temps de passage conséquent pour chacun des artistes, le Metal Méan Festival a marqué les esprits. Courage à vous, il reste moins d’un an à attendre pour en vivre son épopée finale.
Doodswens
Bütcher
Sulphur Aeon


Misthyrming
Bölzer