Une soirée qui commence d’ailleurs relativement tôt, avec deux groupes inconnus au bataillon qui nous sont proposés en ouverture de ce plateau. Tout d’abord, Algebra, manifestement de la partie romande de la Suisse si l’on en croit ce que l’on entend, nous propose une prestation fort agréable. Dans un registre Thrash qui rappelle parfois Coroner, Algebra fait preuve d’une bonne énergie d’ensemble et met en valeur quelques passages harmonisés plutôt sympathiques, et une relative aisance technique peut-être gagnée au travers de cette longue tournée. Reste le chant, malheureusement un peu faiblard dans l’ensemble…
Un défaut que l’on retrouve chez leurs compatriotes de Cormaniac, manifestement issus du versant suisse-allemand et déboulant sur scène avec une grosse dose de bonne humeur ma foi assez communicative. Le groupe a le sourire, voire s’avère hilare en ce qui concerne son leader, sans que l’on ne sache véritablement pourquoi. On apprécie l’effort mis sur une certaine variété dans les compos, bien mises en valeur par la construction de ce set de courte durée. Revenant à la charge, le chanteur s’amuse de la capacité multi-linguiste du pays et nous teste un peu … y compris quand lui même se voit mis au défi en italien. Un groupe qui malgré tout semble se chercher encore un peu entre technicité et Thrash classique, et qui devra encore trouver sa voie.
S’en suit un assez long break, qui s’explique entre autres par la quantité de matériel à installer pour Cryptosis que je n’attendais personnellement pas aussi équipés ! Dotés notamment d’écran diffusant différentes videos le long du concert, les anciens Distillator feraient presqu’office de tête d’affiche avec une telle production ! La mise en place sonore n’est pas reste, le côté mur du son s’avérant assez saisissant pour un trio qui a manifestement beaucoup travaillé son set pour nous proposer en outre une simili narration qui finit de nous immerger dans leur univers particulier. Le tout est fort bien exécuté et difficile à prendre en défaut, mais peut-être un peu trop dense pour vraiment en retenir quelque chose. Dommage, le potentiel est clairement là. A noter, David Di Santo de Vektor qui regarde tranquillement la première moitié de ce concert depuis le premier rang, de son œil aussi connaisseur que fort bienveillant…
Nous y voilà donc enfin à ce concert de Vektor. Attendant personnellement depuis des années de voir enfin les Américains sur les planches, je ne peux être que déçus de constater que le groupe n’a pas attiré les foules ce soir. Un sentiment vite oublié dès la (longue) intro terminée, tant le quatuor va nous scier les pattes. Plus d’une heure durant, Vektor démontre toute sa maestria technique, tout sourire dehors. Doté d’un niveau ahurissant, chacun des musiciens nous assène une claque en bonne et due forme : de quoi faire très plaisir aux premiers rangs, qui , eux, sont à fond du début à la fin de ce concert essentiellement basé sur Terminal Redux mais qui laisse aussi de la place pour des pépites plus anciennes comme Black Future, Asteroid ou Tetrastrucural Minds.
Seule ombre au tableau, le chant clair de David, un peu pris en défaut sur Dead By Dawn ou le génial Collapse, mais pas si catastrophique qu’on a pu le lire ici ou là. Un David qui garde le sourire tout au long de ce concert, comme son compère Erik qu’il présente comme son meilleur ami avant de nous introduire sa nouvelle section rythmique (l’impressionnant Stephen à la basse et le très concentré Mike à la batterie). Se permettant de jouer à l’aise des pavés jouissifs tels que la doublette Charging the Void / Recharging the Void tout comme de nous envoyer les brulôts thrash que renferment des Asteroid ou LCD, Vektor fait de toute façon ce qu’il veut avec ses instruments ... ou avec nous.
Véritable faille spatio-temporelle, ce concert passe si vite qu’on a même l’impression qu’il vient de démarrer lorsqu’il s’achève. Vektor ? De vrais aliens… Sci-fi never dies !
Remerciements à la Kulturfabrik

Vektor
Cryptosis