
Véritable découverte de la soirée, les jeunes louvanistes de Siphilisation en auront surpris plus d'un avec leur doom teinté de post-metal. Lente et profonde la musique que balance ce combo marie puissance et excellence, mais reste au final assez commune. Cependant, là où Siphilisation nous cloue le bec, c'est bel et bien lorsque Sofie, sa jeune chanteuse, nous lâche un chant juste et intense, que bien des hommes ne pourraient livrer. Calibrée à merveille, la voix de la belle se fait insistante, voire même captivante. Outre un physique plutôt mignon, ce sont bien les vibrations qui émanent de ses cordes vocales qui attirent notre attention. Et dans le public, personne ne s'y trompe, c'est l'étonnement général.

Deuxièmes à fouler les planches du Magasin 4 ce soir-là, les Liégeois de Deuil sont venus nous enterrer sous leur sludge surpuissant. A peine remis de la découverte faite à l'instant, nous voilà à nouveau poussés dans nos retranchements. Mêlant black metal, doom et sludge, Deuil, qui s'apprête à nous sortir une nouvelle galette, venait nous présenter quelques nouveaux titres. Statiques, les quatre principautaires appuient sur la pédale quitte à presque se mettre dans le rouge. S'époumonant jusqu'à ne presque plus savoir respirer, le vocaliste de la formation nous assomme littéralement de ses cris. Après 40 minutes, le coup est livré. C'est net, c'est propre, c'est sans bavure.

Alors que notre esprit s'égarait encore dans les récents souvenirs que venaient de nous laisser ces deux sets, les Français de General Lee allaient nous livrer un coup presque fatal sur la cafetière. Connus pour être énergiques, leurs concerts ne laissent pas indifférents et celui donné ce samedi au Magasin 4 n'a pas dérogé à la règle. Survolté, voire même enragé, le combo originaire du nord de la France pallie le manque d'assistance par un regain d'énergie. Testostérone et sueur au menu. Calquant un groupe tel que Biohazard au vu de la débauche d'énergie déployée sur scène, General Lee régale tant la vue que l'ouïe. Occupés à préparer un nouvel album qui devrait sortir d'ici les prochains mois, cette date est également pour eux l'occasion de nous présenter certains de leurs nouveaux titres. Mais agacés par un public sans doute trop statique à leur goût, quatre des cinq membres du groupe terminent leur set dans la fosse et n'hésitent pas à aller bousculer celles et ceux qu'ils voudraient bien voir bouger un peu plus. Un coup de guitare sur le crâne plus tard, la démonstration prend fin, ouf, encore 5 minutes et on aurait dû appeler le 112!

Lourd, intense et extrême, la suite et la fin du programme de la soirée nous garantissent un coup fatal. A chaque fois synonyme de petit événement en soi lorsque qu'ils reviennent poser leurs valoches au 51b de l'avenue du Port, les Français de Celeste sont des gars qu'il faut voir, ou plutôt entrapercevoir, au moins une fois dans sa vie! Connus pour livrer des concerts d'une rare intensité, Celeste est également l'un des pires cauchemars des photographes (d'ailleurs Shoot Me Again en avait envoyé trois pour au moins être sûr d'avoir une photo potable pour illustrer cet article). Leurs lampes rouges bien arrimées sur le front, nos lascars débutent, comme d'habitude, leur show dans un Magasin 4 plongé dans l'obscurité la plus totale et complètement enfumé. En dix minutes, la salle ressemble à Londres à l'époque des pires smogs. Plus personne n'y voit à moins d'un mètre! Mais lorsque les flashs stroboscopiques entrent en action, c'est un spectacle toujours affolant qui se livre à nous. Se balançant d'avant en arrière, le public, telle une armée de zombies, semble carrément hypnotisé et envoûté par la musique et l'ambiance développées par les Lyonnais. Complètement hors du temps, il est impossible de savoir combien de minutes, d'heures ou de jours le set de Celeste a duré. Tout ce qu'il est possible d'affirmer, c'est que, comme à chaque fois, nous en avons pris plein la caisse et sommes ressortis aveugles, sourds, mais heureux!



