Après un léger cafouillage technique retardant leur entrée sur scène, les vétérans de Vader peuvent enfin ouvrir cette soirée. Evidemment, avec autant d’expérience et de maîtrise, on ne leur fait pas à Vader. Immédiatement reconnaissable grâce au growl caverneux de Peter, Vader se promène entre extraits du petit dernier (Tibi & Igni) et classiques (Sothis, Hexenkessel). Avec un son qui gagne en clarté au fur et à mesure, leur set passe comme une lettre à la poste. On aimerait clairement revoir le groupe dans une configuration plus petite : ce vœu sera bientôt à moitié exaucé puisque Vader reviendra dans cette même salle au sein du package Hatefest (avec Six Feet Under entre autres).
Le temps de tenter une traversée de la foule pour aller jeter un œil au stand de merch (très fourni !), l’enchaînement est rapide avec Sodom. Alors forcément, avec la réputation du combo et le fait que le concert se déroule en Allemagne, le public accueille le groupe comme il se doit. Le son est déjà bon, très intelligible, et permet de découvrir sous un autre jour les morceaux plus anciens du combo. Un set certes répétitif mais bien mené et conclu sur l’inévitable Blasphemer.
L’intensité de la soirée monte clairement d’un cran tandis que s’effectuent les derniers préparatifs pour le support grand luxe de cette tournée : Arch Enemy. L’affluence d’un public bien compacté aux abords de la scène montre que les fans ont répondu présent, et que l’effet curiosité joue à plein : curiosité de juger de la performance de Alissa White-Gluz qui remplace depuis plusieurs mois maintenant Angela Gossow, et curiosité d’entendre à la deuxième guitare Jeff Loomis (ex-Nevermore), nouveau membre surprise annoncé peu avant le début de cette tournée.
Les éventuels doutes quant à cette nouvelle mouture tombent dès le début du concert : les nouveaux venus sont très à l’aise, et montrent un Arch Enemy au top. Alyssa n’a peut-être pas le charisme un peu animal de Angela, mais elle possède un indéniable style, une présence qui fait mouche, surtout avec un chant aussi assuré. Jeff Loomis, lui, ne se contente pas de jouer les figurants de luxe puisqu’il reprend à son compte certains solos des nombreux hits joués ce soir (Ravenous, We Will Rise, Dead Eyes See No Future,...) et gracieusement laissés par un Michael Amott plus sobre que ce que l’on a pu connaitre. Evidemment, les deux derniers albums sont assez représentés, tout en se mêlant bien au reste de la discographie plutôt riche des Suédois (?). C’est d’ailleurs ce que le public plutôt chaud du Garage montrera, gratifiant le groupe de plusieurs slams durant No Gods No Master et d'indénombrables bras levés en fin de set. Un concert très réussi, de bon augure pour les festivals d’été.

La soirée ayant commencé relativement tôt, Kreator bénéficie d’un temps de jeu conséquent pour assurer son rôle de tête d’affiche. Bien acclamés à leur entrée sur scène (une scène dotée à nouveau d’un joli décor mêlant lights et divers panneaux), Kreator nous livre une setlist proche de celle qui accompagne le groupe depuis la sortie de Phantom Antichrist, dont il jouera le titre éponyme ainsi que Civilization Collapse et From Flood into Fire. Pour le reste, on retrouve un Kreator en excellente forme : on apprécie ces intonations qui rappellent parfois Slayer, on apprécie les incursions mélodiques des titres plus récents, et on apprécie les nombreux classiques tels que Hordes of Chaos ou Pleasure to Kill. Mille Petrozza reste un frontman charismatique et son chant n’est que rarement pris en défaut. Assurant une vraie présence, Kreator rehausse de plus son concert par quelques jets de fumigène bien placés et une reprise de Iron Maiden (The Number of the Beast) lors du rappel ! Une cover forcément bien accueillie et qui marque pour nous le départ, un sourire plutôt satisfait sur les lèvres après cette soirée très réussie.

(Thanks Nicole for the picture !)

Kreator

Vader
Arch Enemy
Six Feet Under

Iron Maiden