Chronique

AQME
AqME

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At(H)Ome

12 pistes
Sorti le 22-09-2017


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Mercredi 8 novembre 2017

Sortir un album éponyme témoigne d’une démarche identitaire. Il s’agit de définir un style et de l’associer à un nom. Metallica, Black Sabbath, Iron Maiden, … Les exemples sont nombreux et le message est clair, qu’il s’agisse d’un premier album ou pas : ça, ce son-là, c’est nous. Avec AqME, le quatuor français du même nom ne déroge pas à la règle.

Pour beaucoup, le nom d’AqME reste encore aujourd’hui évocateur de la vague neo-metal qui a submergé la France dans les années 2000. La Team Nowhere, ça vous parle ? Eh oui, tout ça ne nous rajeunit pas. Mais les années ont passé et certains de ces groupes, dont AqME, ont poursuivi leur évolution musicale. Au fil des albums et à la faveur de changements de line-ups, AqME a durci le ton. Le chant clair typique de Thomas Thirrion a fait place au chant plus guttural de Vincent Peignart-Marcini, Benjamin Rubin a cédé sa place à Julien Hekking à la guitare et il ne reste finalement de la formation originelle que Charlotte Poiget à la basse et Étienne Sarthou à la batterie.

« Alors, n’as-tu jamais senti le désordre ? Sur le fil, nous marchons. Brûle entre nous, cette passion. Sur le fil, nous restons toujours ensemble. » Et c’est comme ça que, sur fond de guitare saturée et de batterie évoquant un battement de cœur, l’album s’ouvre. Quinze ans après Sombres Efforts, le cœur d’AqME bat encore. Plus vite et plus fort que jamais. « Tant d’années » et « Rien ne nous arrêtera », avec l’excellent featuring de Reuno (Lofofora), confirment, si l’on en doutait encore, que l’album a valeur de manifeste. En ce sens, il fait effectivement office de démonstration du « son AqME » version 2017. Avec le subtil mariage d’un chant clair et d’un son très lourd, d’abord, que l’on avait un peu perdu de vue avec les albums Épithète, Dominion, Épitaphe et Dévisager Dieu. À ce niveau, Vincent est au sommet de son art : il parvient à enchaîner chant clair d’une précision étonnante et cris gutturaux d’une puissance désarmante. Le mélange des deux apporte sans conteste une nouvelle dimension au son d’AqME, d’autant qu’il s’accompagne d’une partie instrumentale léchée comme jamais signée Étienne pour l'enregistrement et le mixage et Magnus Lindberg pour le mastering. La collaboration avec le talentueux producteur suédois donne à ce nouvel opus une ampleur bienvenue. L’enregistrement est précis, on distingue nettement tous les instruments jusque dans les passages les plus énervés, et le rendu général est à la fois lourd et délicat, exactement comme il devrait être. Passages mélodiques éthérés, riffs rageux, combo basse-batterie écrasant — c’est parfait. Abstraction faite du chant, on pense très vite à Gojira et la comparaison se veut flatteuse : AqME atteint ici un niveau de maîtrise instrumentale exceptionnel. L’album marque aussi le retour à une écriture plus personnelle qui renoue avec la tradition des premiers albums sans toutefois sacrifier la profondeur sémantique développée sur les albums plus récents. On retrouve les thèmes spirituels chers à Vincent (« Enfant du Ciel », par exemple), mais il fait taire les critiques avec des morceaux dans lesquels il se dévoile plus qu’auparavant. À ce titre, « Meurs ! » est sans conteste le morceau le plus touchant de l’album. Ce qui en fait aussi l’un des meilleurs avec « M.E.S.S. », qui conclut l’album en beauté, « Je ne pourrai jamais t’abandonner ! »

On ne dira pas que le groupe atteint son apogée avec AqME. En partie parce que le jeu de mot a déjà été trop entendu, mais surtout parce que, même si l’on ne peut nier que la bande des 4 franchit un cap avec cet album, on veut leur laisser l’opportunité d’aller encore plus loin avec le prochain album. AqME prouve sa capacité à assumer une évolution ambitieuse et force est de reconnaitre qu’ils ont aujourd’hui toutes les armes pour aller loin, très loin. AqME n’est pas l’album de l’apogée, c’est l’album d’un nouveau départ.

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