Ce soir, c'est dans une église à Neder-Over-Hembeek que Thot se produit en concert.
Dix-neuf heures quart. Les musiciens prennent place. Grégoire Fray commence à chanter en solo, et c'est l'avènement de Thot, nom qui fait référence d'une part à un personnage du dessin animé ''Les Mondes engloutis'', et de l'autre au dieu égyptien du même nom.
Les lumières virevoltent dans tous les sens sur les riffs effrénés des musiciens. Les six artistes présent(e)s sur scène semblent être connecté(e)s par un fil invisible.
Ce soir, le groupe présente en majorité ses nouveaux morceaux, l'aboutissement de leur résidence de 5 jours à la MC NoH.
Depuis ses débuts, ce collectif établit une relation singulière avec ses fans, notamment en proposant leurs albums à prix libre, en donnant la parole à leur audience ou en l'invitant à prendre part au projet via des concours de remixes.

Crédit photo: Emilie Foudelman
Dans une ambiance aussi dystopique que dynamique, je reconnais Lukas Melville (à la batterie) et Stéphane Fedele (à la basse) que j'avais vu en concert dans Neptunian Maximalism lors des Nuits Botaniques, en septembre 2021. Aux côtés de Grégoire Fray (chant/guitare) , Anaïs Elba (chant/clavier), Carla Pusceddu (chant/guitare) et Michael Thiel (batterie). Je n'aurais pas pu deviner si le chanteur lead du groupe ne l'avait pas annoncé, mais c'est le premier concert de Thot avec cette formation, le groupe ayant récemment changé de configuration.

Crédit photo: Emilie Foudelman
L'heure file à une vitesse bien trop rapide, décidément la Vegetal Noise Music (telle que le fondateur du groupe l'appelle) ne nous laisse pas de répit, et c'est tant mieux.
Après 5 opus depuis le début des années 2000 dont « Obscured by The Wind » sorti en mars 2021, la sonorité qui ressort à présent des morceaux s'explique par des changements et innovations radicales de la musicalité propre au groupe. Précédemment, en 2017, sortait ''Fleuve'' sur le label belge Weyrd Son Records. Cet album-concept est axé comme vous l'aurez deviné sur la nature, accompagné de la citation ''On dit d'un fleuve qu'il est violent parce qu'il emporte tout sur son passage, mais nul ne taxe de violence les rives qui l'enserrent.'' (Berthold Brecht). Ce dernier contient notamment le morceau ''ODRA'', semblable cette fois à une ballade onirique.
Rien n'est laissé au hasard : le fil conducteur du concert se ressent sans être répétitif.
Si vous vous posez la question « Le rock français est-il mort ?'', c'est que vous n'avez manifestement pas vu Thot en concert.

Crédit photo: Emilie Foudelman

Thot