J'avoue avoir quelque peu délaissé les deux derniers disques des Suédois, Eternal Kingdom et Somewhere Along The Highway. Trop frontaux à mon goût. Passant de l'horizontalité rurale à la verticalité urbaine, CULT OF LUNA livre un album poussé et détaillé.
Un énorme travail a été mis en place sur les sons électroniques. L'introduction épique avec The One confirme le soin que les Suédois auront apporté à cette nouvelle dimension de leur musique.
Ce souci pratiquement maniéré du détail se ressent également dans les autres parties. Sans surcharge pourtant puisque Vertikal s'avère être un album plutôt épuré.
Hasard des agendas, ces différentes sorties se télescopent pourtant. Ainsi CULT OF LUNA, sans le vouloir, donne une leçon aux maîtres NEUROSIS avec son très long Vicarious Redemption. Montant en puissance progressivement, ce titre impose les lignes directrices typiques des Californiens. In Awe Of de son côté, démontre que nos Belges de AMENRA sont devenus un groupe influent.
L'importance de la méticulosité sur Vertikal renforce l'idée d'une atmosphère froide, distante et anonyme. L'utilisation de l'électronique devient ici complémentaire, jouant sur les codes de la modernité et du futurisme. L'incognito, le nombre et la distance forment un cocktail menaçant. Synchronicity adopte un ton martial. Plus dictat que rébellion d'ailleurs.
Mute Departure ne libère pas du questionnement. Angoissant titre qui interroge le caractère humain de nos villes surdimensionnées avec l'industrialisation.
De par son raffinement affiné et cette distance glaciale, Vertikal peut laisser l'illusion d'un album monochrome et rectiligne. Pourtant chaque écoute, de plus en plus nombreuse, suscite un regain d'intérêt. Derrière la déprime froide et l'absence de vie qu'il dégage, Vertikal possède un effet cathartique bénéfique. La rigueur et la précision de cet album propulsent le groupe suédois qui dernièrement avait fait preuve d'idées et d'audaces, mais qui émotionnellement commençait à tourner quelque peu en rond.

Isis

Amenra
Cult of Luna