Evidemment, avec un line-up pareil et l’aura entourant Michael Poulsen, il n’y a qu’un pas à faire vers les planches, qu’Asinhell franchit donc cet été. Et avant d’entamer une petite tournée des festivals (dont le Graspop), c’est évidemment en club que les Danois viennent s’échauffer. On les retrouve donc ce soir boulevard du Rock’n’roll, à Esch-sur-Alzette, en compagnie des Allemands de Endseeker pour une affiche garantie 100% Death old school.
Ce sont d’ailleurs les Luxembourgeois de Desdemonia qui ouvrent cette soirée. Habitués des scènes locales (mais pas que), le quatuor formé en 1994 (!) a cependant la désagréable surprise (?) de se produire devant une Rockhal quasi vide. Difficile de se mettre dans le bain dans ces conditions, même si la basse claquante et les compos du dernier album en date (Anguish) viennent titiller nos tympans bien comme il faut. Un set plaisant et plutôt enlevé donc, auquel ne manquera qu’un peu plus d’ambiance pour vraiment décoler, même si le club commence à se remplir un peu plus significativement en fin de concert.
Une rapide mise en place plus tard, et c’est donc Endseeker qui se charge du dernier tour de chauffe avant Asinhell, les deux groupes effectuant d’ailleurs plusieurs dates en commun cet été. Dès les premières notes, les spectateurs encore éventuellement vierges de toute écoute préalable (par exemple les deux dernières livraisons studio plutôt sympa que sont Global Worming ou Mount Carcass, plutôt bien représentées ce soir) n’ont aucune difficulté à reconnaitre dans quoi ils mettent les pieds (ou plutôt les oreilles). On nage évidemment en plein Death old school à tendance swedish, doté d'une HM-2 en tête de pont. Le son s’avère excellent et met bien en valeur le riffing de Jury et Ben, et leurs quelques leads mélodiques. Et ne vous fiez pas à la dégaine d’Oncle Fétide version stand-up de Lenny (chant) car le monsieur assure comme un diable derrière le micro, autant qu’il nous amuse entre les morceaux. Un concert très réussi donc, préalable parfait à ce qui nous attend ensuite. Bien joué !
On le disait en intro, Asinhell ressemble avant tout à un projet mené entre potes pour se faire plaisir sur un style de musique dont ils restent intrinsèquement fans. Est-il donc surprenant de voir débouler Michael Poulsen le sourire aux lèvres dès les premières minutes de concert ? Pas plus que de le voir arborer un magnifique t-shirt Repulsion (allez écouter Horrified). Plus surprenant peut-être est la présence de Jacob Hansen à la basse, lui qui a déjà produit et mixé Impii Hora. Manifestement, cette bande de potes a décidé de rester ensemble pour se faire plaisir, et nous avec. La cohésion de l’ensemble sur scène s’avère en tout cas manifeste et rend justice, live, aux compos de Michael and co dont la technicité se montre peut-être plus grande que ce que l’on pouvait croire.
Un peu essoufflé par un concert mené à toute vitesse, Mark nous annonce après quelques titres que leur seul album au compteur ne leur permet évidemment pas de tenir un concert complet en tête d’affiche, et qu’ils vont donc nous interpréter quelques reprises. Et alors qu’on s’attendait à du Entombed (voire du Dominous) ce sont carrément les notes du culte The IV Crusade des regrettés Bolt Thrower qui retentissent ! Un très grand moment qui nous porte dans une deuxième partie de concert au moins égale à la première et à la fin de laquelle Asinhell se frotte cette fois au Leprosy de Death (carrément !) suivi d’un petit medley d’où surnagent aussi (il me semble) quelques riffs empruntés au disparu Chuck Schuldiner.
C’est évidemment Fall of the Loyal Warrior qui conclut cet excellent concert qui aura probablement donné envie à chacun de se replonger dans ses albums préférés des années 90, mais qui prouve aussi que le projet Asinhell en a sous la pédale et pourrait s’inscrire sur le long terme. A suivre…
Remerciements à la Rockhal pour l'invitation

