Se connecter
Live report 01-07-2017 par Erik 6 min de lecture

Madball au Reflektor : une boule de feu qui ne prend pas une ride !

Après Dog Eat Dog voici deux mois et Agnostic Front il y a seulement deux semaines, le Reflektor frappait ce soir un nouveau grand coup par l’intérmédiaire de Chris Michez (Do Or Die), qui s’est vu confier depuis quelques mois une partie de la programmation de la jeune salle liégeoise. Alors « Liège » et « gros concerts hardcore » c’est deux expressions que nous avons toujours espéré voir s’associer. Les concerts de petite envergure ont toujours été fréquents sur Liège, par l’intermédiaire de collectifs comme Jungle Booking, SilenceLess, Live Till You Die… et surtout le LGHC pour représenter l’essence première du hardcore. Et faute de salles adéquates, les dates présentées tournaient en général entre 40 et 150 entrées, loin de ce qu’on peut considérer comme un « gros » concert, pour lesquels il fallait alors traverser la frontière linguistique vers Anvers ou Hasselt. Après l’enchaînement d’ambitieux 6kFest entre 2013 et 2016 plutôt orientés metalcore, c’est aujourd'hui un hardcore de première génération qui envahit mois après mois la cité ardente et le Reflektor.

Surprise de qualité pour le public liégeois et opportunités en or pour les groupes locaux de partager l’affiche avec des légendes du genre puisque après Surge Of Fury qui ouvrait pour Agnostic Front deux semaines plus tôt, c’est Lifers qui foule ce soir les planches du Reflektor en guise d’apéritif avant Madball. Top départ à 20h18 (on sent la pression reçue par la salle pour respecter le timing et le couvre-feu imposé par la ville) pour Lifers qui entame son set devant un public parsemé. Il faut dire que le public déjà arrivé prend tranquillement l’air dehors et n’a pas encore pris la peine de passer aux entrées. C’est donc tout au long du set de Lifers que le public va peu à peu envahir la salle pour constater que l’avantage de jouer dans un endroit tel que le Reflektor, c’est aussi pouvoir profiter d’un son à la hauteur des groupes sur scène.



Car avec son hardcore lourd et lent, Lifers mise tout sur la puissance de sa musique et sur sa capacité à écraser littéralement son public. Ce qu’il parvient clairement à réaliser ce soir. Hormis le chanteur qui arpente la scène tout en plaçant ses cris, les musiciens sont plutôt statiques, comme pour renforcer encore le poids diffusé par la musique. Ce qui n’empêchera pas plusieurs membres du public de secouer la fosse sur la fin du set, par un mosh à deux doigts du crowdkilling… ce qui est toujours légèrement angoissant pour le photographe que je suis ce soir, évitant de justesse la semelle d’une Air Max à trois centimètres de ma mâchoire. Ce qui m’aurait laissé un souvenir marquant de cette soirée - souvenir dont je n'aurai pas besoin puisqu’en guise de cadeau pour le public, Lifers termine son set par une mémorable et puissante de reprise de Vendetta (Irate) aux relents bien plus metal que l’originale… à l’image du groupe.



A quelques minutes de l’arrivée de Madball sur scène, le public est déjà densément tassé dans la salle. Une intro instrumentale annonce l’arrivée des musiciens puis de Freddy Cricien sur scène. Ils démarrent rapidement leur set par Hardcore Lives, morceau que les parrains du NYHC ont pris l’habitude de jouer en début de set depuis la sortie de l’album du même nom en 2014. La fosse démarre dès la première note pour un mosh puissant mais sans excès. La chaleur envahit rapidement la salle alors que les slams s’enchaînent, par les quelques mêmes types un peu éméchés. L’un d’eux n’évitera pas ce moment gênant où le morceau s’arrête alors qu’il vient de poser un pied sur scène. Au bout de 20 minutes, après un énorme Set It Off qui augmentera encore la température ambiante de 5 degrés au moins, les corps torses nus, suintant de transpiration se multiplient dans le pit pour un échange de fluides corporels moins attirants que ceux qu’on imagine en général. Qu’à cela ne tienne, c’est ça aussi le hardcore : Unity, Brotherhood, Blood Sweat And Tears. Le public réagit toujours de manière plus intense sur les morceaux légendaires du groupes issus de Set It Off, Demonstrating My Life ou des vrais oldies ressortis à foison sur des faces B, des bonus tracks et réenregistrés / rassemblés à l’époque sur Ball Of Destruction. Un Get Out ou un Smell The Bacon fonctionnent toujours à merveille, ce dernier réinventé sans cesse et aujourd'hui joué sur une cadence ralentie de moitié et un côté presque destructuré.



