
Quasiment complète, l'Ancienne Belgique grouillait de partout à l'occasion de cette venue spéciale de Primus. Car s'il y a trois ans, le groupe y avait déjà donné un concert de près de trois heures, cette fois-ci, il nous a carrément balancé deux sets en une seule et même soirée! Rien que ça! 19h30, la salle déjà bien remplie connaît un point de "doufitude" pas croyable. Devant, ça se masse contre les barrières, bah oui, Primus commence par une heure de best of. Les Claypool, le chapeau melon rivé sur le crâne, accompagné de ses deux acolytes de toujours Tim Alexander (batterie) et Larry Lalonde (guitare), nous ouvre la soirée avec un riff reconnaissable entre mille, celui de "Those Damned Blue Collar Tweekers", un titre sorti du deuxième album du groupe. Pendant une petite heure, les trois lascars nous sortent donc un petit best of et nous balancent des titres comme "Wynona's Big Brown Beaver", "Groundhog's Day", "Jerry Was a Race Car Driver" ou encore "My Name Is Mud". Oui, mais voilà, un show, même s'il n'est composé que de morceaux quasiment cultes doit être donné avec envie, ce qui semblait visiblement cruellement faire défaut. Statiques et muets face à un public interloqué, les boys de Primus, comme à leur habitude, semblaient effacés voire même mous du genou. Clap, on titre le rideau. La première partie est terminée, circulez, il n'y a rien à voir!

Trente minutes plus tard, voilà le vrai show qui commence, celui pour lequel Primus voulait faire déplacer les foules. Le rideau se lève et laisse découvrir un décor digne des plus grands trips à l'acide. Pas de doutes, nous voilà en plein dans l'usine à bonbons de Willy Wonka, sauf que cette fois-ci ce ne sont pas cinq enfants qui ont trouvé un ticket d'or dans une tablette de chocolat, mais 2500 qui sont là, les yeux ébahis face à la démesure et la beauté de ce qu'ils peuvent voir sur les planches. Rien que pour ça, c'est clair, le show valait le détour. En plein dans son personnage, Les Claypool, armé d'une contre-basse électrique, sort les premiers accords de l'introduction de Primus & the Chocolate Factory. C'est parti pour 45 minutes d'un récital visuel et auditif plus qu'expérimental. Sur scène on retrouve également les membres de The Fungi Ensemble qui viennent ajouter encore un peu plus de folie à ce qu'on peut déjà apercevoir et entendre. Car oui, s'il y a bien un mot qui peut qualifier cet album, c'est bien celui-là: la folie. Mais voilà, un fois l'effet de surprise passé, force est d'avouer qu'après une grosse demi-heure c'est plutôt l'ennui qui nous envahi.

Enchaînant les morceaux sans broncher, la bande à Primus, même déguisée et évoluant dans un décor à la Warner Bros ne montre aucun plaisir, aucune envie et accouche au final d'un show plus que fadasse. Quel dommage! Et pourtant, les incursions sur scène de deux poupées à taille humaine ainsi que le film projeté sur grand écran nous aurons arraché quelques éclats de rire. Mais sur scène, seuls les membres du Fungi Ensemble et plus particulièrement Mike Dillon (vibraphone, xylophone) semblent prendre leur pied et être heureux d'être là. Après une heure d'un show qui, malgré un certain manque d'engagement, aura été plus que magistral, Primus nous revient pour trois titres ("Southbound Pachyderm", "Fisticuffs" et "Here Come the Bastards") et puis s'en va à la manière d'un voleur laissant un public sur sa fin à qui il n'aura même pas adressé la parole. Clap de fin, deuxième. C'est terminé! Et oui les gars, Primus Sucks!

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