
C’est Havenside qui ouvre les hostilités. Encore fortement méconnu en Europe, ça ne les empêchera pas de donner tout ce qu’ils ont pour faire bouger la fosse pour la première fois de la soirée. Cependant, un obstacle de taille rend la tâche bien moins facile : il n’est que 18h, et seulement peu de gens ont eu la possibilité d’arriver au Trix aussi tôt. Le groupe quitte la scène après quelques chansons à peine, ce qui ne laissera malheureusement pas le temps de se faire une réelle impression à leur sujet.

Havenside. Photo prise par Arne Desmedt pour Cardinals.
Coldburn reprend le flambeau. L’heure de passage sera cette plus clémente envers les Allemands, qui ont réussi à gagner en notoriété depuis une année. Résonnant comme du Madball plus agressif, on les sent à leur aise pour nous délivrer leurs nouveaux titres du fraichement sorti Down In The Dumps, mais aussi les chansons de leur premier album, dont Love Left Me qui a beaucoup circulé sur le net. La foule bouge un peu plus et connait même quelques paroles, la température monte enfin dans la salle.

Coldburn. Photo prise par Arne Desmedt pour Cardinals.
C’est sur cette note positive mais encore timide qu'Angel Dut monte sur scène. Si on baigne dans une ambiance relativement beatdown et brutale dans l'ensemble, on a affaire ici à un groupe de hardcore pur et dur aux influences punk. Et si on peut croire que la réponse du public ne sera pas chaleureuse vu le nombre de fans de hardcore brutal présents, on peut gentiment se tromper. Justice, aussi vocaliste dans Trapped Under Ice, et sa bande ont leur petit succès. Stepping Stone lance le ton, le micro est tendu vers la fosse qui se précipite pour venir le décrocher. Les premiers stage dives sont au rendez-vous et nombreux sont les side-to-side. Leur prestation sera courte mais intense. En même temps, que peut-on espérer d’un groupe dont les EPs entiers ne durent même pas dix minutes ?

Angel Dut. Photo prise par Arne Desmedt pour Cardinals.
Place aux bonnets et aux pulls trop larges, Desolated débarque. Leur son n’a rien à voir avec la musique de leurs prédécesseurs : cette fois, on n’y va pas par 4 chemins et on joue un hardcore brutal au mosh parts simples mais efficaces. Cette recette a clairement un meilleur impact sur le public, qui aura l’occasion de se donner un maximum sur des morceaux tels que le désormais classique Death By My Side qui ouvre le set des Anglais, mais aussi Year of the Snake, et le petit dernier The End. Malheureusement, la puissance vocale du chanteur est proche du seuil de zéro et ce style musical est un peu trop simple et trop « droit au but » pour me convaincre.

Desolated. Photo prise par Riot Photography.
C’est face à une salle bien plus remplie et une ambiance bien plus chaleureuse que Cruel Hand joue ses premières notes. Et dès le début, on rentre au vif du sujet : les premières chansons sont tirées des anciens albums Prying Eyes et Lock & Key et agissent immédiatement sur la foule. Rapidement, les 2-steps, sing alongs et stage dives arrivent au plaisir de tous. L’ambiance restera positive lorsqu’ils joueront leurs nouvelles chansons, provenant de leur dernier album The Negatives, qui avaient reçu un retour mitigé suite à leur évolution vers un genre plutôt punk-rock, même si la réaction de certains fans sera plus discrète. Petit bémol cependant, même si l’ensemble de leur set était bon : le son étant mal mixé, la voix ne paraissait être qu’un murmure même pour les gens se trouvant face au chanteur.

Cruel Hand. Photo prise par Arne Desmedt pour Cardinals.
Il reste à présent les deux têtes d’affiche, et pas des moindres vu qu’il s’agit de Lionheart et Nasty.
Quelques années ont passé depuis le dernier passage des Américains plus qu’attendus de Lionheart. Le Trix est comble lorsque le groupe monte sur scène, plus qu’heureux de revenir en Belgique. Il ne faudra pas plus que quelques secondes pour que la fosse s’embrase ! Jouant principalement des morceaux de Undisputed, de Welcome To The West Coast et de Built On Struggle et donc pratiquement aucune ancienne chanson, la magie de leur harcore aux connotations old school opère du début à la fin. Les fans sont étonnamment de tout âge et on notera aucun répit entre les sing alongs et les multiples stage dives. Il est presque impossible de ne pas apprécier la puissance de ce set et de ne pas être excité à l’idée de leur retour dans notre plat pays lors de l’Ieperfest.

Lionheart. Photo prise par Arne Desmedt pour Cardinals.
Quelques litres de sueur plus tard, on attend Nasty avec impatience. Si on croyait avoir tout donné pour Lionheart, on se retrouve à devoir donner autant d’énergie à nos amis belgo-allemands. Leur album Shokka, sorti en février, a marqué ce début d’année 2015 et il est impossible de nier l’engouement que ce groupe a engendré dans la scène hardcore actuelle. Même si leurs tournées sont à présent nombreuses, chaque concert de Nasty est un événement à part entière. Matthi et ses acolytes montent sur scène et la folie peut commencer.
Le beatdown pêchu que nous balance le groupe est un véritable mur de son irrésistible. Si vous aimez leur musique sur CD, sur scène ça ne peut que vous plaire davantage. Cette énergie et ces riffs dévastateurs atteignent chacune des personnes présentes dans la salle, sans exception. Si les fans de la première heure se marchent littéralement dessus pour voler le micro de Matthi, les autres adulateurs du genre se rencontreront dans un mosh pit où aucun centimètre carré n’est délaissé. Leur set est relativement varié et bien choisi : on passe par tous leurs albums, qu’ils soient récents ou pas, pour le bonheur de chacun. S’il y a bien une chose que vous devez retenir, c’est que si vous n’avez jamais eu l’occasion de voir Nasty sur scène, il serait temps de changer la donne, car vous risquez de passer pour le dernier plouc du hardcore.

Nasty. Photo prise par Arne Desmedt pour Cardinals.
Il est 23h30 quand Nasty rend les armes, et que toute la salle ressort (con)vaincue. Le nom de cette tournée, le Taste of Anarchy, fait en effet bien honneur à l’ambiance générale de ce vendredi soir. La soirée ne fut pas riche en découvertes, mais en prestations de qualité, et Matar aura marqué le coup avec ce line-up dans l’air du temps et plus que bien ficelé.
Havenside
Coldburn


Desolated


Nasty