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15 ans de SMA - Renaud : « Le public wallon me laisse parfois pantois »

Dimanche 22 décembre 2019



Renaud, qui dit fin d’année dit bilan. Que t’inspire 2019 du point de vue de la musique alternative ?

Malgré une année riche en événements musicaux qui ont répondu à mes attentes, cette année m’a surtout conforté dans ma position que la culture musicale alternative ne bénéficie pas de l’attention qu’elle mériterait d’avoir en Wallonie.

Peux-tu développer ton idée ?

Lorsqu’on habite dans un coin reclus de la Wallonie, il n’est pas aisé d’avoir accès aux événements musicaux qui suscitent mon intérêt. Je suppose que je ne dois pas être le seul dans cette situation, loin s’en faut.

En province de Liège, nous avons la chance d’avoir des lieux fantastiques comme le Reflektor, La Zone ou encore le Spirit of 66. Cependant, pour avoir accès à une partie de la programmation musicale pointue qui m’intéresse, je suis dans l’obligation de me déplacer soit à Bruxelles, soit en Flandre. Quand tu constates qu’à Anvers tu peux assister aux concerts de Baroness
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et Cult of Luna
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à quelques jours d’intervalle, tandis qu’à Liège quand Amenra
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vient c’est un événement à ne pas manquer, c’est frustrant.
Les trajets à parcourir nécessitent beaucoup de temps, en particulier à Bruxelles. Il faut vraiment être motivé pour se déplacer pendant deux heures, aller voir ton concert puis devoir rentrer à ton domicile après deux nouvelles heures de trajet. J’ai l’habitude de dire que ma passion pour les concerts, c’est comme une nouvelle journée de travail après avoir terminé ma journée d’activité professionnelle. Ce n’est pas toujours facile à concilier avec une vie de famille.

La mobilité me paraît clairement un frein à l’accès aux offres culturelles proposées. Je me déplace, pour le moment, toujours en voiture lorsque je vais à un concert car l’offre de transport en commun n’est pas en mesure de répondre avec assez de sérieux aux besoins éprouvés. Par exemple, lorsqu’un concert se termine à l’Ancienne Belgique à 22h30, si je décide de rentrer en train j’arrive en gare terminus à 1h00 du matin. Après, il faut encore rentrer chez soi, se débarbouiller, préparer ses affaires pour le lendemain… tu as encore une heure en plus dans la vue. C’est clairement intenable lorsque tu dois te lever à 6h du matin pour aller travailler.
Ces trajets qui prennent un temps de dingue, la difficulté de garer ton véhicule à Bruxelles -sans parler du coût- conjugués à l’absence de transports en commun efficaces me poussent à me rendre en Allemagne de plus en plus souvent. Quand on habite à l’est de la Belgique, les trajets pour s’y rendre sont moins longs et tu peux garer ton véhicule aisément sans payer des sommes astronomiques. La situation ne m’enchante vraiment pas, à chaque fois j’ai l’impression de me comporter en fossoyeur de l’essor culturel en Belgique.

A l’offre musicale souvent limitée en Wallonie et aux difficultés liées aux déplacements, s’ajoute également la problématique du coût financier : les billets de concert sont souvent onéreux et les organisateurs reçoivent peu voire pas d’aides financières de l’Etat.

Tu évoques une programmation musicale en Wallonie trop restreinte à ton goût. Quelles en sont les causes ?

Je n’ai pas de réponse objective à fournir à ta question, malgré le fait que je me la pose souvent. Je ne sais pas si la cause principale est la frilosité des organisateurs ou un public wallon qui ne se bouge pas assez. Probablement un peu des deux.

Le public wallon me laisse parfois pantois. Quand tu apprends qu’Immolation
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et Ragnarok
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au Belvédère n’attirent qu’un peu plus de 70 personnes, tu commences à comprendre pourquoi l’offre musicale en Wallonie n’est pas des plus achalandée -et ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Que mes voisins préfèrent s’ambiancer avec Bernard Minet au Durbuy plutôt qu’aller au Mass Deathtruction Festival ou au Warzone Metal Fest vs 6k Fest, ça me dépasse. Je caricature un peu la situation, mais la réalité n’est pas éloignée. Pour ne rien arranger, il y a aussi le groupe de sagouins que tu croises lors de pas mal de dates wallonnes qui s’amusent à boire plus que de raison à chaque fois, avec au passage quelques gestes obscènes en direction des artistes. Pardon, je n’aurai pas dû associer cette gentille bête qu’est le sagouin à cette bande de dépravés, mea culpa.

Heureusement, au vu du nombre conséquent de lecteurs que compte SMA, il reste une frange solide du public wallon qui présente une curiosité prononcée par la culture musicale alternative de qualité.

Aurais-tu une anecdote ou l’autre à partager avec nous ?

Pas vraiment, je n’ai pas d’anecdote particulière, sauf éventuellement ce concert hors normes de Baroness
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en mode « club » au Trix il y a quelques semaines. Pouvoir être à quelques centimètres d’une formation de telle envergure sans barrière, ça reste probablement mon moment le plus mémorable depuis que j’ai intégré SMA.

Ah oui, il y a aussi peut-être le fait que j’ai intégré SMA par l’intermédiaire de la femme d’Erik qui travaillait pour le même employeur que moi. Sans oublier que j’ai été de nombreuses années à l’école primaire en classe avec Vincent Dessart de Lethvm
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et Rope & Bones
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. Quand on y pense, si seulement deux enfants de chaque classe de nos écoles primaires pouvaient s’intéresser à la culture alternative, se serait déjà pas mal.

Tu veux ajouter quelque chose pour terminer ?

Juste que je vous donne rendez-vous demain pour vous présenter ma rétrospective black 2019.
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AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évèn...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrièr...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe e...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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