Freddy Cricien a le sourire, les autres membres aussi. Le public plaisante avec eux, crie son affection pour le bassiste Hoya, au physique de combattant de lucha libre attendrissant. Freddy lance sa dédicace à Chris Do Or Die qui observe le concert de l’arrière de la scène en compagnie de sa fille alors que Hoya invite le public présent au Mission Ready Festival qui a lieu le lendemain… à condition de se présenter avec de la weed. L’ambiance est conviviale, et même s’il s’agit du véritable premier concert de Madball à Liège (sans compter ses passages au Durbuy Rock Festival), le groupe se sent chez lui ; la réputation de l’accueil liégeois n'est pas usurpée. Lorsqu’il annonce que son frère (Roger Miret de Agnostic Front) fête son anniversaire aujourd'hui le public entame un Happy Birthday aussi faux que touchant, geste qui semble même surprendre Freddy Cricien. Welcome to Liège, man !

Le ton reprend son sérieux lorsque Freddy incite le public à prendre soin de son entourage, because we live in a fucked up world you know. L’introduction parfaite pour le mythique Pride (Times Are Changing) qui emballe de nouveau la fosse. Les kids (entre 6 et 15 ans à vue de nez) ne seront pas en reste puisque Freddy Cricien ne manquera pas d'attentions à leur égard. Le grand frère prendra même le micro, poussé par Freddy qui, rappelons-le, a fait ses premières armes de cette façon sur la scène de son grand frère. Le petit frère tente même le slam à plusieurs reprises, pris en charge par une foule qui veille comme un seul homme à ce que la new generation ne se blesse pas. Quelques morceaux plus tard, c’est déjà la fin du set, que Madball clôture par un Hardcore Still Lives bien senti. Pas de rappel, les lumières se rallument et la musique d’ambiance redémarre. Pas de Demonstrating My Style ni de Unity ce soir. Place aux nouveaux morceaux du groupe, car Madball ne vit pas sur son passé. Il va de l’avant et a annoncé ce soir être en train d’écrire son nouvel album et aux dire de Freddy Cricien, le groupe a encore de belles choses à montrer : « Mark my words » dit-il pour le confirmer.

Sur les mêmes groupes

Premiers noms pour le Dynamo Metalfest 2027
News 30-08-2026

Premiers noms pour le Dynamo Metalfest 2027

L'organisation du Dynamo Metalfest a déjà annoncé les premiers noms pour son édition 2027 : Architects Mercyful Fate Cavalera Chaos A.D. Left To Suffer I Am…

Madball - Not Your Kingdom
Chronique 30-07-2026

Madball - Not Your Kingdom

Le nouvel album de MADBALL s'est fait attendre. Il s'agit même de la plus longue période séparant deux albums du groupe de Freddy Cricien. For The Cause avait…

par Fred

Le nouvel album de Madball en écoute
News 25-07-2026

Le nouvel album de Madball en écoute

Le groupe hardcore new-yorkais MADBALL vient de sortir son dixième album studio, Not Your Kingdom , via Nuclear Blast . Il se découvre ici :

Ysselsteyn (Jera on Air), le 25-06-2026
Photos 04-07-2026

Madball

Ysselsteyn (Jera on Air), le 25-06-2026 — 22 photos

par Jürgen Bruynooghe

À lire ensuite

Le nouvel album de Deerhoof en écoute
News Aujourd'hui

Le nouvel album de Deerhoof en écoute

DEERHOOF (indie rock experimental) viennent de sortir leur 21e album, Divine Schism , en l'autoproduisant et le publiant via leur propre structure Children Of…

Liège (KulturA), le 27-10-2026
Photos Aujourd'hui

Dééfait

Liège (KulturA), le 27-10-2026 — 44 photos

par Juliette Jacobs

Tagada Jones - A Fleur de Peau
Chronique Hier

Tagada Jones - A Fleur de Peau

Depuis plus de trois décennies, TAGADA JONES occupe une place de choix sur la scène alternative française et francophone. Enragé, engagé et fidèle à ses…

par Fred

GNOD
Interview 26-08-2012

GNOD

Pouvez-vous présenter le groupe, essayer de définir votre musique pour les gens qui n'auraient pas entendu parler de vous ? Paddy: Alors, quel genre de musique…

par Elodie

La péniche InsideOut dans tous ses états...
Article 01-09-2011

La péniche InsideOut dans tous ses états...

Elle est grande, longiligne, sensuel et vachement bien foutue... Elle bat le rythme du coeur de la cité ardente... Comme les belles femmes, elle est toujours…

par Pat