Pour les accompagner, les Américains ont choisi les Londoniens de Puppy dont je n’ai, autant l’avouer, jamais entendu parler avant l’annonce de cette tournée. Ayant choisi de ne rien écouter de leurs productions récentes, je découvre ainsi le groupe ce soir, non sans une certaine surprise. En effet, le trio au look limite normcore évolue dans un style à la croisée du Rock, de la Pop et du Punk assez difficile à classer même s’il rappelle parfois Weezer ou les Smashing Pumpkins. Comme son (curieux) patronyme l’indique ou presque, le groupe fait preuve d’une certaine douceur dans son propos (notamment au niveau du chant) mais surprend aussi par quelques envolées plus franches, voire complétées par des passages plutôt heavy. Déstabilisant et à réécouter en format studio cette fois, histoire de compléter ce premier avis.

Si le temps alloué au changement de plateau paraissait bizarrement étendu à première vue (45 minutes environ – heureusement la playlist de ce soir envoie du Black Sab’ à pleins tubes ) c’est effectivement sur les coups de 21h30 que Monster Magnet s’empare de la scène de la Kufa pour 90 minutes de concert endiablé. ‘S’emparer’ reste effectivement le verbe qui revient en tête 24h après, tant Dave et sa bande savent parfaitement capter notre attention le long d’un concert maitrisé de A à Z. Depuis l’intro sur Dopes to Infinity (issu de l’album éponyme bien représenté ce soir avec 4 extraits) et son riff tueur jusqu’à la conclusion (avant rappel) sur le célèbre Space Lord, Monster Magnet déroule en effet un set construit au poil, varié dans ses choix de morceaux (les râleurs diront quand-même que Spine of God n’est pas représenté) et dans ses ambiances, comme quand un Rocket Freak tout neuf laisse place à un Crop Circle tueur en début de set.
Et, évidemment, le succès de cette soirée doit beaucoup à Dave Wyndorf et son indéniable charisme. Si bien sûr il ne met pas le feu à sa guitare ce soir, il sait comment haranguer la foule (bien nombreuse ce soir), fixer l’un ou l’autre membre du public du regard, et finalement récolter toute l’ambiance qui est due le long de ce concert où paradoxalement il prend peu la parole, si ce n’est lors du petit speech précédent Space Lord. Une avalanche de qualité (et de tubes !) qui mène tout droit à un rappel conclut par l’inévitable Powertrip.

Avec autant de qualités (son, ambiance, choix de setlist) et si peu défauts (on signalera quand-même des projections quasiment invisibles : dommage quand on se rappelle l’été 2017…) il y a fort à parier que Monster Magnet a fait l’unanimité ou presque ce soir : de quoi renouer avec 20 nouvelles années de souvenirs... même si on préfère croire en un retour plus proche dans le temps !
Setlist :
Dopes to Infinity
Rocket Freak
Crop Circle
Radiation Day
Melt
Look to Your Orb for the Warning
Ego, the Living Planet
When the Hammer Comes Down
Negasonic Teenage Warhead
Space Lord
Encore:
CNN War Theme
Dinosaur Vacume
Powertrip
Remerciements à la Kulturfabrik

Monster Magnet