Dark Funeral pourrait d’ailleurs remplir à lui seul une bonne partie du club voisin. Mais pour leur première au Luxembourg les Suédois se produisent donc en ouverture de luxe pour leurs comparses stylistiques sans pour autant lésiner sur les moyens. A commencer par cette entrée en matière assez élégante, les lights illuminant tour à tour chaque membre du groupe, et resteront d'ailleurs ensuite de bonne facture. Le son l'est tout autant, et certainement moins crade que dans mon souvenir brumeux d'un Thronefest lointain quand Dark Funeral y interprétait The Secrets of the Black Arts en entier. De cet album nous n’aurons droit qu'au morceau éponyme, au cœur d'une setlist réduite à portion congrue puisque seuls 5 morceaux sont joués ce soir, temps de jeu limité à 30 minutes oblige. Largement le temps toutefois d'apprécier les qualités mélodiques du Black lancinant d'un Dark Funeral qui aura bien convaincu ce soir. Comme nous le fait répéter Heljarmadr : Hail Satan !

Quel retour plaisant que celui de de Dimmu Borgir cette année. D'abord en studio, leur dernier album plutôt convainquant (Grand Serpent Rising) sortant 8 ans après Eonian. Et maintenant sur les planches, en dehors du circuit festival. Le groupe se sait attendu, et c'est en vrai conquérant qu'il démarre son set sur Ulvgjeld & Blodsodel, issu justement de Grand Serpent Rising. Majestueux dès le début, Shagrath and co impressionnent, même si la compo dont il est question n'est pas forcément évidente à reproduire en conditions live. La pyro est déjà de sortie, et le public acclame les Norvégiens pour Mourning Palace, qui suit juste derrière, puis Kings of the Carnival Creation dont les trémolos évocateurs font plaisir aux nostalgiques de la période Puritanical. La scène se voit alors complétée par de nouveaux éléments de décor et des percus pour Council of Wolves and Snakes, dont l'intro toutes flammes dehors fait sensation. Sacré riff ensuite que celui de As Seen in the Unseen, nouvelle compo du dernier album dont le refrain accroche assez, enchainée presque comme sur l'album avec Ascent, pour laquelle Shagrath essaye de nous motiver en ce sunday night , avant de nous demander si nous avons passé un bon moment jusqu'alors. Oui en ce qui concerne The Serpentine Offering, rescapé de In Sorte Diaboli qui passe toujours aussi bien même si le chant clair reste désormais absent du Dimmu live version 2026. Dommage, mais le public commence à se lâcher, notamment sur Puritania et évidemment sur le final grandiloquent réservé à Progenies of the Dark Apocalypse. Une bonne heure de temps de jeu qui sera très vite passée, et un groupe plus en forme que ce que l'on aurait pu croire !

Behemoth s'est produit dans plusieurs configuration ici même et a plutôt convaincu à chaque fois, qu'il s'agisse de headliner une tournée similaire, jouant dans le Club, ou d'assurer la première partie de Slipknot sur cette grande scène. Belle prouesse en tout cas d'avoir rassemblé ce line up et de remplir ainsi une Rockhal qui lui répond bien. Il faut dire que la réputation des Polonais n'est plus à faire, eux qui nous habituent désormais un vrai show à chacune de leur apparition. C'est peut-être sur ce point que l'on va se révéler un peu déçu. Certes les moyens sont là (projections, pyro, accessoires, costumes) mais pour qui a déjà vu Behemoth ces dernières années (qui plus est en main stage de festival) il n'y a pas vraiment de surprise. L'intro sur Daimonos nous secoue malgré tout, avant que la plus attendue Ora Pro Nubis Lucifer et son habituelle pyro nous permette de reprendre nos esprits. Le son, très clair, manque peut-être de puissance mais les renforts orchestraux comme ceux de Thy Becoming Eternal restent bien mixés dans l'ensemble, The Shit ov God s'avérant même très prenant à ce niveau.

Satan se manifeste ce soir avec trois bêtes nous dit Nergal, pour introduire un Conquer All rageur, puis revenir à l'emblématique The Satanist via Blow Your Trumpets Gabriel, dont le final dresse les poils toujours autant. Petit détour ensuite par un I Sculptor à la mise en scène étudiée (plateformes et lance flammes, Rammstein n'est pas loin!), qui sombre ensuite dans la brutalité d'un Ov Fire and the Void.
Enough of this ballad nous assène Nergal (ha ha) et voilà To Drown the Svn in Wine qui fait son apparition dans la setlist tandis que Bartzabel, plus attendu, donne l'occasion à Nergal de changer élégamment de coiffe. C'est alors le moment de la cover-hommage de Venom en compagnie de Shagrath, qui précède le retour au répertoire old school : durant Chant for Eschaton 2000 Orion vient même au contact du premier rang !
Le groupe, acclamé, se prête au jeu du drapeau (luxembourgeois) et du rappel avec le conclusif O Father O Satan O Sun tout en intensité. La coiffe qui s'évapore manque à l’appel, mais ne faisons pas la fine bouche : Behemoth répond aux attentes … sans toutefois les dépasser !
Remerciements à la Rockhal pour l'invitation
Crédits photos : deadly sexy Carl

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