Il est regrettable qu'aucun promoteur belge n'ait pris le risque de programmer D-A-D. Et tout cela à la faute d'un onzième album Dic.Nii.Lan.Daft.Erd.Ark qui n'est malheureusement pas distribué dans notre pays. Qu'à cela ne tienne, les Danois ont pris leur bâton de pélerin pour distiller leurs bonnes paroles dans quelques villes voisines en Allemagne (Cologne) ou aux Pays-Bas (Kerkrade).

La salle du Rock Temple était d'ailleurs bien garnie pour célébrer la venue des Danois sur ses planches. Le public, composé de personnes de tout âge, aura d'ailleurs été gâté grâce à une excellente prestation d'1h45 des Scandinaves.
Malgré toute la difficulté liée à la promotion de nouveaux titres méconnus, D-A-D est parvenu à amuser son auditoire grâce à une setlist balancée entre ses "classiques" (Jihad, Sleeping My Day Away, Bad Crazyness) et quelques-unes de ses nouvelles compositions (I Want What She's Got, The Place Of The Heart).
Et puis il y a aussi eu le remarquable jeu de scène des membres du groupe malgré l'exiguité des lieux. On a beaucoup apprécié la prestation vocale de Jesper Binzer qui, malgré toutes ces années passées à vociférer, n'a rien perdu de son superbe timbre légèrement éraillé. Le chanteur n'a d'ailleurs pas hésité à se mêler au public pour pousser ses vocalises dans ses dernières limites...

Que dire aussi de Jacob, son frèrot de guitariste, qui a réellement mis le feu avec ce son si particulier et unique en son genre. Coiffé d'un châpeau haut, le gaillard avait des faux airs de Richie Blackmore que son jeu de guitare n'aurait d'ailleurs pu renier.
L'album No Fuel Left For The Pilgrims, sorti en 1989 et qui a d'ailleurs rencontré le plus grand succès aura été bien représenté avec trois de ses titres même si l'auditoire a réclamé, en vain, l'excellent titre "Girl Nation", délaissé par le groupe.

Mais le clou du spectacle, c'est évidemment au déjanté Stig Pedersen et à ses basses à deux cordes aussi inouïes que folkloriques qu'on le doit. Imaginez une basse avec un corps en forme de chevalet et un chevalet en forme de guitare! Ou alors une basse cachée derrière un missile à tête chercheuse. Stig nous avait époustouflé il y a 23 ans (oui déjà) au VK de Molenbeek où il était coiffé d'un casque d'aviateur. Et bien l'homme n'a pas changé... Il a grimpé sur tous ses diffuseurs, sur la batterie de Laust, aura cogné sa basse à tous les spots. Et il ne faudra d'ailleurs pas s'étonner de le voir se brûler le torse quand il a essayé de se sécher les cheveux avec un essui la clope au bec... Stig est toujours aussi imprévisible.

La force de D-A-D réside dans cette cohésion musicale entre des musiciens qui se côtoient depuis trente ans déjà. En effet, le line-up du groupe n'a subi qu'un seul changement au cours de ces trois décennies puisque le batteur originel Peter Ljensen a laissé sa place derrière les fûts à l'excellent Laust Sonne. Et cette force tranquille s'est encore illustrée vendredi soir sur les planches du Rock Temple lors d'un concert remarquable de professionnalisme et d'humour...
Setlist D-A-D:
01. New Age
02. Jihad
03. The End
04. Everything Glows
05. Point of View
06. Monster
07. Reconstrucdead
08. Ridin'
09. Neverland
10. Grow Or Pay
11. All Fall Down
12. I Want What She's Got
13. Bad Craziness
14. The Place of the Heart
15. Sleeping My Day Away
16. Laugh 'n 1/2
17. It's After Dark
D-A-D