
Après un chemin tumultueux nous arrivons pour une première dans cette petite salle locale juste après la toute première partie de The Love,groupe belge en plus, que nous aurons le plaisir de revoir pour nous faire pardonner de ce rendez-vous raté. Le temps de s'installer et de prendre la température pour la suite qu'une image vient nous frapper dans la rétine, c'est pas bien rempli. On a clairement du mal à imaginer la formation anglaise partager une énergie folle comme vu sur les réseaux dans cette petite salle où le public évite la scène et s'accoude à la table pour mieux profiter de la deuxième première partie Cloudsurfers. Formation néerlandaise de psyché-garage avec deux batteries, ça sonne en album, ça devrait sonner en live.

L'occasion pour nous de découvrir cette salle au son des premiers morceaux du band et bien vu, cela fonctionne. Le public remue la tête doucement en gardant une certaine distance avec les jeunes rockeurs et nous profitons d'un rock qui n'est pas sans rappeler Osees(deux batteries obligent) ou encore les débuts de King Gizzard. Gros delay, reverbs profondes, passages hypnotisants et rythmiques insensées, la sauce prend et c'est réussi pourCloudsurfers. Si certaines parties du set apportent quelquefois de la lourdeur via des solos trop farfelus ou un certain manque de riffs, certains morceaux accrochent comme The Curse ou l'efficace Cheap Cocaine. On devra les revoir donc, on sait que la formation sera au Trix le 13 décembre et dans le café en plus ! L'occasion de se plonger un peu plus dans ce petit espoir du genre.
C'est avec une trentaine de minutes de retard que Bad Nerves s'installe sur la petite scène de Lessines et le public, lui, n'a pas tardé. La salle est correctement remplie quand commence Don't Stop. Une crainte trainait dans nos esprits à l'approche de la date... Et si le groupe se résumait en une bande de sales gamins pédants à la Artic Monkeys ? Est ce que Bad Nerves, c'est peut-être pas juste lesBB Brunesd'Outre Manche? Ah ? Non.

Si le chanteur se cache derrière ses lunettes pour les premiers morceaux, la paire va vite s'envoler avec la foule pour un punk rock efficace et propre dans le bon sens du terme, qui vient des tripes. On se surprend vite à éviter, appareil photo oblige, les premiers pogos qui viennent diviser le public attentif. Baby Drummer, Radio Punk ou encore le classique Can't Be Mine, commencé doucement en arpège pour finir en apothéose, le prix du ticket est déjà rentable.
[''C'est notre dernière date et on voulait vous remercier d'être venus si nombreux''! Et on aurait pu être bien plus. Après quelques papotes rapides entre deux morceaux dans le public, on se rend compte que la plupart des fans rencontrés sont flamands et ont suivi le groupe pour les deux premières dates chez nos voisins du nord. Addictif ? Peut-être, mais jouissif surtout quand le groupe se permet de reprendre avec classe Children in The Heat des Misfits ou le grand classique Cretin Hop des cousins Ramones. Ils s'amusent, nous aussi et sans doute que c'est un bon résumé d'un concert punk.

En rappel avec Bored Of Babies et le nostalgique Wasted Days, le groupe clôture sa tournée européenne avec un show cinq étoiles et une énergie rare. Les crêtes ne sont plus, les vestes en cuir sont restées. Les crachats mouillent la scène et non plus le premier rang mais Bad Nerves est venu montrer que le punk est encore anglais (quoique très inspiré des cousins ricains) et que comme dirait mon collègue: ''Si eux n'explosent pas, je ne comprends rien à la musique''.


Bad Nerves
The Hives
Osees